Hillary Clinton contre Donald Trump, le duel des mal aimés

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Hillary Clinton entend contre-attaquer les accusations de Donald Trump sans s'embourber dans un pugilat.

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

À 169 jours de l'élection présidentielle américaine, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump sont à quasi-égalité dans les intentions de vote, les deux candidats étant à peu près aussi impopulaires l'un que l'autre dans l'électorat.

Le resserrement des sondages illustre la relative faiblesse de Hillary Clinton, toujours empêtrée dans des primaires qui n'en finissent pas face à Bernie Sanders. Pour sa seconde candidature à la Maison-Blanche, la démocrate reste une personnalité controversée qui peine à emballer la gauche et à gagner la confiance des Américains.

Son avance sur Donald Trump dans les sondages réalisés au niveau national a fondu comme neige au soleil depuis que le milliardaire a mis la main sur l'investiture du parti républicain: trois des cinq dernières enquêtes donnent quelques points d'avance à Donald Trump.

Pire, 57% des électeurs ont une opinion défavorable de chaque candidat, selon une enquête Washington Post parue ce week-end - du jamais vu pour une présidentielle -, selon le quotidien.

Mais l'élection du 8 novembre est encore loin et historiquement, les sondages nationaux ne deviennent significatifs qu'après les conventions d'investiture, qui auront lieu cette année dans la dernière quinzaine de juillet.

«Lors des conventions, les gens verront les candidats sous leur meilleur jour, et ils pourront mieux les comparer, les contraster et les juger», explique Larry Sabato, politologue de l'Université de Virginie.

Cet expert électoral note que la démocrate reste structurellement favorite, car l'élection se joue en fait dans une douzaine d'États-clés, selon le mode de scrutin présidentiel indirect. Or elle y garde l'avantage, notamment grâce à sa popularité dans les minorités noire et hispanique.

«Les facteurs fondamentaux donnent l'avantage à Clinton, car Trump reste un candidat extrêmement controversé. Mais on a envie de dire que si les Clinton n'arrivaient pas à gagner, ils devraient être poursuivis pour faute professionnelle politique», dit Larry Sabato à l'AFP. 

Campagne délétère 

Les dernières semaines ont indéniablement été meilleures pour Donald Trump que pour Hillary Clinton.

Là où elle continue de perdre des scrutins face à son unique rival, l'homme d'affaires a éliminé ses 16 adversaires et commencé à unifier son camp. La résistance est certes encore forte dans certains cercles de la droite. Plusieurs grands donateurs historiques, comme les hommes d'affaires Paul Singer, Joe Ricketts et William Oberndorf, ont confirmé au New York Times qu'ils ne soutiendraient pas le candidat républicain. «Si c'est Trump contre Clinton, je voterai pour Hillary», a dit William Oberndorf au journal.

Mais en même temps, Donald Trump a conquis à la vitesse grand V de nombreux membres de l'appareil républicain, notamment au Congrès, bastion de l'establishment, où l'hostilité laisse place au fatalisme.

Le magnat des casinos Sheldon Adelson, si désireux d'empêcher Hillary Clinton de succéder à Barack Obama, a également annoncé son soutien à Donald Trump, qu'il pourrait concrétiser par plus de 100 millions de dollars de dons, selon le quotidien new-yorkais - une somme stupéfiante, même à l'échelle des campagnes américaines.

Le camp démocrate a à peine ouvert les hostilités contre Donald Trump, qui a promis qu'il ne ferait pas de quartiers pour ancrer dans l'électorat l'idée que Hillary Clinton est une femme corrompue et indigne de confiance, citant pêle-mêle l'histoire de sa messagerie, les attentats de Benghazi et le passé adultère de son mari.

Hillary Clinton entend contre-attaquer sans s'embourber dans un pugilat. La mission de démolir l'image de brillant homme affaires construite par Donald Trump reviendra à un comité pro-Clinton, Priorities USA Action, qui a annoncé un conséquent budget publicitaire de 136 millions de dollars.

«La connaissance qu'ont les gens de Donald Trump est large d'un kilomètre mais profonde d'un centimètre», dit son porte-parole Justin Barasky à l'AFP. «Quand les gens verront et entendront les choses qu'il a dites et faites durant sa carrière, ils vont très vite se retourner contre lui».

Dans cette atmosphère délétère, Larry Sabato voit une ouverture pour l'essor d'un candidat tiers, une rareté depuis Ralph Nader en 2000.

«Les conditions sont parfaites pour qu'un autre parti s'élève», dit-il, citant le candidat libertarien Gary Johnson et son colistier William Weld, deux anciens gouverneurs républicains.

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