Donald Trump toujours loin de la Maison-Blanche

Le meneur dans la course à l'investiture républicaine... (PHOTO MIKE GROLL, AP)

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Le meneur dans la course à l'investiture républicaine Donald Trump s'exprime devant ses partisans lors d'un rassemblement à Rochester, New York, le 10 avril.

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Michael Mathes
Agence France-Presse
WASHINGTON

S'il n'est plus irréaliste aujourd'hui d'envisager l'investiture de Donald Trump comme candidat républicain à la présidentielle américaine, l'hypothèse d'une victoire finale au scrutin de novembre apparaît encore improbable.

En cas de désignation de l'homme d'affaires par son parti, les chiffres dessinent actuellement le scénario d'une défaite sans appel face au candidat démocrate, si nette qu'elle pourrait même fragiliser l'assise des républicains au Congrès.

Seuls cinq des 57 sondages recensés par le site RealClearPolitics depuis mai 2015 sur des face à face avec Hillary Clinton donnent Donald Trump vainqueur, la favorite à l'investiture démocrate l'emportant, en moyenne, de 10,8 points.

En cas d'affrontement avec l'autre démocrate encore en lice, Bernie Sanders, la marge moyenne passe même à 16,5 points.

Depuis 1952, il n'existe qu'un seul exemple (George H. W. Bush en 1988) d'un troisième succès consécutif d'un même parti à l'élection présidentielle, ce qui donne statistiquement un avantage aux républicains cette année.

Mais le style abrasif de Donald Trump, qui s'en est pris tour à tour aux Mexicains, aux femmes et aux musulmans, a bouleversé les équilibres.

«Alors que l'élection penchait légèrement en faveur des républicains, il l'a fait basculer plutôt du côté des démocrates», estime Lara Brown, professeure à l'Université George Washington.

S'il a galvanisé des milliers d'électeurs, particulièrement chez les hommes blancs mécontents, il a foulé au pied les règles de la bienséance politique et risque de devenir le candidat de l'ère moderne à l'image la plus négative.

Un sondage du Washington Post publié en mars a révélé que deux tiers des Américains avaient une opinion défavorable de Donald Trump.

Le rejet est encore plus marqué chez les personnes d'origine hispanique (85 %) et afro-américaine (80 %), deux populations que le parti républicain espérait justement séduire après la défaite de Mitt Romney en 2012.

L'une des questions concernant ce candidat dépourvu d'expérience politique est de savoir quelle proportion d'électeurs républicains s'abstiendrait s'il était investi.

Ses adversaires politiques font valoir que le promoteur immobilier de 69 ans ne peut pas recueillir une large adhésion, une analyse partagée par plusieurs experts.

S'il l'emporte, «il n'aura pas (derrière lui) un parti républicain enthousiaste», promet Lara Brown.

«Une proportion non négligeable du parti républicain ne tient pas du tout à voir nommer quelqu'un qui affiche les positions idéologiques et prend les positions de Donald Trump», ajoute-t-elle.

Un long chemin jusqu'à la majorité

Le magnat new-yorkais affirme être en mesure de remporter, lors du scrutin général, plusieurs États du nord, dont certains apparaissent comme des fiefs démocrates, tels l'Illinois, le Michigan ou la Pennsylvanie.

Mais d'après le New York Times, Donald Trump accuse actuellement un retard de plus de dix points dans plusieurs États cruciaux, notamment la Floride et l'Ohio.

À sept mois de l'élection, la portée des sondages doit être tempérée, mais d'autres chiffres laissent présager que Donald Trump aura fort à faire pour rassembler une majorité d'électeurs sur son nom.

L'analyste Nate Silver a notamment souligné que depuis le coup d'envoi des primaires, le 1er février, la proportion de républicains qui soutiennent l'homme d'affaires n'a progressé que modérément, de 35 à 39 %.

L'ancien porte-parole de George W. Bush à la Maison-Blanche, Ari Fleischer, aujourd'hui consultant en communication, a publié mercredi une lettre ouverte à Donald Trump pour lui donner des conseils sur l'orientation de sa campagne.

«Arrêtez de vous en prendre à tout le monde», lui a-t-il suggéré. «Si vous continuez, vous allez conserver vos 40 % - ils adorent ça - mais vous n'atteindrez jamais 50 %».

Il lui a également conseillé de se plonger davantage dans les dossiers pour mieux maîtriser les faits et la complexité de certains sujets, de façon à renforcer sa crédibilité.

«Quoi que vous fassiez», a-t-il conclu, «souvenez-vous simplement qu'on ne peut pas gagner si on n'a pas la majorité».

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