L'EI perd son dernier grand centre urbain en Irak

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Les forces irakiennes étaient entrées mercredi dans la ville sunnite de Hawija, surnommée le «Kandahar d'Irak» en référence au bastion des talibans en Afghanistan.

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Le groupe État islamique

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Ahmad AL-RUBAYE, Sarah BENHAÏDA
Agence France-Presse
Hawija, Bagdad

Les forces irakiennes ont repris jeudi Hawija, le dernier centre urbain qui était encore aux mains du groupe État islamique (EI) en Irak, infligeant une énième défaite à l'organisation djihadiste en grande difficulté également en Syrie voisine.

Les troupes irakiennes sont entrées mercredi dans la ville sunnite, surnommée le «Kandahar d'Irak», en référence au bastion des talibans en Afghanistan. Elles ont vite progressé dans des quartiers désertés par leurs habitants et où l'EI n'a pas opposé de résistance.

Trois ans après sa fulgurante ascension en Irak et en Syrie, l'EI se trouve acculé dans ses derniers fiefs, subit revers après revers et voit son «califat» autoproclamé sur les régions conquises s'écrouler face aux offensives de ses adversaires soutenus par les États-Unis ou la Russie.

En Irak, il ne lui reste que les localités de Rawa et Al-Qaïm dans la province occidentale d'Al-Anbar, située le long d'une frontière poreuse avec la Syrie, pays déchiré depuis six ans par un conflit dévastateur.

En Syrie, l'EI est la cible de plusieurs offensives lancées par le régime syrien ou une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les États-Unis. Il est en passe de perdre son principal fief de Raqa et tente de défendre la dernière province qu'il contrôle, celle de Deir Ezzor, à la frontière irakienne.

De Paris où il est en visite, le premier ministre irakien Haider al-Abadi, commandant en chef des forces armées, a proclamé «la libération de Hawija», à 230 km au nord de Bagdad.

«Il n'y a plus que la bande frontalière à reconquérir», a-t-il ajouté en allusion aux deux localités d'Al-Anbar, que les forces irakiennes cherchent à reprendre à la faveur d'une offensive lancée le 19 septembre.

«Chercher les parents»  

Dans Hawija, ville de 70 000 habitants conquise en 2014 par les djihadistes, les combattants irakiens ont célébré la victoire après avoir décroché les drapeaux de l'EI.

«Nous sommes entrés hier (mercredi) à Hawija. Et maintenant la ville est libérée», s'est félicité auprès un policier, Hamad Saad.

La coalition internationale a salué dans un communiqué une victoire «rapide et décisive» à Hawija. «Plus de 41 500 kilomètres carrés ont été repris et plus de quatre millions d'Irakiens libérés» depuis 2014, mais, a prévenu la coalition, «l'EI reste présent en Irak».

Environ 12 500 civils ont fui Hawija depuis le début de l'offensive le 21 septembre, selon l'ONU.

Certains ont raconté la peur de la vie quotidienne sous la coupe des djihadistes, et celle d'être utilisés comme boucliers humains, ont rapporté les humanitaires.

Désormais «libérés», ils ne sont toutefois pas au bout de leurs peines, a prévenu l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC).

«Il y a des personnes âgées, des nouveaux-nés, des enfants qui ne savent pas où se trouvent leurs parents. Même si l'offensive est terminée, ces civils ont toujours besoin d'obtenir rapidement de la nourriture, de l'eau, des abris et la sécurité», a dit l'ONG.

En juin 2014, face à des policiers et soldats en pleine débandade, les djihadistes s'étaient emparé de près d'un tiers de l'Irak. Depuis, les forces irakiennes ont redoré leur blason en reprenant progressivement le contrôle au terme d'une série d'offensives, sans oublier l'appui aérien crucial des États-Unis et celui des conseillers militaires au sol.

La question kurde 

La bataille qui se joue concerne aussi les infrastructures, ainsi que des voies de circulation et d'acheminement dans le pays pétrolier.

Mercredi, les forces progouvernementales ont repris l'autoroute reliant Kirkouk à Tikrit, au sud de Hawija, tenue depuis trois ans par les djihadistes. La veille, elles ont reconquis une centrale électrique et un pont.

Malgré ses multiples revers sur le terrain, l'EI continue de revendiquer des attentats sanglants.

L'autre grand dossier pour l'Irak est la question kurde, les tensions ayant été exacerbées avec la tenue le 25 septembre d'un référendum d'indépendance au Kurdistan irakien qui a vu la victoire massive du oui.

Jeudi, M. Abadi a assuré qu'il ne voulait «pas la confrontation armée», après avoir fermé l'espace aérien de cette région autonome aux vols internationaux.

Les voisins de l'Irak qui comptent des minorités kurdes ont également dénoncé le référendum. Parmi eux, la Turquie, dont le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré que la frontière avec le Kurdistan irakien serait «bientôt» fermée.




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