Épauler les combattants kurdes, un pari risqué du Canada

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Un récent rapport d'Amnistie internationale a accusé les Kurdes de détruire et brûler des milliers de maisons d'Arabes dans le nord de l'Irak, dans le but de les déplacer.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

Des observateurs de la scène internationale mettent en garde le gouvernement Trudeau: ils affirment que l'idée de fournir des armes aux combattants kurdes, de prime abord séduisante, pourrait ultimement faire en sorte que ces armes se retrouvent entre des mains ennemies et résulter en la mort de civils innocents.

Des analystes ont fait valoir, mardi, que l'intention du Canada d'aider ainsi ses alliés à combattre le groupe armé État islamique (ÉI) pourrait prendre un autre tournant à plus long terme.

Le Canada prévoit tripler son contingent de 69 conseillers militaires qui travaillent avec les combattants kurdes dans le nord de l'Irak. Il s'agit d'une révision de la contribution canadienne à la coalition internationale de lutte contre l'ÉI, après le retrait des avions de combat CF-18 prévu le 22 février.

Un récent rapport d'Amnistie internationale a accusé les Kurdes de détruire et brûler des milliers de maisons d'Arabes dans le nord de l'Irak, dans le but de les déplacer.

Le secrétaire général de la section canadienne d'Amnistie internationale, Alex Neve, a signalé que le renforcement du contingent canadien aux côtés des combattants kurdes soulève, potentiellement, de graves problèmes en matière des droits de l'homme.

Jordan Owens, un porte-parole du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a fait savoir que les troupes canadiennes en Irak étaient bien au fait des règles concernant les conflits armés et rapporteront tout incident dans ce contexte.

Thomas Juneau, un expert des questions de sécurité à l'Université d'Ottawa, a dit estimer que le fait de fournir des armes aux combattants turcs pourrait apporter des gains à court terme. Il croit toutefois qu'à plus long terme, cela risquerait d'envenimer les relations du Canada avec la Turquie, puisque la Turquie combat les rebelles kurdes sur son propre territoire.

Ces rebelles kurdes sont connus sous le nom du Parti des travailleurs kurdes (PKK), qui est répertorié à titre d'organisation terroriste par le Canada.

Les kurdes irakiens sont très proches du PKK en Turquie, a indiqué M. Juneau.

De son côté, la présidente de l'Institut Rideau sur les affaires internationales, Peggy Mason, a rappelé que ce ne serait pas la première fois que des armes finissent par changer de main en Libye, en Syrie ou en Irak.

Le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau a promis que le Canada allait signer le Traité sur le commerce des armes des Nations unies, qui régularise le nombre de petites armes dans les zones de conflit.

Le Canada a déjà transporté des armes aux combattants kurdes dans le passé, mais n'a pas fourni d'armes.

M. Owens a dit que les prochaines contributions du Canada seraient des «dons d'équipements» du gouvernement. Cependant, il a déclaré que la planification était toujours en cours ne pouvant donc pas discuter de la «valeur, du type et du nombre d'armes» en question.

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