Des soldats américains en Syrie pour aider les Kurdes contre l'EI

Un garçon kurde est assis sur le canon... (PHOTO YASIN AKGUL, ARCHIVES AFP)

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Un garçon kurde est assis sur le canon de l'épave d'un char d'assaut à Kobané, le 27 mars.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Rouba EL HUSSEINI
Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Des soldats des forces spéciales américaines sont arrivés à Kobané en Syrie pour entraîner et assister les combattants kurdes luttant contre le groupe armé État islamique (EI), le premier déploiement officiel du genre dans ce pays en guerre.

Une source des Unités de protection du peuple kurde (YPG) - principale milice kurde syrienne -, un activiste à Kobané, Mustapha Abdi, et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont annoncé jeudi l'arrivée de quelques dizaines de militaires qui, selon Washington, auront un rôle non combattant de conseillers.

Leur mission consiste à «planifier» des offensives contre Jarablus et Raqqa, des villes du Nord syrien aux mains du groupe djihadiste responsable d'atrocités en Syrie et de spectaculaires attentats meurtriers, a indiqué à l'AFP la source des YPG.

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a confirmé que les plus de 50 instructeurs américains entraîneraient les Kurdes en vue d'une offensive contre Raqqa, capitale de facto de l'EI en Syrie.

Selon l'activiste Mustapha Abdi, ils sont entrés à Kobané «ces dernières heures», mais l'OSDH a affirmé qu'ils étaient arrivés «ces deux derniers jours», en deux groupes, depuis la Turquie et le Kurdistan irakien.

Une trentaine d'entre eux sont «actuellement à Kobané (nord) et les autres dans la province de Hassaké», plus à l'est, selon l'OSDH. «Ils doivent se regrouper à Kobané pour entraîner les Forces démocratiques de Syrie (FDS)» composées de factions arabes et kurdes et de chrétiens syriaques.

«Isoler» Raqqa 

Fin octobre, le président américain Barack Obama avait donné son feu vert au déploiement en Syrie d'un maximum de 50 soldats des forces spéciales dans un rôle de conseiller, le premier déploiement du genre depuis le début de l'effort de guerre international contre l'EI il y a plus d'un an.

Leur rôle est «d'organiser» les forces locales anti-EI, selon Brett McGurk, envoyé spécial de M. Obama pour la coalition anti-EI. Il s'agit à terme «d'isoler» Raqqa.

Selon lui, le but de la coalition est «d'étouffer, d'étrangler le coeur» de l'EI en Syrie et en Irak par des offensives coordonnées au sol. Outre une offensive vers Raqqa, il s'agit aussi de couper tout accès de l'EI à la frontière syrienne, de couper l'axe Raqqa-Mossoul (Irak) et de reprendre Ramadi en Irak.

En mai, les États-Unis avaient officiellement annoncé leur première opération commando au sol contre l'EI en Syrie, au cours de laquelle leurs forces spéciales avaient tué des dizaines de djihadistes, dont un haut responsable, à Al-Omar (centre).

En Irak voisin, des centaines de conseillers américains assistent depuis plusieurs mois les troupes irakiennes face à l'EI et certains d'entre eux ont aidé début novembre les combattants kurdes à prendre la ville de Sinjar (nord) aux djihadistes, coupant ainsi une voie de communication importante pour l'EI entre l'Irak et la Syrie.

Coalition élargie

Après les attentats de Paris (130 morts le 13 novembre) et contre un avion de ligne russe qui s'est écrasé en Égypte (224 morts le 31 octobre), revendiqués par l'EI, Raqqa est devenu la principale cible des raids aériens russes et français.

La France et la Russie ont établi une coopération inédite contre l'EI et le président français François Hollande cherche maintenant à établir une coalition plus large pour tenter de détruire ce groupe.

Mais les efforts français risquent d'être perturbés par la crise entre Ankara et Moscou, née du fait que l'armée turque a abattu mardi un avion de combat russe qui s'est écrasé en Syrie.

Jeudi, l'armée russe a annoncé avoir «détruit» des groupes rebelles qui se trouvaient dans la zone de l'écrasement dans le Nord-Ouest syrien, peu après une opération qui a permis le sauvetage d'un des deux pilotes. L'autre pilote a été tué depuis le sol par les rebelles.

L'Allemagne a proposé à la France de déployer une frégate ainsi que des avions de reconnaissance et de ravitaillement pour participer à la lutte contre les djihadistes. Et le premier ministre britannique a appelé le Parlement à soutenir des frappes britanniques contre l'EI en Syrie.

«C'est à Raqqa que certaines des principales menaces contre ce pays sont planifiées et orchestrées», a mis en garde David Cameron, affirmant que sept attentats déjoués par les services britanniques ces 12 derniers mois étaient «liés ou inspirés» par l'EI.

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