Le premier ministre britannique veut frapper l'EI en Syrie

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«Nous devons frapper ces terroristes au coeur maintenant», a réclamé David Cameron devant les parlementaires britanniques.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Le premier ministre britannique David Cameron a appelé jeudi le Parlement à soutenir des frappes contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie, deux semaines après les attentats de Paris qui ont provoqué une onde de choc au Royaume-Uni.

«Nous devons frapper ces terroristes au coeur maintenant», a réclamé M. Cameron, sans annoncer de calendrier pour la tenue d'un vote. Il devrait toutefois intervenir avant le 17 décembre, date à laquelle la session parlementaire sera suspendue pour les congés de fin d'année et peut-être même dès la semaine prochaine selon les commentateurs.

«Nous devons les [l'EI] priver d'un sanctuaire en Syrie.»

David Cameron,
premier ministre britannique

«C'est à Raqqa (bastion de l'EI en Syrie, NDLR) que certaines des principales menaces contre ce pays sont planifiées et orchestrées», a-t-il mis en garde, affirmant que les sept attentats déjoués par les services de sécurité britanniques au cours des douze derniers mois étaient «liés ou inspirés» par l'EI.

«Nous devons les priver d'un sanctuaire en Syrie», a-t-il ajouté, soulignant aussi que le Royaume-Uni ne pouvait pas «sous-traiter sa sécurité à d'autres pays».

Cela fait plusieurs mois que le dirigeant britannique veut étendre à la Syrie les frappes aériennes que le Royaume-Uni mène depuis un an contre l'EI en Irak.

Mais il craignait de ne pas avoir l'aval de la majorité de l'assemblée, qui en août 2013 lui avait infligé un camouflet en votant contre de telles frappes en Syrie, contre le régime de Bachar al-Assad cette fois.

Mais aujourd'hui, «les risques de l'inaction sont plus importants» que les risques de l'action, a fait valoir le dirigeant britannique. «Le danger s'est intensifié au cours des dernières semaines», a-t-il encore dit, rappelant les attentats du 13 novembre à Paris, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

«Si nous n'agissons pas maintenant quand notre allié, la France, a été attaqué de cette façon, nos alliés auraient le droit de demander : si (vous ne le faites) pas maintenant, alors quand?», a-t-il dit.

Le groupe djihadiste «empoisonne les esprits de nos jeunes», a-t-il averti, rappelant que des 800 Britanniques qui se sont rendus dans les territoires contrôlés par l'EI, la moitié sont depuis rentrés au Royaume-Uni.

«Déjà une majorité»

Une action militaire britannique en Syrie serait limitée à des frappes aériennes et il n'y aura pas de soldats au sol, a assuré M. Cameron à un Parlement toujours traumatisé par l'intervention en Irak.

Elle viendrait s'inscrire dans une stratégie globale de résolution du conflit syrien pour éviter un effondrement de l'État comme cela a été le cas après la guerre en Irak, a-t-il aussi argumenté.

«Une solution diplomatique et politique est essentielle sur le long terme», a-t-il déclaré, insistant sur la transition politique et l'action humanitaire, pour finir de convaincre les députés.

Pour Malcolm Chalmers, expert au centre de recherche sur les questions militaires RUSI, ce serait déjà chose faite. «Un nombre significatif de députés se sont rangés à l'opinion du gouvernement» depuis les attentats de Paris, a-t-il déclaré à l'AFP.

«Je prédis que le gouvernement va remporter le vote», a-t-il assuré.

Le professeur Fawaz Gerges, de la London School of Economics (LSE), estime également que M. Cameron a sans doute d'ores et déjà la majorité qu'il souhaite, sinon il ne se serait pas aventuré devant le Parlement jeudi.

Plusieurs députés travaillistes ont déjà fait savoir qu'ils comptaient voter en faveur des frappes malgré l'opposition de leur leader Jeremy Corbyn.

L'opinion, elle aussi, semble prête même si certains experts estiment qu'une intervention britannique pourrait accroître le risque d'attentats au Royaume-Uni. Selon un sondage récent Times/YouGov, 58 % des Britanniques approuveraient des bombardements en Syrie.

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