L'EI frappe une mosquée chiite au Yémen: 28 morts

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
Sanaa

Le Yémen, déchiré par la guerre, a connu une nouvelle journée sanglante mercredi avec au moins 28 morts dans un double attentat contre une mosquée chiite à Sanaa et le meurtre de deux employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué les attentats contre la mosquée de la minorité chiite dans le nord de la capitale yéménite, qui se sont soldés par au moins 28 morts et 75 blessés.

Un homme portant une ceinture d'explosifs s'est fait exploser au milieu de fidèles quittant le lieu de culte juste après la prière du coucher du soleil, ont relaté des habitants.

Alors que les gens se précipitaient sur les lieux de l'attentat pour aider les victimes, un second individu a fait exploser son véhicule bourré d'explosifs, selon les mêmes sources. L'EI a de son côté parlé d'un kamikaze se faisant exploser dans la mosquée avant l'explosion d'une voiture garée à proximité.

L'EI, organisation ultra-radicale sunnite qui considère les musulmans chiites comme des «mécréants», avait signé le 21 mars ses premiers attentats au Yémen, en visant plusieurs mosquées chiites. Bilan: 142 morts, l'un des plus lourds enregistrés dans ce pays.

Depuis, elle a visé d'autres mosquées chiites, comme le 29 juillet, lorsque quatre personnes avaient péri à Sanaa dans un attentat de ce type.

Ces attentats interviennent alors que le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est déchiré depuis mars par une guerre entre les rebelles chiites Houthis, qui se sont emparés de vastes régions depuis un an, et les forces sunnites loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite.

Les premiers sont soutenus par des unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, alors que les secondes sont alliées à différents groupes sur le terrain et appuyées par une coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite.

Le groupe djihadiste Al-Qaïda, rival de l'EI, a tiré profit de la guerre, qui a fait plus de 4.400 morts depuis mars, pour renforcer ses positions dans le pays.

«Attaque délibérée»

Dans un climat de violences généralisé, deux employés du CICR ont été tués mercredi alors qu'ils revenaient de Saada, fief des rebelles dans le nord du pays, vers Sanaa, a annoncé le CICR.

Les victimes ont été arrêtées dans la région d'Amrane par «un homme armé qui a ouvert le feu» sur les véhicules du CICR, a précisé à l'AFP Rima Kamal, porte-parole de l'organisation humanitaire au Yémen.

«Un de nos collègues est mort sur le coup, tandis que le second a été grièvement atteint avant de succomber un peu plus tard à ses blessures dans un hôpital de MSF» (Médecins sans frontières) à Amrane, a précisé Mme Kamal. Deux autres employés du CICR ont réchappé à l'attaque.

«Après cet incident, nous avons arrêté jusqu'à nouvel ordre tous nos mouvements» au Yémen où l'organisation compte encore «plus de 200» employés, a indiqué à Genève une autre porte-parole du CICR, Sitara Jabeen.

Elle a dit qu'il était encore trop tôt pour déterminer la responsabilité de l'attaque.

Dans un communiqué, «le CICR a condamné dans les termes les plus vifs ce qui semble avoir été une attaque délibérée contre notre personnel». La Commission européenne a également condamné cette attaque.

Le 25 août, le CICR avait déjà suspendu ses opérations humanitaires à Aden, deuxième ville du pays, après une attaque contre son bureau local perpétrée par des hommes armés.

Sur le front, les combats se sont poursuivis à Taez, troisième ville du pays conquise par les rebelles il y a un an et considérée comme un verrou stratégique pour le contrôle de la capitale Sanaa, également aux mains des insurgés. Ces affrontements ont fait 22 morts, 17 rebelles et cinq combattants loyalistes, selon des sources médicales.

Les forces anti-rebelles ont regagné du terrain cet été et reconquis cinq provinces du Sud, dont celle d'Aden, grâce notamment aux frappes aériennes et au soutien logistique de la coalition arabe.

Cette dernière a poursuivi les frappes aériennes mercredi contre des objectifs à Sanaa, notamment l'aéroport international et une base aérienne des Houthis, ainsi qu'à Saada et sur le port de Hodeida (ouest), ont rapporté des témoins.

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