L'Égypte veut réglementer la couverture médiatique des attentats

Le président Abdel Fattah al-Sissi revoit de l'équipement... (PHOTO MOHAMED ABDELMOATY, EGYPTIAN PRESIDENCY / AFP)

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Le président Abdel Fattah al-Sissi revoit de l'équipement militaire lors d'une visite dans le Sinaï.

PHOTO MOHAMED ABDELMOATY, EGYPTIAN PRESIDENCY / AFP

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
LE CAIRE

L'Égypte pourra prendre des mesures légales contre les journalistes donnant des bilans d'attentats djihadistes qui contredisent les communiqués officiels si la nouvelle loi antiterroriste est approuvée, ont indiqué dimanche deux responsables à l'AFP.

Le président Abdel Fattah al-Sissi, qui avait promis une législation plus dure après l'assassinat du procureur général le 29 juin, devrait promulguer cette loi dans les prochains jours.

Le gouvernement a déjà approuvé le projet de loi, dont le contenu a été diffusé dans plusieurs quotidiens du pays.

L'article 33 prévoit au moins deux ans de prison pour ceux qui «rapportent de fausses informations sur des attaques terroristes qui contredisent les communiqués officiels».

La loi permettra également la possibilité d'une expulsion ou d'une assignation à résidence.

Deux responsables, dont le ministre de la Justice Ahmed al-Zind, ont confirmé l'existence de cet article.

Selon M. Zind, la loi est en partie née de la couverture médiatique de l'attaque le 1er juillet dans le Sinaï du groupe djihadiste État islamique (EI) contre des soldats.

Le porte-parole de l'armée avait alors affirmé que 21 soldats avaient été tués dans les combats. Des responsables de la sécurité avaient pour leur part fait état de dizaines de soldats morts.

«Le jour de l'attaque dans le Sinaï, certains sites (d'information) ont parlé de 17 soldats tués, puis 25, puis 40, puis 100», a déclaré le ministre de la Justice, estimant que cette couverture avait affecté le «moral» du pays.

«Le gouvernement a le devoir de protéger les citoyens des fausses informations», a-t-il poursuivi, espérant que cette nouvelle loi ne soit pas interprétée comme une atteinte à la liberté de la presse.

Lors d'une visite surprise dans le Sinaï samedi, M. Sissi a également critiqué la couverture des médias «qui ont présenté une fausse image de l'Égypte».

Depuis que M. Sissi a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, des groupes djihadistes ont multiplié les attentats contre les forces de l'ordre, disant agir en représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les pro-Morsi.

Plus de 1400 personnes, en majorité des manifestants islamistes, ont été tuées par les forces de l'ordre et des dizaines de milliers emprisonnées. Des centaines ont depuis été condamnées à mort dans des procès de masse expéditifs.

Si la grande majorité des médias soutiennent le gouvernement, le syndicat des journalistes a cependant dénoncé dimanche ce projet de loi, y voyant «de nouvelles restrictions pour la liberté de la presse».

«C'est un article dangereux qui viole la constitution», a indiqué le syndicat dans un communiqué.

«Cela viole le droit du journaliste à rechercher une information de différentes sources (...) cela autorise l'exécutif à agir en tant que censeur», poursuit-il.

Depuis deux ans, le gouvernement est accusé de museler la liberté de la presse.

Selon le Committee to Protect Journalists (CPJ), au moins 18 journalistes, essentiellement accusés d'appartenir aux Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, étaient emprisonnés au 1er juin en Égypte.

Il s'agit, selon l'ONG, d'un nombre record depuis que le CPJ a commencé à les recenser en 1990.

Deux journalistes d'Al-Jazeera, dont le Canadien Mohamed Fahmy, sont actuellement jugés pour leur couverture de la répression pour la chaîne qatarie, accusée par les autorités de soutenir les Frères musulmans.

Un troisième journaliste, l'Australien Peter Greste, a été expulsé. Les trois journalistes ont été dans un premier temps condamnés jusqu'à dix ans de prison, mais ont gagné le droit d'être rejugés.

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