Les forces spéciales américaines tuent un chef de l'EI en Syrie

Des combattants du groupe État islamique sont entrés samedi dans la ville de... (Photo Archives AP)

Agrandir

Photo Archives AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
BEYROUTH

Des combattants du groupe État islamique sont entrés samedi dans la ville de Palmyre, en Syrie, pays dans lequel des forces spéciales américaines ont tué un haut responsable de l'EI lors d'une rare opération au sol.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des djihadistes ont «pris le contrôle de la majeure partie du nord de Palmyre», classée au Patrimoine mondial de l'Humanité, après d'intenses combats contre l'armée syrienne.

Plus à l'est, dans un fief de l'EI en Syrie, les États-Unis ont tué un chef djihadiste présenté comme un cerveau des opérations pétrolières et militaires du groupe extrémiste sunnite, qui contrôle de larges territoires en Syrie et en Irak voisin. 

«Les forces américaines basées en Irak ont mené (vendredi soir) une opération (...) pour capturer le haut responsable de l'EI, Abou Sayyaf, et sa femme», a déclaré samedi une porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), ajoutant: «Abou Sayyaf a été tué lors d'échanges avec les forces américaines».

Dans un communiqué, le NSC a précisé que son épouse «se trouvait en détention dans une prison américaine en Irak».

Selon Washington, Abou Sayyaf était directement impliqué dans les opérations militaires de l'EI ainsi que dans son trafic de pétrole et de gaz, une des sources de revenus du groupe djihadiste.

Avant l'annonce américaine samedi, la télévision d'État syrienne avait affirmé que «le ministre du pétrole de l'EI (sic) a été tué dans une opération spéciale de l'armée syrienne à Al-Omar», identifiant cet homme comme Abou al-Taym al-Saudi.

Une source militaire syrienne interrogée par l'AFP n'a pas voulu confirmer s'il s'agissait du même chef djihadiste que Washington a affirmé avoir tué.

Claque pour l'EI

Au cours de l'intervention américaine, une jeune femme yazidie qui aurait été l'esclave du couple Sayyaf a été libérée, d'après la porte-parole du NSC.

Des centaines, voire des milliers, de femmes de cette minorité kurdophone avaient été capturées par l'EI en août dernier dans le nord de l'Irak pour être vendues ou offertes comme esclaves à des djihadistes, selon Amnesty International.

Cette opération américaine au sol en Syrie est l'une des très rares explicitement revendiquées par Washington, qui dirige une coalition antidjihadistes frappant l'EI par les airs depuis plusieurs mois en Irak et en Syrie.

L'an dernier, un commando américain avait, sans succès, tenté de sauver le journaliste américain James Foley, retenu par l'EI en Syrie.

Pour le ministre américain de la Défense Ashton Carter, l'opération menée à Al-Omar, un des plus grands champs pétroliers syriens, sous contrôle djihadiste dans la province de Deir Ezzor (est), constitue «une nouvelle claque pour l'EI».

Quelques heures plus tard, le groupe djihadiste a toutefois effectué une démonstration de force aux dépens de l'armée syrienne en entrant dans le nord de Palmyre, un joyau archéologique dont l'Unesco craint désormais qu'elle subisse le même sort que des sites comme Nimroud et Hatra en Irak, détruits ou endommagés par l'EI ces derniers mois.

Les ruines monumentales de l'antique Palmyre, cité vieille de 2000 ans, se trouvent au sud-ouest de la ville moderne.

Prendre Palmyre permettrait au groupe djihadiste d'étendre son influence en Syrie au-delà de l'est et du nord, où il est déjà implanté.

Dans sa progression vers Palmyre, entamée mercredi, le groupe djihadiste, connu pour les atrocités auxquelles ils se livrent dans les territoires sous son contrôle, a exécuté au moins 49 civils, dont des enfants, selon l'OSDH.

Hélicoptère syrien abattu

En Irak, l'organisation djihadiste tentait samedi de prendre la totalité de Ramadi, capitale de la province d'Al-Anbar, un des bastions de l'EI dans ce pays, au lendemain de sa prise du QG gouvernemental.

Bagdad a envoyé des renforts militaires vers Ramadi et d'autres secteurs de cette province, mais il n'y avait samedi aucun signe tangible d'une véritable contre-offensive à Ramadi, pourtant annoncée la veille par le gouvernement irakien.

S'emparer de la totalité de Ramadi constituerait la plus importante victoire de l'EI cette année en Irak et permettrait au groupe djihadiste de contrôler les capitales de deux grandes provinces d'Irak, avec Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive (nord).

Dans le nord-ouest de la Syrie, au moins 48 civils, dont 9 enfants, ont péri samedi dans des raids aériens de l'armée sur trois villes de la province d'Idleb sous contrôle de forces anti-régime, d'après l'OSDH.

L'armée a subi ces derniers temps une série de revers militaires dans cette province, notamment la perte de la capitale Idleb et de la ville de Jisr al-Choughour, tombées aux mains d'une coalition de groupes islamistes et djihadistes.

La province d'Idleb est d'importance stratégique, car elle est à la fois proche de celle de Lattaquié, un fief du régime syrien, et de la frontière avec la Turquie, pays favorable à la rébellion et hostile à Assad.

La Turquie a d'ailleurs annoncé samedi avoir abattu un hélicoptère syrien qui avait violé son espace aérien près de sa frontière avec la province d'Idleb. La télévision officielle syrienne a de son côté indiqué qu'il s'agissait en fait d'un drone.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer