Les États-Unis entraînent des rebelles syriens

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En annonçant ce programme de formation, les États-Unis avaient évoqué l'objectif de former 5000 combattants par an.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Daniel DE LUCE
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis ont annoncé jeudi avoir commencé à entraîner un petit groupe de rebelles syriens modérés en Jordanie pour lutter contre le groupe État islamique (EI), les responsables américains estimant par ailleurs que le régime de Damas était sur le déclin.

«Nous pouvons annoncer aujourd'hui que l'entraînement au combat a commencé pour un groupe de la taille d'une compagnie pour les nouvelles forces syriennes», a déclaré le secrétaire à la Défense Ashton Carter lors d'une conférence de presse.

«Ce programme est une partie critique et complexe dans nos efforts pour contrer l'EI. Nous attendons un deuxième groupe qui doit commencer l'entraînement la semaine prochaine», a ajouté M. Carter.

En Jordanie, le porte-parole du gouvernement Mohamed al-Momani a confirmé que l'entraînement des rebelles syriens avait bien «commencé depuis plusieurs jours» dans le cadre des «efforts de la Jordanie en complémentarité avec les pays frères et amis, membres de la coalition».

La Jordanie avait déjà annoncé en mars qu'elle allait former des combattants de «tribus syriennes» pour combattre l'EI.

Environ 90 rebelles modérés syriens ont commencé à suivre cette formation aux compétences militaires de base délivrée par des instructeurs américains, selon Ashton Carter.

Ce programme de formation de rebelles modérés doit ensuite être étendu en Turquie, en Arabie saoudite et au Qatar.

En annonçant ce programme de formation, les États-Unis avaient évoqué l'objectif de former 5000 combattants par an.

Mais les militaires américains se heurtent notamment aux difficultés de sélection des candidats, les États-Unis voulant limiter les risques que ces combattants ne se retournent contre eux.

«Nous avons étudié de près ces rebelles que nous allons entraîner dans des installations dont l'emplacement est gardé secret. Nos formateurs sont extrêmement compétents pour ce type d'entraînement», a repris le secrétaire à la Défense.

Élément de stabilisation 

Selon les plus récents chiffres communiqués par le Pentagone, 3750 Syriens s'étaient portés candidats, dont 400 avaient subi avec succès une présélection. Cette première étape devait être complétée ensuite par d'autres vérifications.

Le Congrès américain, qui a fortement poussé l'administration Obama à entreprendre ce programme, a voté 500 millions de dollars pour le financer.

Les États-Unis avaient annoncé que près de 1000 militaires américains seraient déployés pour ce programme. Pour l'instant, 450 sont arrivés sur place, selon les responsables américains.

Le Pentagone a tenu à noter que les États-Unis allaient continuer à surveiller et à soutenir ces rebelles une fois qu'ils seront déployés sur le terrain.

«Nous avons en quelque sorte une responsabilité pour protéger ces forces de combat. Leur mission est de lutter contre l'EI, c'est ce que nous attendons d'eux. Mais si les forces du régime (de Damas) s'en prenaient à eux, nous serions en mesure de répliquer», a encore dit Ashton Carter.

«Nous n'avons pas encore décidé comment, mais cela pourrait être par le biais d'un soutien aérien. Tout dépend où ils se trouvent, mais nous avons des obligations envers ces gens. Ils se battent pour leur pays», a souligné M. Carter.

Certains partenaires de Washington comme la Turquie reprochent aux États-Unis de vouloir diriger l'action des rebelles uniquement contre le groupe État islamique, au détriment du combat contre le régime du président syrien Bachar al-Assad.

À ce propos, les responsables américains ont noté que le régime de Damas semblait en perte de vitesse.

«L'élan du régime a été ralenti. De ce fait, nous pouvons certainement en déduire que la situation semble moins favorable au régime. Si nous étions à leur place, nous profiterions de cette opportunité pour tenter de négocier», a déclaré le général Martin Dempsey, le plus haut gradé américain.

«Nous avons toujours ce problème fondamental d'arriver à trouver une opposition syrienne modérée pour l'entraîner et qui pourrait devenir un élément de stabilisation au fil du temps», a encore dit M. Dempsey.

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