EI: James Foley a renoncé à une fuite pour rester avec un autre otage

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Le groupe État islamique a tué le journaliste américain James Foley en août dernier.

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
MADRID

Javier Espinosa et Marc Marginedas, ex-otages espagnols du groupe État islamique donnent lundi de nouveaux détails sur la détention de quelque 20 prisonniers dont l'Américain James Foley, exécuté en août 2014 et qui aurait renoncé à fuir par solidarité avec un autre otage.

Le journaliste Javier Espinosa, enlevé en septembre 2013 dans la province syrienne de Raqqa, près de la frontière turque, et libéré en mars 2014, a été emmené vers la fin du mois de septembre dans un centre de détention d'otages surnommé le «Guantanamo Islamiste», non loin d'Alep en Syrie.

Le reporter Marc Marginedas, également enlevé en septembre 2013 et libéré en mars 2014, y a aussi séjourné.

Tous deux ont commencé dimanche à faire leur récit de ces détentions dans les quotidiens El Mundo et El Periodico de Catalunya respectivement.

«Foley et le [Britannique John] Cantlie ont tenté [de fuire] à deux reprises», raconte Javier Espinosa lundi. «La première tentative a été un échec avant même de commencer. On les a surpris dans la cellule pendant qu'ils tentaient de retirer leurs menottes».

«La fois suivante, le journaliste américain a montré son énorme dimension humaine. Après avoir réussi à fuir de la pièce où ils étaient prisonniers, il a attendu Cantlie [dehors] accroché à une couverture. Le gardien a découvert le Britannique lorsqu'il était le long du mur», raconte Javier Espinosa.

James Foley, détenu depuis novembre 2012 et qui avait notamment travaillé pour l'Agence France-Presse, «aurait pu tenter de fuir seul mais a préféré se rendre», a encore raconté Javier Espinosa. «Je ne pouvais pas le laisser seul», lui a-t-il dit.

Le Britannique serait encore prisonnier de l'EI. Il est apparu dans plusieurs vidéos de propagande.

Son compagnon américain, quant à lui, était l'un des souffre-douleurs préférés des preneurs d'otages. «Peut-être parce que le vidéaste américain affrontait les tortures avec un stoïcisme inédit», selon le journaliste espagnol.

Mais il gardait une grande force de caractère et, plus tard, il avait encouragé le groupe de détenus à organiser des «conférences», pour échanger des connaissances. «Je leur ai parlé de la movida madrilène des années 1980».

Javier Espinosa et Marc Marginedas évoquent des conditions de détention atroces: absence d'hygiène personnelle, froid, privation de vivres et d'eau, menaces, simulacres d'exécution, coups et la référence constante à Guantamano, la prison américaine pour islamistes radicaux, à Cuba.

«Bienvenu à l'adorable hôtel d'Oussama, quel lieu merveilleux, mais tu ne pourra jamais partir, si tu essayes, tu périras», devaient chanter les otages, sur l'air d'Hotel California, selon Marginedas.

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