Quand «Jihadi John» se défendait d'être un extrémiste

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Emwazi a été identifié jeudi par plusieurs médias et experts internationaux comme étant «Jihadi John», cet homme toujours vêtu de noir, masqué et le couteau à la main, apparaissant sur des vidéos de décapitations d'otages occidentaux et devenu l'incarnation de la cruauté de l'EI.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
LONDRES

Mohammed Emwazi, le jeune homme identifié comme étant «Jihadi John», bourreau du groupe armé État islamique (EI), aurait condamné en 2009 les attentats du 11 septembre 2001 et toute forme d'extrémisme, selon un enregistrement audio rendu public mardi.

Emwazi a été identifié jeudi par plusieurs médias et experts internationaux comme étant «Jihadi John», cet homme toujours vêtu de noir, masqué et le couteau à la main, apparaissant sur des vidéos de décapitations d'otages occidentaux et devenu l'incarnation de la cruauté de l'EI.

Cage, une association de défense des droits des musulmans, a publié depuis une série de documents où Emwazi, né au Koweït et qui a grandi à Londres, affirme avoir fait l'objet à partir de 2009 d'un harcèlement de la part du service de renseignements intérieurs britannique, le MI5.

Mardi, Cage a diffusé un enregistrement audio dans lequel Emwazi relate à un responsable de l'association, Asim Qureshi, une conversation qu'il aurait eue avec un homme, identifié par le quotidien The Guardian comme un agent secret britannique.



Le jeune homme y prétend que son interlocuteur refuse de le croire quand il condamne les attentats extrémistes perpétrés dans le monde depuis 2001.

À propos du 11-Septembre, il déclare: «Je lui ai dit: «C'est mal. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Si j'avais la chance de pouvoir ramener ces personnes à la vie, je le ferais»».

De même, sur les attentats de Londres du 7 juillet 2005, il affirme: «Des innocents sont morts. Qu'est-ce que vous croyez? Je pense que c'est de l'extrémisme».

Devant l'insistance de l'agent secret qui, selon Emwazi, l'accuse de vouloir se rendre en Somalie pour suivre un entraînement djihadiste, il dit: «Après tout ce que je vous ai dit, après que je vous ai dit que ce qui se passait était de l'extrémisme, vous suggérez toujours que je suis un extrémiste?».

Cette conversation aurait eu lieu peu après une tentative du jeune homme en 2009 de se rendre en Tanzanie, d'où, selon les médias britanniques, il comptait ensuite rejoindre les shebab somaliens.

L'organisation Cage a été vivement critiquée au Royaume-Uni après avoir attribué la radicalisation d'Emwazi au «harcèlement des services de sécurité» britanniques.

Par ailleurs, le quotidien koweïtien Al-Qabas a rapporté que le père d'Emwazi, Jassem Abdelkarim, avait été interrogé dimanche par la police koweïtienne.

Citant «une source informée», le journal indique que ce dernier a affirmé lors de son interrogatoire que son épouse avait «reconnu la voix de son fils» dans la première vidéo de l'EI où il est apparu en août.

Elle «a reconnu la voix de son fils (...) alors qu'il parlait» avant la première décapitation d'un otage américain, le journaliste James Foley, indique cette source en citant Jassem Abdelkarim.

«En visionnant la vidéo, le père a lui aussi reconnu que la voix était celle de son fils», ajoute cette source, indiquant que le dernier contact d'Emwazi avec sa famille remontait à la mi-2013. Le jeune homme aurait appelé ses parents depuis la Turquie pour leur annoncer qu'il se rendait en Syrie, en tant que travailleur humanitaire.

«C'était le dernier contact. Et depuis, j'attendais l'annonce de sa mort», ajoute le père, selon des propos rapportés au journal par la même source anonyme.

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