Les djihadistes subissent de lourdes pertes à Kobané

Le conflit en Syrie a commencé en mars... (Photo BULENT KILIC, AFP)

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Le conflit en Syrie a commencé en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique qui s'est ensuite transformé en rébellion armée.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
BEYROUTH

Le groupe État islamique (EI) a perdu au moins 50 combattants en 24 heures à Kobané, l'un des bilans plus lourds pour les djihadistes depuis qu'ils tentent de prendre cette ville kurde syrienne frontalière de la Turquie.

Dans cette ville, un djihadiste a affirmé sur un forum en ligne que l'EI avait enlevé une «femme militaire sioniste», selon le centre américain de surveillance des sites islamistes, SITE, qui a précisé qu'il pourrait s'agir d'une jeune Israélo-Canadienne. Ottawa a indiqué examiner cette information.

Entre samedi et dimanche, 50 djihadistes ont péri «dans des frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis, dans les violents combats contre les Kurdes et dans cinq attaques suicide menées à travers Kobané», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'EI, qui contrôle de vastes territoires en Syrie et en Irak, tente de conquérir Kobané depuis la mi-septembre mais se heurte à la résistance des Kurdes soutenus par la coalition internationale antidjihadiste qui mène des raids en Syrie depuis le 23 septembre.

Samedi, l'EI a mené pour la première fois une double attaque suicide contre un poste-frontière tout proche de Kobané, contrôlé par les Kurdes, et dont la prise lui permettrait d'encercler totalement la ville.

Si Kobané tombe, les djihadistes contrôleraient une longue bande territoriale à la frontière syro-turque.

Effet de surprise

Après avoir reculé ces dernières semaines grâce notamment aux frappes de la coalition, «les djihadistes ont tenté de surprendre les forces kurdes par ces attaques suicide, mais ont échoué», a indiqué M. Abdel Rahmane.

Des responsables du principal parti kurde syrien PYD et l'OSDH ont affirmé que les kamikazes étaient venus «du côté turc» de la frontière, mais Ankara a dénoncé un «mensonge grossier».

Le principal parti kurde de Turquie a cependant exigé dimanche l'ouverture d'une enquête sur le sujet.

Par ailleurs, réagissant aux informations sur la possible capture d'une Israélo-Canadienne à Kobané, le gouvernement canadien a indiqué explorer «tous les réseaux appropriés pour réunir davantage d'informations, et des responsables sont en contact étroit avec les autorités locales», selon un communiqué des Affaires étrangères.

Selon SITE, des djihadistes ont précisé que cette femme pourrait être Gill Rosenberg, une Israélo-Canadienne combattant dans les forces israéliennes et engagée dans les rangs kurdes contre l'EI.

«Le gouvernement du Canada ne fera pas de commentaire ou ne publiera pas d'information qui pourrait compromettre les efforts en cours», a ajouté le ministère canadien.

Le porte-parole de la diplomatie israélienne a indiqué de son côté que le ministère ne savait «rien» mais suivait «les informations de près».

Rencontre Poutine-Erdogan

Le conflit syrien devrait être au menu de la rencontre lundi à Ankara du président russe Vladimir Poutine, fervent soutien de Damas, avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, farouche opposant à Bachar al-Assad.

Mais l'émergence de la menace djihadiste a vu les deux pays se rejoindre sur la nécessité de lutter contre l'EI.

«Il pourrait y avoir un rapprochement sur la Syrie, car l'apparition de l'EI est un développement que la Russie a au moins autant d'intérêt, si ce n'est plus, que la Turquie à combattre», estime ainsi Ilter Turan, de l'université d'Istanbul.

Le conflit en Syrie a commencé en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique contre le régime, qui s'est ensuite transformé en rébellion armée, puis complexifié avec l'apparition de groupes djihadistes, dont l'EI.

Dans les provinces de Deraa (sud) et d'Alep, des raids de l'armée syrienne ont fait dimanche 29 morts, dont sept femmes et trois enfants, a rapporté l'OSDH.

La veille, toujours selon l'OSDH, le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a exécuté 13 combattants de l'opposition, après que l'un d'entre eux a tué un commandant djihadiste.

Près de 200 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit. D'autres, par millions, ont été obligées de fuir leurs foyers.

En Irak, la situation humanitaire s'est aussi dégradée depuis le début de l'année, et plus particulièrement depuis juin, avec la vaste offensive de l'EI dans le pays.

Désormais, plus de 2 millions de personnes y sont déplacées, ce dont se sont alarmées des ONG dimanche, soulignant que les premières neiges commençaient à tomber.

S'exprimant sur la situation notamment en Syrie et en Irak, le pape François a demandé dimanche que tous les dirigeants religieux, politiques, intellectuels musulmans condamnent «clairement» et sans ambiguïté le terrorisme islamiste.

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