Les États-Unis doublent leur contingent en Irak contre l'EI

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Les conseillers seront déployés pour la première fois en dehors de Bagdad et Erbil, où ils se trouvent actuellement.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Anne RENAUT
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis ont annoncé vendredi le quasi-doublement de leur contingent en Irak, avec l'envoi de 1500 conseillers militaires américains supplémentaires pour conseiller et entraîner les forces irakiennes, y compris kurdes, dans la guerre contre l'organisation État islamique (EI).

Mais ces troupes, qui commenceront à arriver dans les prochaines semaines, «ne seront pas engagées dans les combats», a insisté Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain. Même si ces soldats seront «capables de se défendre», a précisé le porte-parole du Pentagone, John Kirby, lors d'une conférence de presse.

La Maison-Blanche rappelle que l'envoi de ces conseillers s'inscrit dans une stratégie des États-Unis contre le groupe EI qui vise à «soutenir leurs partenaires (irakien et kurde) sur place».

«Plusieurs» autres pays de la coalition internationale contre l'EI participeront à ces missions de conseil et d'entraînement de l'armée irakienne, selon M. Kirby. Le Danemark a déjà promis 120 formateurs, a-t-il noté, et le Royaume-Uni a annoncé mercredi qu'il allait aussi envoyer de nouveaux conseillers militaires en Irak.

À la demande du secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, suite à une requête de Bagdad, le président américain «a autorisé le déploiement de jusqu'à 1500 conseillers militaires supplémentaires dans un rôle non combattant pour entraîner, conseiller, et assister les forces de sécurité irakiennes, y compris les forces kurdes», a précisé la Maison-Blanche dans un communiqué.

Pour la première fois, ces conseillers seront déployés en dehors de Bagdad et Erbil, la capitale du Kurdistan irakien (nord du pays), où ils se trouvent actuellement.

Environ 1400 soldats américains sont aujourd'hui déployés en Irak, dont 600 conseillers militaires à Bagdad et Erbil, ainsi que 800 soldats qui assurent la sécurité de l'ambassade des États-Unis et de l'aéroport de Bagdad.

L'envoi de ces 1600 militaires supplémentaires portera le contingent américain dans ce pays à 3100 soldats.

Autant qu'envisagé en 2011 

Certains seront notamment envoyés dans la province d'Al-Anbar (ouest), où l'armée irakienne avait dû battre en retraite cet été face à l'offensive des djihadistes du groupe EI, qui ont récemment exécuté plus de 200 membres d'une même tribu.

Le Pentagone avait jugé fin octobre «nécessaire» l'envoi de conseillers dans cette province, à condition que Bagdad fournisse des armes aux tribus sunnites. M. Kirby a simplement précisé vendredi que le gouvernement irakien restait «désireux d'armer» ces tribus.

Pour permettre l'envoi de ces conseillers et formateurs supplémentaires, M. Obama a déjà demandé au Congrès une rallonge budgétaire de 5,6 milliards de dollars, qui financeront aussi la campagne de bombardements aériens dans laquelle les États-Unis sont engagés depuis le 8 août en Irak, mais aussi en Syrie.

Cette demande de financement supplémentaire prendra la forme d'un amendement au budget du Fonds pour les opérations d'urgence à l'étranger (Overseas Contingency Operations, OCO), qui finance surtout les opérations en Irak et en Afghanistan.

Les soldats américains vont préparer «pendant deux à trois mois» les sites d'entraînement, où ils vont ensuite former «pendant six à sept mois» 12 brigades irakiennes, 9 au sein de l'armée régulière et 3 au sein des peshmergas (les forces combattantes kurdes).

Les forces locales seront entraînées dans le nord, l'ouest et le sud de l'Irak, où les pays de la coalition internationale contre le groupe EI «rejoindront le personnel américain» pour l'aider, selon le Pentagone.

M. Obama s'était opposé au début de son mandat à ce que les États-Unis gardent des soldats en Irak, désireux de mettre fin à la présence américaine dans ce pays, depuis l'invasion en 2003 jusqu'à fin de l'occupation en 2011.

Les responsables américains avaient essayé de laisser plusieurs milliers de soldats en Irak après 2011 mais n'avaient pas pu obtenir l'accord du gouvernement irakien, alors dirigé par Nouri al-Maliki. Washington réclamait l'immunité pour ses soldats.

Avec ce nouveau contingent, Obama déploie en Irak presque autant de soldats que ce qui avait été envisagé en 2011.

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