Les États-Unis ne se laisseront pas «intimider» par l'EI

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Le président américain Barack Obama, à Tallin, le 3 septembre.

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L'État islamique

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L'État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
TALLINN, estonie

Le président américain Barack Obama a affirmé mercredi que les États-Unis ne se laisseraient pas «intimider» par l'État islamique (EI) après la décapitation d'un deuxième journaliste américain revendiquée par les djihadistes.

«Ces actes horribles ne font qu'unir notre pays et renforcer notre détermination à combattre ces terroristes», a déclaré M. Obama devant la presse à Tallinn, en Estonie.

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«Quels que soient les objectifs recherchés par ces assassins en tuant un Américain innocent comme Steven (Sotloff), ils ont déjà échoué», a-t-il poursuivi, promettant que justice serait faite.

De son côté, le secrétaire d'État américain John Kerry a promis mercredi que les États-Unis puniront les meurtriers des deux journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, décapités dans des vidéos diffusées par des djihadistes de l'État islamique.

«Quand des terroristes n'importe où dans le monde assassinent nos ressortissants, les États-Unis leur font rendre des comptes, quel que soit le temps nécessaire. Et ceux qui ont assassiné James Foley et Steven Sotloff en Syrie devraient savoir que les États-Unis leur feront également rendre des comptes, quel que soit le temps que cela prendra», a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine.

Il a qualifié l'exécution de Steven Sotloff de «coup de poing à l'estomac» et de «sauvagerie médiévale».

M. Obama a affirmé que l'objectif des États-Unis était que l'EI «ne soit plus une menace» pour la région (Moyen-Orient). Mais le président américain a une nouvelle fois souligné que cela prendrait «du temps» et que cela ne pourrait se faire qu'avec une véritable coalition internationale.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, ont l'intention de tracer les contours de cette coalition lors des discussions avec leurs partenaires occidentaux en marge du sommet de l'OTAN qui réunira les 28 pays membres de l'Alliance jeudi et vendredi à Newport, au Pays de Galles.

Mercredi matin, la Maison-Blanche a confirmé, en s'appuyant sur l'analyse des services de renseignement américains, que la vidéo de la décapitation de Steven Sotloff, diffusée mardi par les djihadistes de l'État islamique (EI), était authentique.

Quatorze jours après la décapitation du journaliste américain James Foley, l'EI a mis à exécution ses menaces de tuer le reporter Sotloff qui aurait été enlevé en août 2013 en Syrie.

L'EI, qui a proclamé un califat sur les vastes régions conquises ces derniers mois en Irak et en Syrie, a menacé en outre de tuer un troisième otage, un Britannique identifié comme David Cawthorne Haines, montré dans la vidéo.

Londres au côté de Washington

Le Royaume-Uni qui accueille jeudi un sommet de l'OTAN envisage désormais de s'associer aux frappes américaines contre les djihadistes de l'État islamique (EI), après la décapitation d'un second journaliste américain et les menaces de mort à l'encontre d'un troisième otage, britannique cette fois.

Londres examinera «toutes les options disponibles» pour protéger l'otage britannique, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond, à l'issue d'une réunion interministérielle de crise.

«Si nous estimons que des frappes aériennes peuvent être bénéfiques (...) alors nous les envisagerons certainement, mais nous n'avons pas encore pris de décision à ce stade», a-t-il ajouté.

Le premier ministre, David Cameron, a convoqué la réunion du comité d'urgence du gouvernement, dit Cobra, en réponse au «meurtre ignoble et barbare» de Steven Sotloff, alors que le quotidien Times titrait: «Le prochain sera britannique».

Le sentiment d'horreur exprimé par le chef de gouvernement et les journaux était amplifié par le fait que la prochaine victime et le bourreau pourraient tous deux être Britanniques.

L'otage dont la vie est en danger a été identifié comme étant David Cawthorne Haines. Les experts travaillent par ailleurs sur l'hypothèse que la voix à l'accent britannique censée être celle de l'exécuteur masqué dans la vidéo macabre de l'exécution sommaire de Sotloff, correspond à celle qui accompagnait déjà les précédentes images montrant le meurtre du premier journaliste américain, James Foley.

Les médias britanniques évoquent l'implication dans les deux cas d'un homme qui pourrait être originaire de Londres ou du sud de l'Angleterre et qui répondrait au nom de «John». Reste à établir si la voix dans la vidéo de l'EI est bien celle du bourreau, ou s'il s'agit d'un doublage.

David Cameron a estimé que l'EI représentait «la pire menace pour les générations à venir».

Une riposte graduelle

Face à elle, Londres a annoncé une série de mesures sur le territoire britannique, et sur le terrain où sévissent les combattants de l'EI.

Au Royaume-Uni, il s'agit d'empêcher les déplacements et d'arrêter les terroristes potentiels. Le gouvernement estime à 500 le nombre des «djihadistes britanniques» engagés en Syrie et/ou en Irak, et redoute leur retour au pays. La mise en oeuvre de mesures telle que la confiscation de passeports de suspects par la police, ou les interdictions provisoires d'entrée sur le territoire de présumés extrémistes islamiques, s'annonce cependant compliquée.

En Irak, Londres a jusqu'ici fourni de l'aide humanitaire, mais aussi des armes et munitions provenant de pays tiers aux peshmergas kurdes qui tentent d'empêcher la progression des combattants de l'EI.

Le gouvernement songe désormais à des livraisons d'armes britanniques.

L'association à des frappes aériennes américaines constituerait une escalade supplémentaire dans l'engagement du Royaume-Uni, qui exclut a priori l'envoi de soldats au sol.

Toute participation à une intervention militaire au Proche-Orient demeure cependant un sujet politiquement ultra-sensible.

La décision du travailliste Tony Blair de combattre Saddam Hussein au côté de «son ami» le président américain George Bush en 2003, reste hautement controversée, dix ans après. Et David Cameron a essuyé un cuisant camouflet en août 2013, quand la Chambre des communes a fait capoter sa volonté de s'associer à des frappes aériennes américaines et françaises en Syrie, qui du reste ne se sont jamais matérialisées.

Échaudé, le chef du gouvernement britannique avait dès lundi déclaré aux députés que les récentes frappes aériennes américaines en Irak constituaient «une réponse adéquate». Il a aussi ajouté «qu'en cas d'urgence, pour protéger l'intérêt national britannique ou prévenir une quelconque catastrophe humanitaire, il pourrait être nécessaire de passer à l'action avant même de saisir le Parlement».

Il aura aussi l'occasion d'examiner la riposte face «aux terroristes barbares» avec ses alliés, lors du sommet de l'OTAN convoqué jeudi et vendredi au pays de Galles.

-Avec Denis Hiault




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