La petite amie de Pistorius «s'est vue mourir»

Oscar Pistorius plaide non coupable du meurtre de Reeva... (PHOTO LEON SADIKI, REUTERS)

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Oscar Pistorius plaide non coupable du meurtre de Reeva Steenkamp qu'il affirme avoir abattue en croyant ouvrir le feu contre un voleur caché dans les toilettes de sa chambre.

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Claudine RENAUD
Agence France-Presse
Pretoria

Reeva Steenkamp s'est-elle vue mourir? Oui, selon un expert balistique de la police sud-africaine qui a reconstitué les derniers instants de la petite amie d'Oscar Pistorius, touchée d'abord à la hanche selon lui, avant d'être tuée d'une balle dans la tête.

Dans ce scénario, la victime aurait eu le temps de crier et de signaler sa présence, contrairement à ce qu'a toujours affirmé l'accusé.

Le procès de l'athlète âgé de 27 ans, qui aurait dû s'achever jeudi, a été ajourné jusqu'à lundi, laissant un jour au parquet pour consulter les «quatre à cinq» derniers témoins qu'il compte appeler.

Au treizième jour d'audience, le capitaine Chris Mangena a exposé comment, selon toute probabilité, la jeune mannequin était debout dans les toilettes quand elle a été touchée à la hanche par un premier coup de feu, avant de tomber à la renverse et de se protéger la tête des mains et des bras.

Le premier des trous relevés dans la porte est situé à 93,5 cm du sol et sa hanche estimée à 93 cm. «Très probablement, la blessure à la hanche a été faite quand elle était debout (...) face à la porte», a-t-il décrit. «Ça lui a brisé la hanche, l'a fait tomber en arrière dans le porte-revues».

C'est dans cette seconde position qu'elle a été touchée une deuxième et une troisième fois. Pistorius a tiré quatre fois, mais l'une des balles n'a pas atteint la jeune femme.

Pistorius soutient qu'il était terrorisé après avoir entendu un bruit suspect et a fait feu en croyant tirer sur un cambrioleur.

Même si la légitime défense est difficile à plaider, le champion ayant dégainé sans voir sa cible, ni vérifier s'il était réellement menacé, il veut convaincre la juge qu'il n'a pas voulu tuer Reeva et éviter ainsi la peine maximum de 25 ans de réclusion.

Parmi les éléments-clés : l'emplacement d'où il a tiré. La rapidité avec laquelle il a tiré («bang - bang, bang, bang» selon l'accusation, «tac tac» puis «tac tac» selon la défense). Ou encore, la possibilité que sa victime ait hurlé ou non, signalant sa présence.

Une deuxième balle ricoche

Après le premier coup de feu qui l'a fait tomber, Reeva «était très probablement assise dans une position défensive», a poursuivi le capitaine Mangena, mimant à la barre les derniers gestes de la jeune femme, les bras croisés devant son visage.

Une deuxième balle a ricoché, mais la troisième lui a perforé le bras gauche au-dessus du coude par l'arrière, faisant exploser la chair et lui causant un bleu à la poitrine : «Les bras étaient levés en l'air au niveau de la poitrine».

La dernière balle l'a atteinte au côté droit du crâne alors qu'elle avait «les deux mains sur la tête» avec pour conséquence «immédiate» qu'elle s'effondre «le buste entre les toilettes et le porte-revues».

Pistorius était devant la porte quand il a tiré, «probablement sans ses prothèses aux jambes» et posté «entre 60 centimètres de la porte et le mur», a indiqué l'expert.

Depuis la première audience le 3 mars, les témoins cités par l'accusation font apparaître, comme les pièces d'un puzzle, ce qui ressemble au mensonge de Pistorius : des voisins ont entendu la jeune femme crier, une autre le couple se disputer.

Le médecin légiste a trouvé à l'autopsie les reliefs d'un repas avalé vers 1 h du matin environ alors qu'elle était censée dormir, et il a aussi souligné qu'il ne serait «pas naturel» pour quiconque de ne pas crier après une blessure par balle à la hanche.

Inlassablement, la défense tente de démolir ces preuves.

Mercredi, lors d'un contre-interrogatoire inhabituellement bref, l'avocat Barry Roux a suggéré que son client était loin de la porte quand il a tiré, près de l'interrupteur mural. Une hypothèse utile pour étayer la version d'un homme terrorisé tirant à distance.

C'est plausible, mais seulement pour le premier coup de feu, a répondu le capitaine Mangena, que Pistorius a préféré ne pas écouter, se bouchant ostensiblement les oreilles.

Juste avant, le colonel Mike Sale, expert en téléphonie, a rendu compte des deux iPads trouvés chez Pistorius. L'un utilisé pour cliquer sur un site de pornographie gratuit vers 18 h 30 (14 h 30, heure de Montréal) et rechercher une Ford Ranger et une Aston Martin Rapide R sur des sites automobiles en ligne. L'historique de consultation avant le 13 février avait été effacée.




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