La porte à travers laquelle Pistorius a tiré «témoigne»

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Claudine RENAUD, Stéphanie FINDLAY
Agence France-Presse
Pretoria

Témoin muet au procès d'Oscar Pistorius, la porte des toilettes à travers laquelle il a tiré en 2013, tuant sa petite amie, risque de lui porter préjudice, car un expert l'ayant examinée a présenté mercredi des conclusions contredisant partiellement l'accusé.

La défense a contre-attaqué en critiquant le travail du colonel Gerhard Vermeulen et plus largement le laboratoire de police scientifique, suggérant que l'état de la porte, pièce à conviction cruciale, a été altéré durant son séjour aux mains des enquêteurs.

Appelé à la barre au huitième jour du procès, le colonel Vermeulen, expert de la police scientifique, affirme que le champion double amputé, sextuple médaillé d'or paralympique, était sur ses moignons lorsqu'il a défoncé la porte à l'aide d'une batte de cricket.

La défense soutient qu'il avait remis ses prothèses.

Pistorius affirme s'être rué dans sa chambre après avoir tiré et avoir pensé faire feu sur un cambrioleur. «Lorsque j'ai atteint le lit, j'ai réalisé que Reeva n'y était pas. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que cela pouvait être Reeva qui était dans les toilettes», avait-il affirmé lors de sa première déposition après les faits.

Aujourd'hui, il affirme avoir remis ses prothèses pour revenir défoncer la porte des toilettes avec la batte de cricket, un sport très populaire en Afrique du Sud.

Derrière la porte se trouvait Reeva Steenkamp, la top-modèle de 29 ans, tuée de quatre balles.

Les marques retrouvées sur la porte apportent «la preuve irréfutable» qu'une batte de cricket a bien été utilisée pour défoncer la porte.

Mais l'expert a expliqué que compte tenu de la hauteur des traces de batte sur la porte, si Pistorius, un double amputé, avait frappé debout sur ses prothèses, cela aurait été «très inconfortable».



L'expert à genoux

Des mesures ont été prises à l'audience, avec un mètre ruban, pour vérifier la position dans laquelle Pistorius aurait dû logiquement se trouver pour forcer le passage en frappant sur la porte puis tournant avec pour faire céder le panneau supérieur.

«La marque correspond logiquement au fait qu'il n'avait pas ses jambes» artificielles, a ajouté le colonel Vermeulen. «Ce n'est pas naturel si je suis debout».

«Ce n'est pas naturel... pour vous!», a rétorqué l'avocat de la défense Barry Roux, lui demandant de se livrer à une expérience en simulant les coups sur la porte. «Toutes les marques correspondent, même debout», a-t-il clamé, satisfait.

«Oui, à condition d'être penché dans une position non naturelle», a insisté l'expert.

L'avocat a tenté de lui faire admettre que Pistorius n'aurait pu défoncer la porte debout sur ses moignons sans perdre l'équilibre, l'invitant à faire l'essai sur les genoux.

«Si j'avais grandi sans mes jambes, ce serait une autre histoire», a rétorqué l'expert, après s'être prêté au jeu. «S'il avait suffisamment d'équilibre pour tirer (sur ses moignons), je soupçonne qu'il en avait assez pour frapper la porte avec la batte de cricket».

Le défenseur de Pistorius a ensuite voulu le prendre en défaut à propos d'une troisième trace sur la porte, correspondant selon lui aux tentatives de l'athlète d'ouvrir la porte en cognant avec ses prothèses.

«C'est possible», a admis le colonel Vermeulen, «mais il peut aussi avoir trébuché sur la porte» quand il a sorti le corps criblé de balles de Reeva.

M. Roux lui a également reproché d'avoir sous-estimé l'importance des débris de la porte, pourtant collectés dans un sac, et l'a confronté à une photo prise le 8 mars de la porte.

Le colonel Vermeulen a récupéré la porte le 30 avril 2013 pour analyse. «Certaines marques distinctes ne sont pas visibles sur la photo du 8 mars», a-t-il reconnu. «Quelque chose est arrivé à la porte que je ne suis pas à même de commenter», a-t-il ajouté, tandis que l'avocat s'étonnait des méthodes du laboratoire pour préserver l'intégrité des preuves.

Le seul point sur lequel l'expert et la défense sont d'accord est le moment où la porte a été défoncée : «Après les tirs», selon le colonel Vermeulen qui désigne un impact de calibre 9 mm : «Il fallait qu'il y ait déjà un trou dans la porte pour qu'elle puisse casser à cet endroit».




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