DSK s'énerve à son procès pour proxénétisme

«Je commence à en avoir un peu assez»,... (PHOTO GONZALO FUENTES, REUTERS)

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«Je commence à en avoir un peu assez», a lâché DSK, 65 ans, accusé de proxénétisme aggravé devant le tribunal de Lille.

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L'affaire DSK
L'affaire DSK

Retrouvez toutes les informations concernant les déboires judiciaires de l'ex-patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et ses implications sur les scènes politique et économique dans le monde. »

Marine LAOUCHEZ
Agence France-Presse
Lille

«Absurde!», «Fausse logique!»: Dominique Strauss-Kahn a haussé le ton mercredi, au deuxième jour de son audition par le tribunal correctionnel de Lille, s'indignant que la rudesse de ses pratiques sexuelles puisse être considérée comme une preuve à charge.

«Je commence à en avoir un peu assez», lâche l'ancien patron du FMI, se tournant avec un regard glacial vers Me David Lepidi, avocat de parties civiles dans ce procès pour proxénétisme aggravé.

«Les comportements que j'ai (...) n'ont de sens que s'ils impliquent que cela nécessite d'avoir des prostituées, ce qui est absurde», tonne-t-il. «Sauf à vouloir me faire comparaître devant les juges pour pratiques dévoyées, ce qui n'existe plus», fait remarquer DSK, dans une allusion à la sodomie.

L'ancien directeur du FMI est sur la sellette depuis l'ouverture de l'audience, à mi-parcours du procès de trois semaines entamé le 2 février. Sa «brutalité» dans les relations sexuelles rapportée par plusieurs participantes aux soirées incriminées ne s'explique-t-elle que parce que ces femmes étaient des prostituées et qu'il le savait?

«Je dois avoir une sexualité qui, par rapport à la moyenne des hommes, est plus rude», reconnaît-il. «Que certaines femmes ne l'apprécient pas, c'est leur droit, qu'elles soient prostituées ou pas».

Il encourt jusqu'à dix ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende s'il est reconnu coupable de l'accusation de proxénétisme aggravé, pour laquelle il est poursuivi aux côtés de 13 autres prévenus. Aussi, ne prend-il pas à la légère l'effet qu'a pu produire le témoignage de Jade, ancienne prostituée qui s'est portée partie civile.

Elle fond en larmes, lorsqu'on lui demande d'expliquer ce qui s'est passé dans la chambre d'hôtel bruxelloise de DSK, après une soirée dans un club échangiste belge en automne 2009.

Peu de respect 

Jade évoque, avec difficulté, un moment «plus que désagréable quand j'ai tourné le dos à M. Strauss-Kahn».

«Chaque fois que je vois sa photo, je revis cet empalement de l'intérieur qui me déchire dedans, parce qu'aucun client n'aurait jamais fait ça», souffle-t-elle.

Jade reprend ses esprits et réitère: «pour m'avoir infligé ce qu'il m'a infligé, il ne pouvait avoir que peu de respect pour moi».

Mais DSK nie que ces propos prouvent quoi que ce soit à son encontre.

«La pratique sexuelle peut ne pas plaire à Jade, elle peut appeler ça de l'abattage, mais cela ne veut pas dire que ce sont des prostituées», martèle-t-il, dénonçant «la logique fausse continuelle» de l'accusation dans le dossier, qui suppose que «vu les pratiques sexuelles du monsieur, il faut des prostituées».

DSK est à l'offensive: ses explications sont directes, il ne se reprend jamais, ne se démonte pas, ne faisant pas varier sa version d'un iota.

Il se permet même de trouver «bizarre» que le terme d'«abattage», «qui n'est pas si courant», se retrouve chez plusieurs témoins.

Photo dans le bureau du FMI 

A propos de Jade, DSK explique encore que sur quatre épisodes en sa présence (le Murano à Paris, le club belge, l'hôtel bruxellois, puis un voyage à Washington), il «ne se passe rien» à trois reprises.

«Et on voudrait me dire qu'elle était là pour moi et que je devrais m'en rendre compte?» s'exclame DSK.

Ainsi à Washington, Jade n'aura que des préliminaires avortés avec DSK, avec qui elle dit avoir tissé «une certaine amitié».

Il y a dans le dossier une photo d'eux, prise dans le bureau de DSK au FMI, où Jade est souriante. M. Strauss-Kahn a affirmé que s'il avait su que Jade était une prostituée, il n'aurait jamais permis cette photo, qui a ensuite été diffusée par des médias quand l'affaire a éclaté.

Les débats vont ensuite baisser d'intensité. Les autres rencontres pour lesquelles le groupe des amis nordistes de DSK est incriminé ne sont examinées que sur la base de témoignages écrits, les jeunes femmes concernées n'étant ni partie civile ni témoin cité.

Au fil des partenaires féminines et des soirées, le tribunal s'est appliqué à cerner les rôles des autres prévenus présents à l'audience mercredi. Qui organise, qui paie ces fêtes auxquelles participent DSK - en l'occurrence Fabrice Paszkowski, ami de l'ancien ministre, David Roquet, ex-dirigeant d'une filiale d'Eiffage. Et quelle est la place du policier Jean-Christophe Lagarde, l'«accompagnateur», sous les feux nourris du ministère public pour son manque de discernement.

«Chacun a campé sur ses positions (...) Il n'y a rien eu de nouveau. On n'a strictement rien appris», a estimé à la sortie de l'audience Emmanuel Daoud, avocat du mouvement du Nid, qui vient en aide aux prostituées.

Jeudi, le tribunal doit consacrer une partie de la journée au même groupe, et se penchera notamment sur la «garçonnière» de l'ancien patron du FMI à Paris, avant de tourner la page DSK et de s'intéresser au volet des escroqueries dans ce procès à tiroirs.

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