L'Équateur accorde la citoyenneté à Julian Assange

Julian Assange en février 2016.... (Photo Peter Nicholls, archives REUTERS)

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Julian Assange en février 2016.

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Fuites de WikiLeaks
Fuites de WikiLeaks

Consultez notre dossier sur la publication de 250 000 câbles diplomatiques américains par WikiLeaks. »

Santiago PIEDRA SILVA
Agence France-Presse
Quito

L'Équateur a annoncé avoir naturalisé Julian Assange, le créateur australien de WikiLeaks réfugié depuis 2012 dans son ambassade à Londres, afin de tenter de lui obtenir un statut diplomatique et trouver une solution à cette situation de plus en plus délicate pour le pays andin.

«Cette naturalisation a été accordée le 12 décembre 2017», a expliqué jeudi la cheffe de la diplomatie équatorienne, Maria Fernanda Espinosa.

«Le gouvernement équatorien a le droit d'accorder la nationalité (équatorienne) à la personne qu'il protège et faciliter ainsi (...) son intégration au sein du pays qui le reçoit», a poursuivi Mme Espinosa.

La ministre des Affaires étrangères a précisé avoir demandé le 20 décembre à Londres «d'accréditer M. Assange en tant qu'agent diplomatique» membre de la délégation équatorienne au Royaume-Uni.

Ceci lui aurait permis de sortir de l'ambassade sans être arrêté par la police britannique.

«Cette demande a été rejetée le 21 décembre. Par respect pour les bonnes relations que nous avons avec le Royaume-Uni, nous avons abandonné cette option», afin de ne pas nuire aux «possibilités de protection» future d'Assange.

Un peu plus tôt, Londres s'était exprimé sur ce dossier diplomatique brûlant où sont également impliqués les États-Unis et la Suède.

«Le Royaume-Uni n'a pas accédé à cette demande, et nous ne sommes pas en discussion avec l'Équateur sur cette question», avait indiqué un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

Craignant une extradition vers la Suède pour un viol présumé qu'il nie, Julian Assange, 46 ans, a trouvé asile en 2012 à l'ambassade d'Équateur à Londres. Ce pays est alors gouverné par Rafael Correa, figure de la gauche sud-américaine, qui nargue Washington en recevant le fondateur de WikiLeaks.

Le parquet suédois a depuis classé l'affaire mais l'Australien craint d'être arrêté s'il sort de l'ambassade, puis extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks de secrets militaires et de documents diplomatiques américains en 2010.

Des supporters de Julian Assange brandissent des pancartes... (AFP) - image 2.0

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Des supporters de Julian Assange brandissent des pancartes remerciant Rafael Correa, devant l'ambassade de l'Équateur à Londres, en 2013.

AFP

«Médiation»  

La sortie de ces documents avait valu à Julian Assange, qui a créé WikiLeaks en 2006, un statut de paria aux États-Unis, alors que ses défenseurs célébraient en lui le champion d'un mouvement mondial pour la transparence et la démocratie.

«L'Équateur sait que la manière de résoudre ce problème est que Julian Assange quitte l'ambassade pour se soumettre à la justice», a souligné le porte-parole de la diplomatie britannique.

La police britannique a indiqué qu'elle arrêterait l'Australien s'il sortait de l'ambassade car il n'a pas respecté en 2012 les conditions de sa liberté sous caution.

«La naturalisation ne change rien à sa situation au Royaume Uni (...) bien qu'il soit équatorien, le Royaume-Uni veut lui demander des comptes», explique à l'AFP l'expert en relations internationales Michel Levi.

Mardi, Maria Fernanda Espinosa, avait dit être à la recherche d'une «médiation», telle «un pays tiers ou une personnalité», pour trouver un accord avec le Londres sur la situation «insoutenable» de M. Assange.

«Aucune solution ne pourra être trouvée sans la coopération internationale et sans la coopération du Royaume-Uni, qui a fait part de son intérêt pour trouver une issue» à cette situation, avait-elle ajouté lors d'une rencontre avec la presse étrangère.

Il faut dire que ces derniers temps l'hôte de l'Équateur est devenu quelque peu encombrant pour le pays andin. Assange n'a fait que «causer des problèmes» à l'Équateur, a estimé l'ancien ministre équatorien des Affaires étrangères, Ayala Lasso.

Omniprésent durant la campagne présidentielle équatorienne du début 2017, l'affaire Assange divise alors les deux principaux candidats. Lors de son arrivée au pouvoir en mai dernier, le nouveau président Lenin Moreno, successeur de Rafael Correa devenu ensuite son ennemi, annonce que Julian Assange pourra rester dans son ambassade.

Mais les prises de position publiques de l'Australien semblent agacer Quito, qui n'apparaît plus aussi bienveillant à l'égard de son invité.

Ainsi en novembre, l'Équateur demande au fondateur de WikiLeaks, qui s'était prononcé en faveur de l'indépendance de la Catalogne, d'éviter de faire des déclarations susceptibles d'affecter les relations internationales de Quito.




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