Benghazi: Petraeus a vite su que l'attaque était liée à Al-Qaïda

Le général à la retraite Petraeus dirigeait encore la... (PHOTO CLIFF OWEN, AP)

Agrandir

Le général à la retraite Petraeus dirigeait encore la CIA à l'époque de l'attaque en Libye.

PHOTO CLIFF OWEN, AP

Partager

Dossiers >

L'affaire Petraeus

International

L'affaire Petraeus

Directeur de la CIA et héros de guerre américain, David Petraeus a été contraint de démissionner en raison d'une liaison extraconjugale. Un scandale que plusieurs médias américains décrivent déjà comme la version du Pentagone du «Monicagate». »

Agence France-Presse
Washington

L'ancien chef de la CIA, David Petraeus, a expliqué vendredi à des élus américains qu'il avait rapidement su que des miliciens liés à Al-Qaïda étaient impliqués dans l'attaque du consulat de Benghazi en Libye, lors de sa première sortie officielle depuis sa démission.

L'ex-directeur de l'agence américaine du renseignement, qui a démissionné le 9 novembre après la révélation d'une liaison avec sa biographe Paula Broadwell, a témoigné à huis clos devant les commissions du Renseignement du Congrès.

Après avoir déclaré qu'il regrettait les circonstances ayant provoqué sa démission, il a expliqué, selon des participants, qu'il savait dès le départ que des miliciens liés à Al-Qaïda étaient impliqués dans l'attaque de plusieurs heures lancée le 11 septembre, provoquant la mort de quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens.

Les républicains accusent à demi-mot Barack Obama d'avoir dissimulé le caractère terroriste de l'attaque pour ne pas ternir son bilan contre Al-Qaïda.

«Il a dit qu'il y avait des rapports de renseignement (différents), mais qu'il avait toujours pensé qu'il y avait une implication terroriste importante», a rapporté Pete King, un républicain.

Les adversaires de Barack Obama souhaitent savoir quand son gouvernement a su qu'il ne s'agissait pas d'une simple manifestation contre une vidéo islamophobe diffusée à l'époque sur internet, et qui aurait dégénéré.

Cette thèse avait été reprise à la télévision par l'ambassadrice aux Nations unies, Susan Rice, cinq jours après.

Les démocrates attribuent cette «erreur» au fait que l'enquête avait mis du temps à clarifier le rôle d'Al-Qaïda. Selon la sénatrice Dianne Feinstein, «Susan Rice a utilisé des éléments transmis par la CIA, approuvés par toute la communauté du renseignement».

Petraeus «impatient» de témoigner

«Il est important de comprendre qu'à ce stade très préliminaire, ces éléments étaient déclassifiés, elle ne devrait pas être clouée au pilori pour ça», a affirmé la démocrate.

Des républicains ont juré d'empêcher le remplacement d'Hillary Clinton par Mme Rice comme secrétaire d'État, une nomination qui doit être approuvée au Sénat.

«M. Petraeus continue à être très direct, sans détour, et en tant que seul responsable s'étant rendu sur le terrain en Libye depuis l'incident du 11 septembre, il était important de l'entendre», a déclaré le sénateur républicain Saxby Chambliss. «Il a clarifié certaines questions qui restaient un peu confuses».

Selon M. Petraeus, dans des propos rapportés par M. King, les références spécifiques à Al-Qaïda transmises par la CIA au gouvernement ont été supprimées des comptes-rendus communiqués au public, mais il en ignore la raison.

Plusieurs démocrates, à l'instar de Dutch Ruppersberger, ont contesté cette version, affirmant que M. Petraeus avait expliqué que «dans les premières 24 heures, la CIA estimait qu'il s'agissait d'une manifestation en réaction à ce qui s'était passé en Égypte à propos du film».

Bien que «volontaire et impatient» de témoigner, selon Mme Feinstein, M. Petraeus est entré et sorti du Capitole par des portes dérobées pour échapper aux journalistes.

L'audition n'a pas abordé l'affaire autour de son ex-maîtresse Paula Broadwell. C'est cette liaison qui avait conduit à la démission du responsable.

L'enquête du FBI, qui a dévoilé l'affaire, se concentre sur Mme Broadwell et les documents confidentiels retrouvés sur son ordinateur, bien qu'à ce stade rien n'ait été trouvé de compromettant pour la sécurité nationale.

Un montage vidéo de 45 minutes de l'attaque, filmée par un drone et d'autres caméras, pourrait en outre être rendu public, selon un élu qui rapportait des propos du patron du renseignement américain, James Clapper.

Ce film a été visionné par les élus à huis clos jeudi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer