Syrie: les frappes turques s'intensifient, les civils paient un lourd tribut

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La Turquie mène depuis le 20 janvier une offensive dans la région d'Afrine contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme «terroriste» par Ankara, mais précieux allié de Washington dans la lutte contre les djihadistes.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
Afrine

Les frappes aériennes se sont intensifiées lundi à la frontière entre la Turquie et l'enclave kurde d'Afrine, dans le nord syrien, où les civils payent le prix fort d'une offensive que le président turc s'est dit déterminé à poursuivre.

La Turquie mène depuis le 20 janvier une offensive dans la région d'Afrine contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme «terroriste» par Ankara, mais précieux allié de Washington dans la lutte contre les djihadistes.

En réaction à cette opération, les autorités semi-autonomes kurdes ont indiqué qu'elles ne participeraient pas à des pourparlers sur le conflit syrien organisés mardi par la Russie dans la station balnéaire de Sotchi.

Lundi, «les frappes aériennes se sont intensifiées, avec la poursuite des tirs d'artillerie» dans le nord et l'ouest de l'enclave d'Afrine, située à la frontière avec la Turquie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon son directeur Rami Abdel Rahmane, les forces turques et les rebelles syriens alliés ont pris le contrôle de huit localités le long de la frontière, depuis le début de l'opération.

Au moins 14 personnes, dont cinq enfants, ont péri dimanche dans les frappes aériennes turques qui visent toute la région, a précisé l'OSDH, portant à 55 le bilan des civils tués depuis le début de l'offensive.

Dans le principal hôpital d'Afrine, des blessés affluent, installés sur la plateforme d'un pick-up, a constaté dimanche un reporter collaborant avec l'AFP.

Deux petits en bas âge pleurent et s'agitent, les vêtements couverts de sang, alors que le personnel tente de les examiner au milieu de cris hystériques. Un enfant au visage ensanglanté gémit doucement tandis qu'un médecin nettoie la plaie sur sa tempe.

Les corps sans vie d'un homme et d'un enfant sont déchargés d'une ambulance.

Mais dans les rues de la ville d'Afrine, relativement épargnée par les combats, un semblant de normalité règne. Pharmacies, épiceries, magasins de vêtements, de chaussures et de jouets ont rouvert leurs portes. Les habitants déambulent sur les trottoirs ou flânent sur les places publiques, où le vendeur de café et les étals de nourritures ont ressurgi.

«Fin douloureuse»

Évoquée depuis plusieurs mois, l'intervention turque à Afrine a été précipitée par l'annonce d'une «force frontalière» incluant notamment des YPG, et parrainée par la coalition internationale antidjihadistes emmenée par Washington.

Ankara n'a jamais accepté l'autonomie de facto établie par les Kurdes dans le nord et le nord-est de la Syrie à la faveur du conflit qui ravage le pays depuis 2011, craignant de voir sa propre communauté kurde développer des aspirations similaires.

Malgré les tensions croissantes entre la Turquie et les États-Unis, deux alliés au sein de l'OTAN, le président Recep Tayyip Erdogan s'est dit dimanche résolu à élargir l'offensive vers l'est, notamment à la ville de Minbej tenue par les Kurdes, où Washington a déployé des militaires.

«Les terroristes ne pourront échapper à la fin douloureuse qui les attend, ni à Afrine, ni à Minbej», a-t-il déclaré. «La frontière (syrienne) sera nettoyée».

Ignorant les appels américains à la «retenue», Ankara a même sommé samedi les États-Unis de retirer leurs militaires déployés à Minbej.

Dans une tribune publiée par le quotidien américain The New York Times, le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a reproché aux États-Unis «d'armer une organisation terroriste qui attaque» la Turquie, en référence aux YPG.

Mais les combattants kurdes soutenus par Washington ont surtout été aux premières lignes de la lutte contre le groupe État islamique (EI) en Syrie, où ils ont conquis en octobre l'ex-capitale de facto des djihadistes, Raqa.

Depuis le 20 janvier, les combats ont déjà coûté la vie à sept soldats turcs, selon Ankara, tandis que 76 rebelles pro-turcs et 78 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements, d'après l'OSDH.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne et la France, ainsi que l'Union européenne, ont exprimé leur préoccupation face à l'intervention turque qui complique davantage encore la situation en Syrie, où la guerre a fait plus de 340 000 morts depuis 2011.




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