Un avion américain abat un drone en Syrie, Moscou s'insurge

Le drone de fabrication iranienne Shaheed 129 a... (Photo REUTERS)

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Le drone de fabrication iranienne Shaheed 129 a été abattu par un avion américain F-15 Strike Eagle (photo) après avoir «montré une intention hostile et s'être dirigé vers des forces de la coalition», a indiqué la coalition dans un communiqué.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
Beyrouth

Un avion de combat américain a abattu mardi un drone des forces prorégime en Syrie, suscitant la colère de la Russie qui a accusé la coalition internationale de «complicité de terrorisme».

Cet incident est le dernier en date entre les forces prorégime et les États-Unis qui dirigent une coalition internationale pour lutter principalement contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie et en Irak voisin.

Moscou est impliqué militairement au côté du régime de Bachar al-Assad dans la guerre en Syrie, alors que Washington soutient et arme une alliance arabo-kurde rivale et des rebelles syriens.

Ce nouvel incident est intervenu à peine 48 heures après la destruction dimanche d'un appareil de l'armée syrienne par un avion de chasse américain dans la région de Raqa, dans le nord de la Syrie.

L'ONU a mis en garde contre un risque «d'escalade».

Mardi avant l'aube, un avion américain F-15 Strike Eagle a abattu un drone de fabrication iranienne Shaheed 129 près de la région d'Al-Tanaf dans le sud de la Syrie après qu'il eut «montré une intention hostile», a indiqué la coalition dans un communiqué.

Les États-Unis avaient déjà abattu un drone des prorégime il y a deux semaines à Al-Tanaf près de la frontière irakienne. Ils avaient aussi bombardé des combattants prorégime qui s'approchaient d'Al-Tanaf où des forces spéciales américaines entraînent des groupes syriens face à l'EI.

«La coalition ne laissera pas les appareils des forces prorégime menacer la coalition et ses forces alliées ou s'approcher étroitement de celles-ci», ajoute le communiqué.

«Complicité de terrorisme»

En représailles à l'incident aérien survenu dimanche à Raqa, la Russie a annoncé lundi la suspension de son canal de communication militaire avec les États-Unis en Syrie. Elle a également affirmé qu'elle pointerait désormais ses missiles vers les avions de la coalition repérés à l'ouest de l'Euphrate.

Et après la destruction du drone, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, a estimé mardi que «ce genre de frappes s'apparente à une complicité de terrorisme».

Cette poussée de fièvre a entraîné une suspension par l'Australie, membre de la coalition internationale, de ses missions aériennes en Syrie.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de différents acteurs régionaux et internationaux ainsi que des groupes djihadistes sur un territoire morcelé.

Le ciel syrien est encombré par les avions du régime, ceux de la Russie, ceux de la coalition internationale et parfois ceux de la Turquie voisine.

En détruisant l'appareil syrien dimanche, la coalition avait affirmé que l'avion visé avait bombardé des positions des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les FDS, une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les États-Unis, tentent actuellement de chasser l'EI de la ville de Raqa, principal fief du groupe djihadiste en Syrie.

«Si le régime syrien s'en prend aux forces qui nous aident à libérer Raqa, cela va être un problème», a indiqué à l'AFP une source diplomatique française. «On est (encore) dans la rhétorique. Personne n'a intérêt à ce que cela dégénère».

Un responsable de l'EI tué

La Russie ne fait pas partie de la coalition internationale. Elle dispose de systèmes de défense anti-aérienne S-300 et S-400 déployés en Syrie, ainsi que de dizaines de chasseurs et de bombardiers.

Cette escalade des tensions survient au moment où les troupes syriennes se trouvent dangereusement proches de zones contrôlées par les FDS.

Le régime ne participe pas à l'offensive menée par les FDS pour s'emparer de la ville de Raqa, mais veut parvenir à la province pétrolière de Deir Ezzor, située plus à l'est et contrôlée en majorité par l'EI.

Bien qu'elles luttent toutes les deux contre l'EI, les troupes du régime et les FDS sont des forces rivales.

Pour le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, la présence des forces américaines en Syrie est «absolument illégale. Il n'y a eu ni de décision du Conseil de sécurité, ni une demande de la part des autorités» syriennes.

Dans sa lutte contre l'EI, la coalition internationale a annoncé avoir tué un haut responsable du groupe djihadiste, Turki Albinali, dans une frappe aérienne le 31 mai, dans la ville syrienne de Mayadine, près de la frontière irakienne. Selon elle, Albinali était un «proche confident» du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi.

Le conflit en Syrie a fait en plus de six ans plus de 320 000 morts et des millions de déplacés.




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