Attaque «chimique» en Syrie: la Russie et l'Iran veulent une nouvelle enquête

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Un projet de texte russo-iranien, dont l'AFP a pris connaissance, appelle à une investigation «pour établir si des armes chimiques ont été utilisées à Khan Cheikhoun et comment elles ont été livrées sur le site de l'incident présumé», alors qu'une enquête est pourtant déjà en cours.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
LA HAYE

Moscou et Téhéran soumettent jeudi au vote devant l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques la proposition de mettre en place une nouvelle équipe chargée d'enquêter sur l'attaque chimique présumée en Syrie début avril, a appris l'AFP de sources proches de l'OIAC.

Un projet de texte, dont l'AFP a pris connaissance, appelle à une investigation «pour établir si des armes chimiques ont été utilisées à Khan Cheikhoun et comment elles ont été livrées sur le site de l'incident présumé», alors qu'une enquête est pourtant déjà en cours.

Cette proposition russo-iranienne demande également aux enquêteurs de se rendre sur la base aérienne de Shayrat, frappée par les États-Unis après l'attaque chimique présumée du 4 avril, pour «vérifier les allégations concernant le stockage d'armes chimiques» à cet endroit.

Cette initiative de Moscou et Téhéran intervient après une annonce de l'OIAC mercredi faisant état de preuves «irréfutables» sur l'utilisation de gaz sarin ou d'une substance similaire lors de l'attaque qui a fait 87 morts, dont 31 enfants.

Analysés par quatre laboratoires désignés de l'OIAC, les prélèvements réalisés sur trois personnes tuées et sept personnes hospitalisées «témoignent d'une exposition au gaz sarin ou à une substance similaire», a déclaré Ahmet Uzumcu, directeur de l'OIAC.

Les Occidentaux ont accusé le régime syrien d'avoir mené le raid aérien qui a frappé cette petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Le président syrien, Bachar al-Assad, a qualifié ces accusations de «fabrication à 100%».

Moscou, proche allié de Bachar al-Assad, continue de tenter d'écarter la mission d'enquête actuelle de l'OIAC, réclamant une nouvelle «investigation approfondie et minutieuse».

Cette requête a mis à jour des tensions au sein du Conseil exécutif de l'OIAC cette semaine à La Haye, où de nombreux États ont exprimé leur soutien à l'équipe existante.

La mission d'enquête actuelle «(mérite) notre confiance», a indiqué lors d'une réunion mercredi le représentant belge auprès de l'OIAC.

«Nous ne voyons pas dès lors la nécessité de mettre en place une nouvelle structure», a-t-il ajouté.

La délégation britannique auprès de l'OIAC a souligné sur Twitter que les débats menés mercredi ont témoigné «une fois encore d'un soutien clair envers la mission d'enquête en cours».

Le projet de texte russo-iranien invite également les États membres à «fournir des experts nationaux pour participer à l'investigation».

Moscou pourrait alors proposer ses propres experts aux côtés des équipes indépendantes de l'OIAC dans une tentative visant à «discréditer les résultats» obtenus jusqu'à présent, a remarqué auprès de l'AFP une source proche des discussions.

Une telle décision irait à l'encontre de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques «étant donné qu'il est du rôle même de l'OIAC de mener indépendamment toute investigation», a-t-elle encore souligné.

Toutefois, il est presque «impossible mathématiquement» que le projet de texte russo-iranien soit adopté jeudi par le Conseil exécutif, ce qui demanderait 28 votes «pour» sur 41 membres.

La Russie a posé la semaine son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité condamnant l'attaque chimique présumée et demandant au gouvernement syrien de coopérer avec une enquête. Il s'agit du huitième veto de Moscou en soutien à son allié.




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