La poursuite des combats en Syrie menace le processus de négociations

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Sur notre photo, un rebelle du groupe Jaich al-islam, un des signataires de la trêve.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Layal Abou Rahal
Agence France-Presse
Beyrouth

La trêve en Syrie apparaissait mardi plus vacillante que jamais avec la persistance des violences et le gel par une dizaine de groupes rebelles de leur participation aux préparatifs de nouvelles négociations de paix.

Sur un autre front de la guerre complexe dans le pays, un raid aérien a visé un siège à Idleb de Fateh al-Cham, tuant 25 membres, dont des chefs de cette ex-branche syrienne d'Al-Qaïda qui est néanmoins exclue de l'accord de cessez-le-feu, selon une ONG.

C'est la Russie, alliée du régime, et la Turquie, soutien des rebelles, qui ont parrainé l'accord ayant permis l'entrée en vigueur le 30 décembre d'une trêve entre insurgés et régime, en vue de la tenue en janvier de négociations à Astana au Kazakhstan.

Depuis, les violences ont cessé dans la plupart des régions, mais les combats ont continué dans la localité rebelle de Wadi Barada, un secteur clé où se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de Damas et ses environs.

L'offensive des troupes du régime à Wadi Barada a poussé des groupes rebelles à geler leur participation aux discussions d'Astana en accusant le régime de «commettre de fréquentes violations, notamment dans les régions de Wadi Barada et de la Ghouta orientale» et de «menacer la vie de centaines de milliers de personnes».

«Ces violations se poursuivant, les factions rebelles annoncent le gel de toute discussion liée aux négociations d'Astana», ont-ils affirmé dans un communiqué lundi soir, en prévenant qu'à moins «d'un retour à la situation antérieure, l'accord (de trêve) sera considéré nul et non avenu».

Parmi les signataires figurent les groupes islamistes Jaich al-islam et Faylaq al-Rahmane, influents à Damas, de même que le groupe Sultan Mourad, appuyé par la Turquie, et Jaich al-Ezza.

«Phase critique»

Mais en soirée l'offensive des prorégime aidés des combattants du Hezbollah libanais se poursuivait à Wadi Barada, à 15 km de Damas, avec une intensification des raids aériens et des largages de barils d'explosifs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le régime de Bachar al-Assad accuse les rebelles de «contaminer au diesel» les réserves d'eau et de couper le réseau d'approvisionnement vers Damas qui connaît de sérieuses pénuries depuis le 22 décembre. Les rebelles affirment que ce sont les bombardements du régime qui ont endommagé ces installations.

De plus, le régime dit que le groupe Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra) est présent à Wadi Barada, ce que nient les rebelles. «Des combattants sont prêts à se rendre, mais Al-Nosra menace de les tuer», a affirmé le gouverneur de la province de Damas, Ala Ibrahim.

Ailleurs dans le pays, et en violation de la trêve, des raids ont visé Khan Cheikhoun dans la province d'Idleb en bonne partie contrôlée par les rebelles, où une femme enceinte a été tuée, et les rebelles ont tiré sur des villages de la province centrale de Hama, selon l'OSDH.

Pour le directeur de cette ONG, Rami Abdel Rahmane, la trêve est désormais dans une «phase critique» et risque de «s'effondrer» totalement si la Russie, désormais en première ligne sur le dossier syrien, et la Turquie n'interviennent pas pour la sauver.

Comme lors des précédentes trêves, qui avaient volé en éclats après quelques jours, les groupes djihadistes Fatah al-Cham et État islamique (EI) en sont exclus.

25 membres de Fateh al-Cham tués

Mais l'alliance de nombreux groupes rebelles avec Fateh al-Cham rend très difficile l'application du cessez-le-feu. Très affaiblis, ces groupes rebelles ne veulent pas se distancier de cette organisation qui reste un pilier dans la bataille contre le régime. Et dans la plupart des régions sous leur contrôle, ils sont alliés à Fateh al-Cham.

Ce groupe, de même que l'EI restent la cible en Syrie notamment des aviations de la coalition internationale dirigée par les États-Unis et de celle de la Russie.

Mardi soir, au moins 25 membres de Fateh al-Cham, dont plusieurs chefs, ont été tués dans un raid visant une réunion au siège du groupe dans la région de Sarmada dans la province d'Idleb, a indiqué l'OSDH sans pouvoir déterminer l'origine de la frappe.

Mais Fateh al-Cham a accusé dans un communiqué la coalition internationale, évoquant «plus de 20 morts» dans le raid.

Déclenché par la répression de manifestations réclamant des réformes, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication des djihadistes et l'intervention des puissances régionales et internationales sur un territoire de plus en plus morcelé.

Aucune des précédentes discussions intersyriennes n'a permis un début de règlement du conflit qui a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés, alors que les négociations d'Astana doivent précéder des pourparlers prévus en février à Genève sous l'égide de l'ONU.




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