Syrie: des rebelles haussent le ton face aux «violations» de la trêve

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Dans un communiqué publié lundi soir, cdes groupes rebelles accusent le régime de Bachar al-Assad de ne pas respecter la cessation des hostilités en vigueur depuis le 30 décembre.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
BEYROUTH

Après avoir tenu quatre jours tant bien que mal, la trêve en Syrie apparaissait mardi plus vacillante que jamais, une partie des rebelles ayant gelé leur participation aux préparatifs des négociations de paix en accusant le régime de violer le cessez-le-feu. Cette décision d'une dizaine de groupes insurgés menace le processus qui doit être lancé fin janvier à Astana sous l'égide de la Russie et de l'Iran, les parrains du régime, et de la Turquie, soutien des rebelles.

Dans un communiqué publié lundi soir, ces groupes rebelles accusent le régime de Bachar al-Assad de ne pas respecter la cessation des hostilités --la énième depuis le début de la guerre il y a près de six ans-- en vigueur depuis le 30 décembre.

«Ces violations se poursuivant, les factions rebelles annoncent (...) le gel de toute discussion liée aux négociations d'Astana», la capitale du Kazakhstan, ont-ils indiqué.

Les insurgés soutiennent avoir «respecté le cessez-le-feu». «Mais le régime et ses alliés (...) ont commis de fréquentes violations (de la trêve), notamment dans les régions de Wadi Barada et de la Ghouta orientale», toutes deux dans la province de Damas, où elles «menacent la vie de centaines de milliers de personnes», selon leur communiqué.

Parmi les signataires de ce texte figurent les groupes rebelles islamistes Jaich al-islam et Faylaq al-Rahmane, influents à Damas, de même que le groupe Sultan Mourad, appuyé par la Turquie, et Jaich al-Ezza, actif dans la province de Hama (centre).

Pénuries d'eau

L'offensive des forces du régime, soutenu par des combattants du mouvement chiite libanais du Hezbollah, se poursuivait mardi sur Wadi Barada, une région tenue par les rebelles à 15 km de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ce secteur est stratégique puisque s'y trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de la capitale et de ses environs.

Selon l'OSDH, les troupes du régime utilisent des hélicoptères et des tirs d'artillerie après avoir avancé lundi jusqu'aux abords d'Aïn al-Figé, une importante source d'eau.

Le gouvernement syrien accuse les rebelles de cibler les infrastructures, notamment en «contaminant au diesel» les réserves d'eau et en coupant le réseau d'approvisionnement vers l'agglomération de Damas.

Les rebelles répondent que ce sont les bombardements qui ont endommagé ces installations, occasionnant ainsi de sérieuses pénuries d'eau pour quatre millions d'habitants depuis le 22 décembre.

Le régime affirme en outre que le groupe Fateh al-Sham (l'ex Front al-Nosra, Al-Qaïda en Syrie) est présent à Wadi Barada, ce que nient les rebelles. Le Fateh al-Sham est exclu de la trêve et des négociations.

«Des combattants montrent qu'ils sont prêts à se rendre, mais al-Nosra menace de les tuer», a affirmé le gouverneur de la province de Damas, Ala Ibrahim, au quotidien al-Watan, proche du pouvoir.

«Phase critique»

L'OSDH a également fait état d'autres violations de la trêve dans le pays, notamment des frappes aériennes sur la ville de Khan Sheikhoun, dans la province d'Idleb en bonne partie contrôlée par les rebelles. Une femme enceinte a été tuée et trois civils blessés.

Des tirs rebelles ont été en outre recensés sur deux villages de la province centrale de Hama.

Pour le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahman, la trêve est désormais dans une «phase critique» et risque de «s'effondrer» totalement si la Russie et la Turquie n'interviennent pas pour la sauver.

Désormais en première ligne sur le dossier syrien, Moscou avait obtenu samedi un soutien mitigé du Conseil de sécurité de l'ONU à son plan de paix.

En pleine transition politique avant la prise de fonctions de Donald Trump, les États-Unis, soutiens de l'opposition au régime Assad, n'ont pas été associés à cette dernière initiative, une première depuis le début de la guerre en mars 2011.

En revanche, c'est la première fois que la Turquie parraine un tel accord, grâce à son rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine, qui veut se poser en faiseur de paix après son intervention militaire au côté de Damas en septembre 2015.

Les négociations d'Astana doivent précéder des pourparlers prévus en février à Genève.

Aucune des précédentes discussions intersyriennes n'a permis un début de règlement d'un conflit qui a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés.




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