Syrie: fin d'une réunion internationale à Lausanne sans avancées concrètes

La rencontre, qui regroupait Moscou, Washington, le Qatar,... (PHOTO Jean-Christophe Bott, AFP)

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La rencontre, qui regroupait Moscou, Washington, le Qatar, la Turquie, l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Égypte, l'Irak et la Jordanie, ainsi que l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, visait à trouver un moyen de faire cesser le carnage en Syrie.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse

Des pourparlers sur la Syrie réunissant Washington, Moscou et les principaux pays de la région impliqués dans le conflit se sont achevés samedi soir à Lausanne sans avancées concrètes, alors que la guerre se poursuivait sans relâche.

Les participants à la réunion, la moitié soutenant le régime de Damas et l'autre la rébellion syrienne, se sont séparés après un peu plus de quatre heures de discussions dans un palace cinq étoiles, et sont convenus de «prolonger les contacts», selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov cité par les agences de presse russes.

«Nous avons dit clairement qu'il faut au plus vite commencer le processus politique», en Syrie, a-t-il ajouté.

Son homologue américain John Kerry a lui indiqué que «des idées nouvelles» avaient été échangées au cours de la réunion. Il a cependant mentionné «la tension» et des «échanges directs mais sans rancoeur».

Les autres participants, Turquie, Qatar, et Arabie Saoudite -soutenant la rébellion-, et Irak, Égypte et Iran, grand allié du régime de Damas, n'ont pas fait de déclarations.

Cette réunion d'un format nouveau -les Européens n'avaient pas été conviés -, avait été précédée d'un tête-à-tête entre John Kerry et Sergueï Lavrov, qui ne s'étaient pas revus depuis le début de l'offensive russo-syrienne lancée il y a trois semaines sur Alep (nord).

Cette ville stratégique, dont la chute aux mains du régime syrien constituerait un véritable tournant dans la guerre, est soumise depuis le 22 septembre à un déluge de feu par les forces loyalistes et leur allié russe.

Les quartiers Est d'Alep, sous contrôle rebelle, ont d'ailleurs de nouveau été la cible de raids intensifs samedi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Sur un autre front, des combattants de l'opposition syrienne soutenus par la Turquie  progressaient samedi vers la ville de Dabiq située entre Alep et la frontière turque, pour la reprendre aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI), a annoncé le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La Turquie a lancé le 24 août une offensive sans précédent en Syrie, baptisée «Bouclier de l'Euphrate», pour chasser de s frontière les djihadistes de l'EI mais aussi les rebelles kurdes syriens des Unités de protection du peuple kurde, les YPG.

De réunions en réunions

Avant même le début de la rencontre en Suisse, les participants n'avaient pas caché que les attentes étaient faibles.

La réunion de Lausanne s'est tenue en effet dans un contexte extrêmement tendu entre Moscou et les Occidentaux, qui accusent la Russie de «crimes de guerre» à Alep.

Moscou et Washington ont discuté pendant près d'un an sur la Syrie, multiplié les réunions, et ont impulsé en 2016 deux accords de cessez-le-feu qui n'ont guère duré plus de quelques jours, au mieux quelques semaines.

Mais ces accords se sont fracassés sur les intérêts divergents à l'oeuvre dans ce conflit extrêmement complexe, où sont impliqués une dizaine de pays, qui s'affrontent par alliés interposés sur le terrain.

Depuis que le dernier cessez-le-feu a volé en éclats fin septembre, l'offensive russo-syrienne contre la partie rebelle d'Alep, où vivent 250.000 habitants, a tué plus de 370 personnes, essentiellement des civils, selon l'OSDH.

Le régime de Damas et son allié russe affirment bombarder Alep pour éliminer les «terroristes».

Moscou a proposé il y a deux jours une sortie sécurisée pour les rebelles. L'ONU de son côté a proposé un plan visant à faire sortir d'Alep les combattants de Fatah al-Cham (ex-Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda), estimés à moins d'un millier.

Mais l'opposition et ses soutiens craignent que sous couvert d'évacuer les combattants, le régime et son allié russe ne visent en fait une reddition forcée d'Alep.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra dimanche à Londres où est prévue une réunion ministérielle des pays «affinitaires», c'est à dire uniquement les soutiens de la rébellion, notamment les Européens.

La liste définitive des participants n'a pas été encore publiée, mais le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a confirmé qu'il faisait le déplacement de Londres.

Depuis mars 2011, le conflit en Syrie a provoqué la mort de plus de 300.000 personnes et fait des millions de déplacés et de réfugiés.

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