Syrie: le régime prêt à rencontrer l'opposition à Moscou

Des civils viennent en aide à un jeune... (PHOTO BASSAM KHABIEH, REUTERS)

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Des civils viennent en aide à un jeune homme blessé lors d'une frappe aérienne, le 27 décembre à Damas.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
DAMAS

Le régime de Damas a annoncé samedi qu'il était prêt à rencontrer l'opposition à Moscou pour tenter de trouver une issue à la guerre en Syrie, où plus de 300 civils sont morts de pénuries cette année.

Dans le Nord syrien, le groupe extrémiste État islamique (EI) a perdu du terrain à Kobané, la petite ville kurde qu'il tente de conquérir depuis plus de trois mois, en raison notamment des frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis.

À Damas, les Affaires étrangères ont affirmé que «la Syrie [était] prête à participer à une rencontre préliminaire et consultative à Moscou pour répondre aux aspirations des Syriens qui sont celles de trouver une issue à la crise».

La réunion «viserait à se mettre d'accord sur la tenue d'une conférence de dialogue entre Syriens sans ingérence étrangère», selon un communiqué reproduit par l'agence officielle Sana.

Jeudi dernier, la diplomatie russe avait affirmé que Moscou, principal allié du régime de Bachar al-Assad, comptait accueillir vers le 20 janvier une réunion de l'opposition syrienne.

Selon Moscou, il s'agirait d'abord d'une «rencontre informelle» entre «opposition interne et externe» afin de «générer des idées» permettant d'aboutir à un règlement du conflit syrien qui a fait près de 200 000 morts.

En cas de succès, des représentants du gouvernement syrien seront invités» dans la foulée à Moscou pour «échanger des avis» avec les opposants et pour qu'un dialogue soit lancé entre belligérants.

Dialogue entre opposants 

Des opposants syriens, dont certains «tolérés» par le régime du président Bachar al-Assad, vont se réunir au Caire vers la mi-janvier afin de s'accorder sur une «vision commune» pour mettre fin à la guerre, selon des sources au sein de l'opposition.

Dans la capitale égyptienne, le chef de la Coalition de l'opposition syrienne, Hadi al-Bahra a d'ailleurs annoncé samedi que sa formation en exil a «entamé un dialogue avec d'autres composantes de l'opposition», en allusion à celle de l'intérieur.

«Des réunions bilatérales se tiennent actuellement au Caire et ailleurs et [...] toutes les composantes de l'opposition sont ouvertes à ce processus», a-t-il précisé devant la presse.

L'opposition voudrait «parvenir à un plan unique qui sera adopté dans toute négociation de paix pour la Syrie dans l'avenir», a indiqué M. Bahra.

Il a toutefois exprimé des réserves, estimant que «Moscou n'a pas d'initiative claire» et qu'il «s'agit juste d'une invitation à se réunir et à dialoguer.

L'opposition de l'intérieur n'avait pas pris part aux premiers pourparlers organisés en début de l'année à Genève et qui s'étaient soldés par un échec.

La Coalition en exil a perdu beaucoup de son influence en raison de l'affaiblissement de la rébellion sur le terrain au profit du régime et surtout des djihadistes comme l'EI.

Revers de l'EI à Kobané 

Mais face aux frappes de la coalition internationale, ce groupe extrémiste qui contrôle de larges pans de territoires en Syrie et Irak a dû se retirer de plusieurs secteurs de Kobané, ville kurde à la frontière avec la Turquie.

Ainsi, «les forces kurdes contrôlent désormais plus de 60 % de la ville», selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Un militant kurde de Kobané, Mustefa Ebdi, a affirmé à l'AFP que les forces kurdes «ont avancé sur toute la ligne de front au cours de la dernière semaine».

La montée en puissance de ce groupe a changé la donne dans le conflit syrien qui avait commencé par des manifestations pacifiques contre le régime avant d'être réprimées dans le sang et de dégénérer en guerre sanglante.

Hormis les morts dans les bombardements, les combats et les exécutions, plus de 300 civils, dont 101 enfants, ont péri en 2014 en raison du manque d'aliments et de médicaments dans les régions assiégées par le régime, selon l'OSDH.

Les sièges sont particulièrement impitoyables dans la Ghouta orientale, près de Damas, où au moins 11 personnes, dont sept enfants, ont péri dans des raids de l'armée, notamment dans la ville rebelle de Douma.

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