Égypte: Morsi accusé d'avoir transmis des informations de sécurité à l'Iran

M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte... (Photo Maya Alleruzzo, AP)

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M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte en juin 2012 et destitué par l'armée un an plus tard, est actuellement poursuivi dans trois affaires.

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L'Égypte sous tension
L'Égypte sous tension

Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Agence France-Presse
LE CAIRE

La justice égyptienne a détaillé dimanche les charges pesant contre le président destitué Mohamed Morsi dans son procès pour «espionnage», l'accusant notamment d'avoir communiqué aux Gardiens de la révolution, l'armée d'élite iranienne, des informations en vue de déstabiliser l'Égypte.

L'audience de dimanche, la deuxième dans ce procès ouvert le 16 février, intervient sur fond de répression sanglante des partisans du chef d'État islamiste destitué en juillet par l'armée et depuis poursuivi dans quatre affaires.

Le Parquet accuse M. Morsi et ses 35 coaccusés, dont des dirigeants de sa confrérie des Frères musulmans déclarée «terroriste», d'avoir comploté notamment avec le mouvement islamiste palestinien Hamas et la République islamique d'Iran, pour déstabiliser l'Égypte. Ils encourent la peine de mort.

M. Morsi et plusieurs de ses coaccusés sont accusés d'avoir «fourni à un pays étranger (...) des informations classées secret-défense», selon les procureurs qui n'ont pas spécifié quel était ce pays. En outre, ils ont «donné aux Gardiens de la révolution des rapports sur la sécurité afin de déstabiliser la sécurité et la stabilité du pays».

Les accusés doivent répondre d'activités d'espionnage de 2005 à août 2013 en faveur de «l'organisation internationale des Frères musulmans et du Hamas en vue de mener des attaques terroristes dans le pays pour y semer le chaos et renverser l'État».

Durant l'année de présidence de M. Morsi, seul président jamais élu démocratiquement d'Égypte, Le Caire avait resserré ses liens avec le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza voisine et affilié aux Frères musulmans. Mais depuis juillet, le pouvoir dirigé de facto par l'armée accuse le Hamas d'avoir soutenu M. Morsi et sa confrérie et mené des attaques terroristes en Égypte.

La majorité des 36 hommes sont également accusés d'avoir fait entrer et sortir d'Égypte des groupes armés en janvier 2011 pour qu'ils attaquent l'armée et la police afin de favoriser l'évasion de prisonniers à la faveur de la révolte populaire qui renversa le président Hosni Moubarak.

Les co-accusés de M. Morsi présents dans le box grillagé des accusés, dont le Guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie et plusieurs dirigeants de la confrérie, tels Khairat al-Chater et Mohamed al-Beltagui, ont rejeté les accusations aux cris de «Faux! Faux!», a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Morsi, lui, était installé seul dans un box adjacent, isolé phoniquement par une paroi en verre. C'est désormais le cas à chaque fois qu'il est présenté à une cour après qu'il s'est lancé dans de longues tirades au début de son premier procès, se réclamant inlassablement le «seul président légitime d'Égypte».

Dimanche, le procès a été ajourné au 27 février, un avocat de la défense ayant réclamé le retrait des juges.

Dans trois autres procès, M. Morsi et des responsables de son gouvernement ou des Frères musulmans sont accusés d'avoir incité au meurtre de manifestants lorsqu'ils étaient au pouvoir, de s'être évadés de prison en 2011 avec la complicité présumée du Hamas et du Hezbollah libanais, et d'outrage à magistrat. Les deux premiers procès ont débuté, mais les audiences sont à chaque fois ajournées au bout de quelques heures.




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