Syrie: le Front djihadiste Al-Nosra adhère à Al-Qaïda

Des membres de l'Armée syrienne libre jouent au... (Photo Khalil Ashawi, REUTERS)

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Des membres de l'Armée syrienne libre jouent au soccer dans la ville de Deir al-Zor.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
DAMAS

Le Front djihadiste Al-Nosra, en première ligne dans le combat contre le régime syrien, a annoncé mercredi qu'il prêtait allégeance au chef d'Al-Qaïda mais a décliné le parrainage de la branche irakienne du réseau extrémiste.

À Londres, le premier ministre rebelle syrien Ghassan Hitto, reçu par plusieurs ministres des Affaires étrangères de pays du G8 dont l'Américain John Kerry, devrait renouveler la demande de l'opposition d'obtenir des armes pour faire tomber le régime de Bachar al-Assad.

Agacé par l'annonce faite la veille par les djihadistes irakiens de créer un État islamique d'Irak et du Levant englobant Al-Nosra, le chef du groupe Abou Mohammed al-Joulani a jugé que cette déclaration était prématurée et pouvait même nuire aux relations d'Al-Nosra avec les autres factions qui combattent le régime de Bachar al-Assad.

«Nous, le Front Al-Nosra, prêtons allégeance à cheikh Ayman al-Zawahiri (...)», a-t-il dit dans un message audio, diffusé sur des forums djihadistes. Mais, il s'est démarqué de l'annonce de parrainage faite par la branche irakienne du réseau mardi.

«Nous informons que ni le commandement d'Al-Nosra, ni sa choura (conseil consultatif), ni son responsable général n'étaient au courant de cette annonce. Elle leur est parvenue via les médias et si le discours attribué est authentique, nous n'avons pas été consultés», assure son chef.

Pour lui, l'annonce spectaculaire des djihadistes irakiens n'était pas appropriée. «Nous avions reporté l'annonce d'adhésion (à Al-Qaïda) en raison de la particularité de la Syrie», dit-il en soutenant que ce report avait été décidé en concertation avec d'autres factions islamistes.

Mardi, le chef de l'État islamique d'Irak (ISI) Abou Bakr al-Baghdadi avait créé la surprise en annonçant qu'il était «temps de proclamer aux Levantins et au monde entier que le Front Al-Nosra est en réalité une branche de l'État islamique d'Irak».

Les deux groupes, avait-il ajouté, seront désormais fédérés sous l'appellation État islamique en Irak et au Levant. L'État islamique d'Irak chapeaute, sous la houlette d'Al-Qaïda, différents groupes djihadistes.

Tout en reconnaissant l'appui militant et financier apporté par Al-Qaïda en Irak qui «a approuvé le projet proposé par Al-Nosra pour venir au secours de nos frères opprimés en Syrie et nous a donné une partie de l'argent de l'État islamique d'Irak», Joulani estime que cette déclaration risque de semer le trouble dans les rangs de la rébellion.

«Le Front Al-Nosra restera fidèle à son image. Nous ne voulions pas précipiter les choses avec l'annonce d'un État islamique car dans les régions libérées, se réalisent déjà la charia, la résolution des conflits, l'aspiration à la sécurité entre musulmans. Le fait d'annoncer cela n'était pas nécessaire», souligne-t-il

«En tout cas, l'État islamique en Syrie sera construit par tout le monde, sans exclusion d'aucune partie ayant participé au djihad et au combat en Syrie», a-t-il martelé.

L'AFP a pu constater à Alep qu'un tribunal islamique régit désormais la vie des quartiers rebelles. Mariage, héritage, contrats commerciaux, tout passe maintenant par cette instance gérée par des juges et des avocats passés à la rébellion et placés sous le patronage du Front islamique.

Un haut représentant de l'administration américaine a affirmé mercredi que les États-Unis réfléchissaient à la façon d'accroître leur soutien à l'opposition syrienne, John Kerry et ses homologues du G8 devaient rencontrer dans la journée l'opposition syrienne à Londres.

Il s'agit d'«arriver à mettre en place un gouvernement de transition qui soit le reflet des aspirations légitimes du peuple» syrien, a souligné ce responsable.

La violence ne connaît pas de répit. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), mardi, 162 personnes sont mortes, dont 23 civils, 81 rebelles et 58 soldats.

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