Mission canadienne en Libye: une facture de 60 millions depuis six mois

Le premier ministre Stephen Harper, que l'on voit... (Photo: PC)

Agrandir

Le premier ministre Stephen Harper, que l'on voit ici lors d'une visite d'installations canadiennes en Italie, compte prolonger de trois mois la mission en Libye.

Photo: PC

(Ottawa) L'effort de guerre du Canada en Libye au cours des six derniers mois a coûté 60 millions de dollars aux contribuables canadiens. Cette facture continuera d'augmenter puisque le gouvernement Harper compte prolonger de trois mois la participation du Canada à la mission militaire de l'OTAN.

Le leader du gouvernement en Chambre, le ministre Peter Van Loan, déposera aujourd'hui à la Chambre des communes une motion visant à prolonger la mission des troupes canadiennes au-delà du 30 septembre. Cette motion sera débattue et mise aux voix cette semaine. Les conservateurs n'auront aucune difficulté à la faire adopter étant donné qu'ils sont majoritaires aux Communes.

La mission du Canada a été prolongée une première fois en juin, avec l'accord presque unanime des députés au Parlement. Toutefois, le NPD, qui forme l'opposition officielle, s'oppose à une nouvelle prolongation.

Le premier ministre Stephen Harper n'a laissé aucun doute sur les intentions de son gouvernement, la semaine dernière, durant son passage à New York où il a participé aux délibérations des Nations unies. Selon lui, la chute du régime de Mouammar Kadhafi ne constitue pas la fin du travail. Il faut assurer une transition civilisée et seule la présence des forces de l'OTAN peut en assurer le bon déroulement.

«Nous participerons à cette mission jusqu'à ce que les menaces armées des forces de Kadhafi soient éliminées de ce pays, a déclaré Stephen Harper la semaine dernière. Nous demanderons un prolongement de trois mois au Parlement, mais je serai franc avec vous: j'estime avec optimisme que nous atteindrons nos objectifs bien avant la fin de ce délai.»

Le Canada a déployé dans la région, depuis mars dernier, 650 militaires, sept avions de chasse CF-18, deux ravitailleurs, une frégate et des aéronefs de patrouille maritime.

Avec la France et la Grande-Bretagne, le Canada a joué un rôle important pour soutenir le Conseil national de transition et protéger les civils contre Kadhafi. Ce dernier a perdu le pouvoir en août, mais n'a pas encore été capturé. On ignore toujours à quel endroit il se terre et s'il se trouve toujours en Libye.

Les 60 millions de dollars déboursés jusqu'ici ont notamment servi à payer les allocations des troupes déployées, les munitions utilisées, la location d'équipement, les communications satellites, les frais de logement, la nourriture et le transport, les coûts de fonctionnement des navires, et des pièces de rechange, a indiqué à La Presse Laura McIntyre, des Forces canadiennes.

Le Canada a également fourni une aide humanitaire de 10,6 millions à la Libye, débloqué la totalité des 2,3 milliards de dollars en avoirs du régime Kadhafi qui avaient été gelés au pays pour les remettre au CNT. Le Canada a aussi été l'un des premiers pays à rouvrir son ambassade à Tripoli dans des locaux temporaires.

Un porte-parole du premier ministre, Carl Vallée, a soutenu que le Canada avait le devoir de participer à cette mission.

«Le prix de l'inaction aurait été beaucoup plus élevé. Le Canada appuie le Conseil national de transition dans sa progression vers une société stable, inclusive et paisible, fondée sur la liberté, la démocratie, la primauté du droit et le respect des droits de la personne. Le premier ministre a été très clair dans son discours à l'ONU. Nous irons jusqu'au bout de la mission de l'OTAN», a dit M. Vallée.

- Avec William Leclerc

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer