Témoignage bouleversant du père de la plus jeune victime

Bill Richard, à droite, dont la femme a... (Photo Jane Flavell Collins, AP)

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Bill Richard, à droite, dont la femme a perdu un oeil et la fille de 6 ans une jambe dans les attentats, s'est exprimé lentement, cherchant parfois ses mots pour raconter le carnage qui a détruit sa famille.

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Attentats de Boston

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
BOSTON

Bill Richard «a juste su» que le garçon de 8 ans «n'avait aucune chance» de survivre aux blessures causées par les attentats de Boston. L'enfant était son fils. Il a raconté son calvaire jeudi, lors du procès de l'unique accusé.

M. Richard a été le dernier à témoigner, au deuxième jour du procès de Djokhar Tsarnaev, 21 ans, qui risque la peine de mort pour ces attentats qui avaient fait 3 morts et 264 blessés le 15 avril 2013.

Bill Richard, dont la femme a perdu un oeil et la fille de 6 ans une jambe dans les attentats, s'est exprimé lentement, cherchant parfois ses mots pour raconter le carnage qui a détruit sa famille.

Le père du petit Martin - la plus jeune victime des attentats - a raconté comment lui, sa femme et leurs trois enfants étaient venus soutenir leurs professeurs de sport qui couraient le marathon.

La famille profitait de cette «belle journée» et s'était arrêtée pour manger une glace. Elle avait choisi par hasard l'endroit où ils se trouvaient près de la ligne d'arrivée, pour que les enfants puissent bien voir les coureurs.

«Il y avait beaucoup de monde, c'était très animé», a dit M. Richard. Jusqu'à la première «énorme explosion». Puis la deuxième quelques secondes plus tard.

Bill Richard est projeté sur la route, brûlé, blessé par des éclats, mais vivant, ainsi que son fils aîné Henry, qui souffre de blessures superficielles. Jane, 6 ans, est grièvement blessée. Pour Martin, il n'y a déjà plus rien à faire.

«J'ai vu un petit garçon au corps si grièvement atteint, j'ai juste su, en le voyant, qu'il n'avait aucune chance», a raconté son père. «La couleur de sa peau, et tout...»

«Je savais dans ma tête qu'il fallait que j'agisse vite, sans quoi nous n'allions pas seulement perdre Martin, mais aussi Jane», a-t-il dit.

«Affreuse odeur» 

Il explique à sa femme en pleurs qu'il doit partir à l'hôpital avec leurs deux autres enfants. «C'est à ce moment que j'ai vu mon fils, encore vivant, faiblement, pour la dernière fois».

Bill Richard a ensuite raconté l'hôpital, le regard d'horreur des médecins. «C'était comme une scène de film».

La petite Jane sera amputée en dessous du genou. «J'ai arrêté de compter, mais je pense qu'ils ont retiré plus de 20 éclats de bombes de son corps», a raconté son père.

Sa femme Denise est évacuée vers un autre hôpital, opérée en urgence d'un oeil.

Bill Richard se souvient ensuite d'être rentré chez lui pour collecter quelques vêtements, et prendre une douche pour essayer de se débarrasser de «l'affreuse odeur» des attentats. Et «mettre en perspective» l'horreur de ce qui venait d'arriver à sa famille.

Dans les bancs du public du tribunal, une victime amputée sanglotait en l'écoutant, deux femmes du jury avaient la main devant la bouche, étreintes par l'horreur.

Djokhar Tsarnaev, assis à quelques mètres, en veste marron et chemise à col ouvert, n'a jamais eu un regard pour lui.

La journée de jeudi au tribunal fédéral a été entièrement consacrée aux témoignages de victimes.

Dans la matinée, un double amputé des jambes a raconté comme il avait vu un homme en noir déposer un sac à dos près de la ligne d'arrivée du marathon.

«J'ai pensé que c'était bizarre», a dit Jeffrey Bauman. «Deux secondes plus tard, j'ai vu un éclair, ai entendu trois ''boums'' et me suis retrouvé à terre.»

Jeudi, il était en short au tribunal, en dépit de la neige, ses prothèses bien visibles, expliquant qu'il avait encore du mal à porter des pantalons sur ses genoux mécaniques.

Peu après l'explosion, il découvre ses jambes déchiquetées. «Je pouvais voir mes os, ma chair qui sortaient», a-t-il témoigné. À terre, il entend la seconde explosion: «J'ai pensé ''nous sommes attaqués''.»

Depuis son lit d'hôpital, il décrira l'homme au FBI, d'abord par notes, parce qu'il ne peut pas parler.

Il travaille ensuite avec le FBI à un portrait-robot et quand il voit à la télévision l'un des deux suspects filmés par une caméra de surveillance, il n'a aucun doute.

«Je disais ''c'est le gamin que j'ai vu, c'est lui''», se souvient-il.

Le procès de Tsarnaev doit durer jusqu'en juin.

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