Terrorisme: haine et censure sur Twitter

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Attentats à Paris

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Quelle est la politique de censure de Twitter à l'endroit des caricatures de Mahomet et des tweets prodjihadistes?

C'est la question que se sont posée des utilisateurs du site de microblogage au cours des dernières heures, alors que Twitter publiait hier matin la photo du mot-clic géant #JesuisCharlie sur un des murs de son siège social de San Francisco.

D'un côté, l'entreprise américaine exprime sa solidarité avec les victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, mais de l'autre, elle tolère des tweets haineux et ferait disparaître les caricatures de Mahomet?

En effet, depuis hier, on peut lire les mots-clics #JeSuisKouachi et #JeSuisCoulibaly en soutien aux auteurs des assassinats perpétrés depuis mercredi à Paris.

Plusieurs personnes, dont l'auteure Djemila Benhabib, ont interpellé Twitter. «Qu'attend Twitter pour bloquer: #JeSuisKouachi alors qu'il le fait pour d'autres comptes? S'exprimer, ce n'est pas faire l'apologie du crime.»

Quelle est la politique de Twitter dans ces cas-là? Comment expliquer son silence? À 18h hier, le cabinet responsable des relations publiques de Twitter au Canada n'était toujours pas en mesure de répondre aux questions posées le matin par La Presse.

En France, selon le quotidien Le Monde, des internautes auraient rapporté plus de 3700 messages proattentat dans les réseaux sociaux depuis mercredi.

Or non seulement la loi française interdit-elle de faire publiquement l'apologie d'actes terroristes sous peine d'une amende de 75 000 euros (105 000 $CAN) et de cinq ans d'emprisonnement, mais elle punit encore plus sévèrement ceux qui relaient ce genre de messages dans les réseaux sociaux: sept ans de prison et 100 000 euros (140 000 $CAN) d'amende.

Autre question que La Presse aurait aimé élucider avec Twitter: pourquoi certaines caricatures de Mahomet affichées par des utilisateurs ont-elles disparu?

C'est le cas, entre autres, du chroniqueur vin du Journal de Montréal Claude Langlois, qui écrivait hier sur Twitter que les caricatures qu'il avait twittées avaient été effacées «parce qu'elles avaient été dénoncées comme offensantes». Impossible d'obtenir des explications de la part de Twitter.

Un mot-clic puissant

Entre-temps, le mot-clic de la semaine, #JeSuisCharlie, a été utilisé cinq millions de fois, selon Twitter France, ce qui en fait l'un des plus populaires de l'histoire du réseau social. À titre de comparaison, le mot-clic #Ferguson aurait été utilisé environ 18 millions de fois et #BringBackOurGirls, plus de cinq millions de fois.

D'autres mots-clics, moins utilisés, ont tout de même marqué la semaine, comme #JeSuisAhmed, en mémoire du policier Ahmed Merabet, abattu mercredi alors qu'il patrouillait dans les environs des bureaux de Charlie Hebdo.

On a aussi vu #JenesuispasCharlie, utilisé par ceux qui tenaient absolument à préciser qu'ils se dissociaient de la manière Charlie Hebdo.

De son côté, le président de Facebook, Mark Zuckerberg, a publié un mot sur sa page hier, rappelant qu'il avait été lui aussi la cible de menaces il y a quelques années. Un extrémiste pakistanais avait menacé de mort M. Zuckerberg parce qu'il avait refusé de retirer du contenu sur le prophète Mahomet jugé «offensant» par l'individu. «Facebook a toujours été un lieu où les gens du monde entier partagent leurs points de vue, a écrit le président du populaire réseau social. Nous suivons les lois de chaque pays mais nous ne laisserons jamais un État ou un groupe de personnes imposer ce que les internautes peuvent partager.»

«Je repense aux attaques d'hier [mercredi] et à ma propre expérience avec l'extrémisme, ajoute-t-il, et voici ce que nous devons refuser: un groupe d'extrémistes qui tente de taire les voix et les opinions de tous les autres à travers le monde.»

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