Fayçal Cheffou, seul inculpé des attentats de Bruxelles, libéré

Fayçal Cheffou apparaît dans une vidéo postée mi-2014 sur l'internet... (IMAGE AFP/YOUTUBE)

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Fayçal Cheffou apparaît dans une vidéo postée mi-2014 sur l'internet et intitulée «Les musulmans privés de nourriture dans une prison pour réfugiés».

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David COURBET
Agence France-Presse
BRUXELLES

Journaliste militant et personnage sulfureux, Fayçal Cheffou a été pris à tort pour le troisième poseur de bombes de l'aéroport de Bruxelles, ce qui lui a valu quatre jours de détention.

Arrêté jeudi, inculpé notamment pour «assassinats terroristes» et écroué, cet homme de 30 ans a été libéré lundi sans conditions - même s'il reste formellement mis en examen le temps que la procédure suive son cours.

«Les indices qui avaient entraîné l'arrestation du nommé Fayçal C. n'ont pas été confortés par l'évolution de l'instruction en cours», a annoncé le parquet fédéral belge. Plus explicite, une source proche de l'enquête a confirmé à l'AFP que «les enquêteurs ont établi que ce n'est pas "l'homme au chapeau"».

Depuis les attentats du 22 mars, les enquêteurs travaillaient en effet sur cette «hypothèse». Le chauffeur de taxi qui avait déposé les trois poseurs de bombe à l'aéroport de Bruxelles,au petit matin avait cru reconnaitre en Fayçal Cheffou l'homme repéré par la vidéosurveillance à côté des deux kamikazes.

Chapeau sombre, veste claire sur une chemise bleu ciel et grosses lunettes de vue, ce suspect recherché depuis les tueries apparaît sur la droite de la photo qui a fait le tour du monde, en train de pousser son bagage sur un chariot. Il a «déposé un grand sac» qui contenait «la charge explosive la plus importante» (qui n'a pas fonctionné), puis a quitté les lieux avant que ses deux complices ne se fassent exploser, selon les enquêteurs. La police a rapidement émis un avis de recherche avec sa photo.

Cheffou, 30 ans, a peut-être aussi été victime d'un profil sulfureux. Celui qui se présente comme «journaliste indépendant» apparaît dans une vidéo postée mi-2014 sur l'internet, intitulée «Les musulmans privés de nourriture dans une prison pour réfugiés».



Il y intervient, micro en main, cheveux rasés et barbe finement taillée, devant un centre de rétention pour migrants, pour accuser l'administration de servir des repas en dehors des horaires permettant aux musulmans de manger pendant le ramadan.

«Ces personnes là, à partir de 22 h, se retrouvent sans nourriture, complètement oubliées du reste du monde (...) Je trouve cela totalement irrespectueux des droits humains», commente-t-il, «perturbé par les cris» émis depuis le centre.

«Il voyait le mal partout»

Celui qui était jusqu'ici perçu comme étant le principal suspect encore vivant des attentats les plus meurtriers depuis 1945 dans le royaume habite dans un quartier paisible à un jet de pierre des institutions européennes.

Ses voisins le décrivent comme quelqu'un de «très gentil» et «discret». À l'entrée de son immeuble Art nouveau figure bien son nom sur la sonnette, écrit à la main. Mais personne ne répond.

Cheffou, 30 ans, se présente comme «journaliste indépendant». 

Vinz Kanté, animateur de Fun Radio en Belgique, a travaillé avec lui en 2008 dans une station bruxelloise. Il se souvient d'un homme «passionné», «intelligent», «à l'écoute des gens». «Il aimait la presse, la télévision, les médias», a-t-il expliqué à la station RTL.

Mais l'ex-collègue décrit aussi un Cheffou qui, progressivement, se met à soutenir des thèses de plus en plus conspirationnistes trouvées sur l'internet. «Il voyait le mal partout», explique Vinz Kanté, qui a fini par prendre ses distances.

En 2015, Fayçal Cheffou commence d'ailleurs à attirer l'attention des autorités. À Bruxelles, des élus l'accusent de tenter de recruter des candidats au djihad dans un parc bruxellois qui accueillait des demandeurs d'asile.

Le considérant «dangereux», le bourgmestre de Bruxelles Yves Mayeur l'aurait signalé aux autorités judiciaires à plusieurs reprises avant de prendre, en septembre, selon le quotidien Le Soir, un arrêté lui interdisant l'accès à ce parc.

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