Identifier les kamikazes, premier acte d'une longue enquête

Selon des témoins, un ou des kamikazes ont... (PHOTO PATRICK KOVARIK, AFP)

Agrandir

Selon des témoins, un ou des kamikazes ont crié en français, ce qui laisserait également penser qu'un ou plusieurs d'entre eux serait d'expression française.

PHOTO PATRICK KOVARIK, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Attaques à Paris
Attaques à Paris

Une série d'attentats à la ceinture explosive et à l'arme automatique a fait au moins 129 morts, vendredi 13 novembre 2015, à Paris. Il s'agit d'un carnage sans précédent, qualifié d'«acte de guerre» par le président François Hollande. La série d'attaques a été perpétrée par trois équipes de terroristes coordonnées. En tout, sept terroristes ont été retrouvés morts. »

Andréa BAMBINO, Rémy BELLON
Agence France-Presse
PARIS

Qui sont les assaillants, leurs éventuels complices et commanditaires? L'enquête, qui s'annonce longue, devra déterminer comment des kamikazes - un mode opératoire pour la première fois employé en France - ont pu se coordonner pour commettre un tel carnage dans Paris au nom du groupe État islamique (EI) vendredi soir.

QUI SONT LES KAMIKAZES?

La «piste syrienne» est l'une des hypothèses de travail des enquêteurs, ont souligné les sources policières, précisant que des vérifications étaient effectuées en lien avec des services de renseignement étrangers, notamment européens.

Un passeport syrien a été retrouvé près de l'un des auteurs des attaques, ce qui pose clairement la question d'un éventuel séjour en zone de jihad des membres du commando et leur entraînement. D'ores et déjà, une source policière évoque «des types aguerris à première vue et parfaitement entraînés, que les témoins décrivent comme assez jeunes et sûrs d'eux».

Le corps d'un Français connu des services de renseignement, très probablement l'un des assaillants du Bataclan a été identifié samedi.

Selon des témoins, un ou des kamikazes ont crié en français, ce qui laisserait également penser qu'un ou plusieurs d'entre eux serait d'expression française.

Les restes des corps des kamikazes qui se sont faits exploser boulevard Voltaire, au Bataclan et au Stade de France, devaient être ramenés à l'Institut médico-légal (IML), la morgue de Paris. Les enquêteurs espèrent que des traces ADN ou des empreintes exploitables coïncideront avec un fichier d'auteurs d'infractions.

Selon des sources policières, des témoins évoquent des assaillants venus dans une voiture immatriculée en Belgique, ce qui laisse ouverte l'hypothèse d'une équipe venue de l'étranger, sans exclure la présence de locaux. Une piste hors des frontières renforcée par l'arrestation le 5 novembre en Bavière d'un homme en possession d'armes automatiques et d'explosifs, qui pourrait être lié aux attentats, selon le ministre-président de cette région allemande.

SUR LA TRACE D'HOMMES DE MAIN ET DE COMMANDITAIRES

La coordination des attaques - explosions au Stade de France lors d'un match international, fusillades à Paris - laisse peu de doute : le projet a été conçu et préparé pour frapper les esprits et semer l'effroi. Ces attaques constituent une rupture par rapport aux précédents attentats ayant visé la France, en particulier Charlie Hebdo en janvier : dans leur mode opératoire (des kamikazes), leurs objectifs (viser indistinctement des Français, et non un groupe particulier - des caricaturistes, des juifs... -), et leur échelle (attaques simultanées en plusieurs endroits).

En août, un Français arrêté à son retour de Syrie, où il avait séjourné quelques jours à Raqqa, fief du groupe EI, avait évoqué des instructions pour viser une salle de concert.

Remonter le fil de soutiens logistiques puis de commanditaires dépendra des traces laissées par les kamikazes. La présence de ceintures explosives est aussi inédite et laisse supposer la présence d'un artificier. «Le spécialiste en explosif est trop précieux, il ne participe jamais aux attaques. Donc il est là, quelque part...», pense l'ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE (service d'espionnage français) Claude Chouet, contacté par l'AFP.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer