Secours aux migrants: la Libye menace de saisir des bateaux d'ONG

Les gardes-côtes libyens tentent d'accroître leur contrôle au... (PHOTO AFP)

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Les gardes-côtes libyens tentent d'accroître leur contrôle au large de leurs côtes, en collaboration avec leurs homologues italiens, après des années de laisser-aller.

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Agence France-Presse
Tripoli

La marine libyenne a menacé de «saisir» les bateaux d'ONG naviguant près de ses eaux pour secourir des migrants sans autorisation préalable, après un incident qui l'a opposé à une ONG allemande.

«Cette fois-ci nous avons évité l'escalade. Dans le futur, nous allons saisir les bateaux de ces ONG qui ne respectent pas la souveraineté libyenne», a mis en garde le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine libyenne.

M. Kacem a rappelé l'annonce en août de la création au large de la Libye d'une zone dite de recherche et de sauvetage (SAR), que la marine libyenne interdit sauf autorisation aux navires étrangers, en particulier à ceux des ONG humanitaires.

Mercredi matin, les gardes-côtes libyens ont abordé le navire de l'ONG allemande Mission Lifeline, qui venait de secourir 52 personnes pour sa première opération dans cette zone.

«Vous n'êtes pas les bienvenus ici», a hurlé un garde-côte selon des images filmées par l'ONG, où l'on entend un coup de feu probablement tiré en l'air.

«Ils nous ont menacés en nous demandant de leur remettre les personnes, ce que nous avons refusé», a expliqué le président de l'ONG, Axel Steier. «C'est un réel acte de piraterie car ils sont montés sur notre bateau sans aucune autorisation».

Tout en fustigeant de nouveau les «campagnes de dénigrement conduites par les ONG contre la marine libyenne», le général Kacem affirme que le bateau a tenté de fuir avec un garde-côtes libyen à son bord.

«Notre patrouille a tiré en l'air pour obliger le bateau de l'ONG à s'arrêter», a-t-il ajouté.

«Ces ONG doivent respecter notre autorité et notre souveraineté. Notre patience est à bout», a-t-il encore soutenu.

Les gardes-côtes libyens tentent d'accroître leur contrôle au large de leurs côtes, en collaboration avec leurs homologues italiens, après des années de laisser-aller.

La marine italienne a annoncé mercredi avoir collaboré à des opérations de sauvetage de migrants menées dans les eaux internationales par la marine libyenne.

Pour les migrants secourus, la différence est de taille selon qui les secoure: les opérations coordonnées depuis la Libye les raccompagnent dans ce pays où beaucoup sont soumis à un nouveau cycle de violences, tandis que celles coordonnées depuis Rome les conduisent en Italie.

Mercredi matin, un navire des gardes-côtes libyens a pris la responsabilité des secours de deux embarcations chargées de migrants à 20 milles nautiques au nord-est de Tripoli, et demandé l'appui du Doria, un destroyer italien qui patrouillait dans la zone et qui leur a fourni des gilets de sauvetage, a indiqué la marine italienne dans un communiqué.

Selon la marine italienne, il s'agit de l'un des premiers exemples du soutien technique apporté par les navires militaires italiens autorisés depuis août à pénétrer dans les eaux libyennes.

L'opération avait eu lieu «dans la zone de responsabilité récemment déclarée par la Libye», selon le communiqué.

Interrogée pour savoir si cela revenait à une reconnaissance par l'Italie de cette zone, la marine n'a pas donné de réponse dans l'immédiat.

Si les départs de migrants depuis la Libye ont fortement baissé depuis juillet, ils restent encore fréquents: mardi, les gardes-côtes italiens ont coordonné le secours de plus de 1100 migrants désormais attendus en Italie.

Cette année, plus de 103 600 migrants sont arrivés en Italie, soit 20% de moins que l'an dernier sur la même période, selon le ministère italien de l'Intérieur.

Toujours en 2017, 16 567 autres migrants ont été secourus ou interceptés par les gardes-côtes libyens, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui fait état de 2470 morts ou disparus en Méditerranée durant la même période.




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