La frontière gréco-macédonienne fermée aux Afghans

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Dans le camp de transit d'Idomeni, environ 200 Afghans étaient bloqués dimanche.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
Idomeni

Les migrants afghans en route pour le nord de l'Europe n'étaient plus autorisés dimanche à entrer en Macédoine, au poste frontière d'Idomeni au nord de la Grèce, a-t-on appris auprès de sources officielles grecques.

«Nous avons été prévenus ce matin que les autorités macédoniennes ne laisseraient plus passer les Afghans», a affirmé une source policière à l'AFP. Les Macédoniens ont invoqué pour justifier cette décision une décision de la Serbie de barrer elle aussi la route à ces ressortissants, a ajouté cette source.

Une source gouvernementale grecque a indiqué que Skopje n'avait pas notifié Athènes officiellement de cette décision. «La Grèce condamne toute action unilatérale» sur la gestion de la crise migratoire, a-t-elle rappelé.

«Dans l'immédiat, et jusqu'à ce que la situation s'éclaircisse», la police grecque va empêcher les Afghans arrivés sur les îles puis transférés au Pirée de gagner Idomeni, afin d'éviter qu'ils y soient bloqués, a-t-elle affirmé.

Dans le camp de transit d'Idomeni, environ 200 Afghans étaient bloqués dimanche, selon Alexandre Voulgaris, représentant du Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU.

«Les Irakiens et Syriens passent et pas nous, pourquoi?», s'indignait parmi eux Sayed Wahab Sadat, un mécanicien de 26 originaire de la région de Takhar dans le nord de l'Afghanistan. «Je veux aller en Allemagne pour travailler et vivre en sécurité, chez moi ma vie est en danger».

«Nous resterons ici tant que nécessaire», affirmait un compatriote, Edriss, 30 ans, qui veut trouver refuge en Allemagne. Mais «provisoirement», le temps que «la sécurité revienne en Afghanistan», précisait-il.

Côté macédonien, une représentante de l'ONG LEGIS, Jasmin Rexhepi, a affirmé à l'AFP que les Afghans avaient été arrêtés car 700 d'entre eux étaient déjà bloqués dans le nord du pays, la Serbie leur ayant fermé sa frontière.

«La Serbie n'a fermé ses frontières ni avec la Macédoine, ni avec la Bulgarie ou tout autre pays», a défendu Aleksandar Vulin, le ministre serbe en charge des migrations.

Mais il a mis un bémol: le passage sur le territoire serbe se fait «en accord avec les règles mises en place par l'Autriche et la Slovénie. La Serbie ne décide pas de qui peut passer sur son territoire, et comment, sans consulter les États en amont sur la route migratoire».

Or l'Autriche contingente depuis vendredi l'entrée des demandeurs d'asile, de quoi provoquer un effet domino sur les pays en aval, Slovénie, Croatie et Serbie.

À Sid, près de la frontière serbo-croate, quelque 200 migrants ont entamé un sit-in sur la route, après avoir été empêchés de passer par la police, selon la télé publique serbe RTS.

Selon M. Voulgaris, les garde-frontières macédoniens réclamaient aux Syriens et Irakiens qu'ils produisent des documents d'identité en plus du laissez-passer délivré par les Grecs dans les hotspots des îles, après une première identification et un enregistrement.

Une quinzaine de Kurdes Irakiens ont été refoulés faute de tels papiers.

La Macédoine avait mis en place en novembre un filtrage de l'exode par nationalités, ne laissant plus passer qu'Afghans, Syriens et Irakiens, car venant de zone de conflits.

Les Afghans ne font toutefois pas partie des nationalités (Syriens, Irakiens et Érythréens) jugées par les 28 éligibles à une répartition au sein de l'UE.

Face aux partisans du repli de l'UE, emmenés par le groupe Visegrad (Pologne, République Tchèque, Hongrie et Slovaquie) la Grèce bataille depuis des semaines pour éviter une fermeture de sa frontière nord aux réfugiés transitant par son territoire.

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