Contrôles frontaliers: Bruxelles envisage «toutes les éventualités»

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Outre l'Allemagne, les pays de l'UE membres de Schengen qui pratiquent actuellement des contrôles à leurs frontières sont l'Autriche, la France, le Danemark et la Suède.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
Bruxelles

La Commission européenne s'est dite prête mardi à «toutes les éventualités» après que les États membres de l'UE ont demandé de pouvoir prolonger jusqu'à deux ans les contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen, pour tenter de maîtriser les flux migratoires.

«Ce que la Commission fait et s'est déjà engagée à faire, c'est d'être prête à toutes les éventualités», a indiqué mardi devant la presse une porte-parole de l'exécutif européen, qui «examine toutes les options» disponibles dans la législation sur les frontières.

Face aux flux migratoires qui continuent d'ébranler l'UE, les ministres européens de l'Intérieur ont demandé lundi à la Commission d'activer une procédure qui leur donnerait la possibilité d'étendre jusqu'à deux ans les rétablissements de contrôles aux frontières intérieures de Schengen, où la libre-circulation sans entrave est habituellement la règle.

En temps normal, les rétablissements de ces contrôles sont limités à six mois, un plafond qui contraindrait par exemple l'Allemagne à mettre fin d'ici fin mai à ceux qu'elle a instaurés.

Mais une procédure exceptionnelle existe dans le Code Schengen (article 26) pour prolonger cette possibilité quand de «graves lacunes» sont constatées aux frontières extérieures de l'UE, mettant en péril l'existence de l'espace Schengen.

Pour l'activer, les États membres ont besoin d'une proposition formelle de la Commission européenne en ce sens, laquelle doit se fonder sur un «rapport d'évaluation» de la situation à la frontière visée.

Comme cette procédure prend plusieurs mois, les États membres ont demandé lundi à l'exécutif européen de prendre d'ores et déjà ses dispositions, dans l'éventualité où la situation ne s'améliorerait pas à la frontière gréco-turque, principale porte d'entrée des migrants dans l'UE.

La Commission examine «les options qui pourraient être disponibles en vertu de l'article 26, si nous devions l'utiliser», a précisé mardi sa porte-parole.

«Nous savons que les flux migratoires ne vont pas diminuer bientôt et que, comme la météo change, ils sont même susceptibles d'augmenter à nouveau», a-t-elle ajouté.

Donc «nous voulons préparer toutes les éventualités, mais nous ne sommes pas au stade de l'activation» de l'article 26, a-t-elle insisté.

«On ne parle ni suspension de Schengen ni de l'exclusion d'un membre. Faut appliquer règles et renforcer frontières extérieures», a réaffirmé mardi soir sur Twitter le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, chargé des Migrations.

La Grèce sur la sellette 

La Grèce, dont la perméabilité de la frontière maritime avec la Turquie est pointée du doigt par d'autres États membres, fait l'objet de pressions accrues pour assurer un meilleur contrôle de cette frontière extérieure de l'Union.

Mais un verrouillage des frontières intérieures européennes mettrait la Grèce dans «une position difficile» sans résoudre le casse-tête migratoire qui se pose à l'Europe, a estimé mardi le ministre grec de la Politique migratoire, Yannis Mouzalas.

«Il y a au sein de nos partenaires une tendance à commencer à justifier la fermeture des frontières qui est inquiétante, ce serait un échec total de l'Europe», a déclaré M. Mouzalas à l'AFP.

Outre l'Allemagne, les pays de l'UE membres de Schengen qui pratiquent actuellement des contrôles à leurs frontières sont l'Autriche, la France, le Danemark et la Suède.

La République Tchèque, qui assure la présidence tournante du groupe de Visegrad (V4), a invité mardi ses autres membres, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, à tenir un sommet sur la crise migratoire le 15 février à Prague.

Ces quatre pays sont catégoriquement opposés au système de répartition de réfugiés proposé par la Commission européenne.

Ils demandent avec insistance un renforcement des contrôles aux frontières de la zone Schengen et d'autres mesures pour réduire l'afflux de migrants.

Enfin, la Commission européenne n'a pas caché mardi son irritation face aux «difficultés» rencontrées par les États membres de l'UE pour renvoyer vers leur pays des ressortissants pakistanais expulsés, menaçant Islamabad de prendre des mesures face à cette situation.

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