Plus de 700 000 migrants ont traversé la Méditerranée en 2015

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Depuis le début du mois d'octobre, ils sont plus de 160 000 à être arrivés sur les îles grecques depuis la Turquie, dont 99 000 sur l'île de Lesbos (photo).

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Bojan KAVCIC, Cédric SIMON
Agence France-Presse
LJUBLJANA, STRASBOURG

La crise migratoire qui a vu 700 000 migrants et réfugiés arriver en Europe via la Méditerranée depuis janvier va s'aggraver, a prévenu mardi le président du Conseil européen Donald Tusk, mettant à l'épreuve la coopération, déjà délicate, entre les pays de l'UE.

Signe de cette préoccupation, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont mis la question migratoire au programme d'un entretien bilatéral, également consacré à la Syrie, mardi à Paris.

Les deux dirigeants «ont exactement les mêmes positions sur la question des réfugiés, sur ce qui doit être fait sur le plan politique et sur les moyens nécessaires pour les pays en première ligne», a-t-on indiqué dans l'entourage de François Hollande.

Cette année, 705  200 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée, selon les dernières données du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR): 562 355 personnes ont rejoint la Grèce et 140 000 l'Italie. En Grèce, les Syriens représentent 64% des arrivées.

Et «la situation va encore se détériorer», a averti Donald Tusk lors d'un débat devant le Parlement européen de Strasbourg, évoquant «la nouvelle vague de réfugiés venant d'Alep et des régions des bombardements russes en Syrie», qui ont provoqué le déplacement «de plus de 100 000» personnes.

La crise migratoire pourrait «provoquer un séisme dans le paysage politique européen» en remettant en cause le principe de libre circulation, a-t-il lancé.

Même les relations traditionnellement sans nuage entre Autriche et Bavière voisine s'en ressentent: le dirigeant du puissant État régional allemand, Horst Seehofer, a accusé les autorités autrichiennes d'envoyer des milliers de réfugiés vers l'Allemagne sans avertir au préalable sa région. La police autrichienne a rejeté ces accusations, estimant que c'est la Bavière qui filtre de manière excessive les entrées.

Au début de la route migratoire, en Grèce, «le nombre des arrivées continue d'être élevé», «malgré la détérioration des conditions météorologiques», observe l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Depuis le début du mois d'octobre, ils sont plus de 160 000 à être arrivés sur les îles grecques depuis la Turquie, dont 99 000 sur l'île de Lesbos.

En Italie, 7230 migrants sont arrivés en octobre, contre plus de 15 000 pour la même période l'an dernier. Selon l'OIM, les Syriens ne passent plus par l'Italie pour rejoindre l'Europe, mais par la Turquie et la Grèce.

«Pas à la hauteur»

Ces hommes, femmes et enfants poursuivent ensuite leur périple vers le nord de l'UE le long de la route des Balkans de l'ouest, où Macédoine, Serbie, Croatie, Slovénie, Autriche peinent à organiser leur passage dans de bonnes conditions.

«Nous devons faire mieux parce que nous risquons de ne pas être à la hauteur», a insisté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors du débat devant le Parlement européen, soulignant la lenteur de la mise en oeuvre du plan de répartition de l'accueil de réfugiés dans l'UE.

Il a fait miroiter une certaine clémence de Bruxelles, en cas de dérapage budgétaire, aux pays devant faire un effort financier «extraordinaire».

Des bus et des trains circulent jour et nuit à travers les Balkans pour acheminer les migrants d'une frontière à l'autre où de longues heures d'attente dans le froid sont nécessaires avant d'être enregistré et de pouvoir continuer le voyage.

Un record journalier de 11 500 personnes étaient entrées en Croatie samedi; elles ont été environ 7000 lundi.

La Slovénie a vu transiter plus de 86 000 personnes depuis que la Hongrie a fermé une seconde frontière, avec la Croatie, il y a dix jours, et quelque 14 000 migrants étaient pris en charge dans les structures d'accueil du petit pays mardi.

Le ministre slovène des Affaires étrangères Karl Erjavec a prévenu que «si la situation empire et si le plan d'action de Bruxelles n'est pas mis en oeuvre, la Slovénie a plusieurs scénarios prêts», dont «l'installation d'une clôture gardée».

Le plan adopté lors du mini-sommet européen de dimanche prévoit la création de 100 000 places d'hébergement en Grèce et dans les Balkans ainsi qu'une meilleure coordination entre les pays situés sur la route des Balkans.

En l'état, Slovénie et Croatie semblent communiquer davantage: pour la première fois, un train devait transférer mardi un groupe de migrants entre les deux pays où cheminaient depuis des jours sur les routes de campagne et dans les champs de longues colonnes de candidats à l'asile, encadrés par les forces de l'ordre.

En Suède, l'un des pays d'Europe qui attire le plus de réfugiés et qui prévoit entre 140.000 et 190.000 demandes d'asile cette année, des migrants refusent depuis deux jours de descendre d'un bus de l'agence des migrations au motif que la localité qui les accueille est trop isolée et qu'il y fait très froid, certains exigeant même de retourner en Allemagne.

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