Présidentielle en Équateur: résultats du 1er tour d'ici jeudi

Le président sortant Rafael Correa félicite son ancien... (AFP)

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Le président sortant Rafael Correa félicite son ancien vice-président et potentiel successeur Lenin Moreno après l'annonce des sondages à la sortie des bureaux de vote, le 19 février à Quito.

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Florence PANOUSSIAN
Agence France-Presse
QUITO

L'attente des résultats du premier tour de l'élection présidentielle suscitait l'impatience lundi en Équateur, le candidat du parti au pouvoir tablant sur sa possible victoire dès le premier tour, alors que son principal adversaire de droite espérait un second tour pouvant lui permettre de succéder au président sortant Rafael Correa.

Le socialiste Lenin Moreno était en tête des résultats partiels du scrutin de dimanche, mais pourrait devoir affronter le 2 avril un second tour incertain face à l'ex-banquier de droite Guillermo Lasso.

L'issue définitive du premier tour, désormais attendue d'ici jeudi, apparaît déterminante pour la gauche latino-américaine, affaiblie par les virages conservateurs de l'Argentine, du Brésil et du Pérou.

Le charismatique, mais controversé Rafael Correa, qui ne se représentait pas après dix ans au pouvoir, va laisser ce petit pays andin modernisé, avec des inégalités sociales réduites, mais en proie à la crise économique.

Son ancien vice-président Lenin Moreno, candidat d'Alliance Pays (AP), détenait 39,13 % des voix face à Guillermo Lasso, du mouvement conservateur Créant des opportunités (Creo), crédité de 28,31 %, selon des résultats portant sur 88,9 % des suffrages exprimés, publiés lundi vers 14 h 30 sur le site du Conseil national électoral (CNE).

Pour l'emporter dès le premier tour, le candidat d'AP doit totaliser au moins 40 % des voix, avec dix points d'avance sur le leader de la droite.

Report de voix incertain

Un éventuel second tour semble risqué pour M. Moreno. Son adversaire peut bénéficier d'un report de voix. L'ex-députée de droite Cynthia Viteri, arrivée troisième avec 16,30 % selon les derniers résultats partiels, a déjà appelé à voter pour M. Lasso.

« Nous sommes au second tour. [...] Le 2 avril, ce sera la grande victoire du changement », a lancé l'ex-banquier de 61 ans lors d'une conférence de presse lundi à Guayaquil (sud-ouest).

« Je crois que nous allons arriver aux 40 % » nécessaires pour l'emporter au premier tour », a en revanche assuré à Quito le candidat socialiste, qui aura 64 ans en mars.

« Nous avons déjà les 10 points de différence avec Lasso et cela continue à augmenter », a tweeté le président Correa, chantre d'un « Socialisme du XXIe siècle », héritier du leadership latino-américain voulu par le défunt président vénézuélien Hugo Chavez et pourfendeur des États-Unis.

Quelque 12,8 millions d'électeurs devaient voter dimanche, sous peine d'amende, pour désigner le prochain chef de l'État parmi huit candidats, ainsi que le vice-président et 137 députés.

Partisans de droite tendus

Exigeant des résultats transparents, des centaines de partisans de M. Lasso étaient à nouveau rassemblés lundi devant le Conseil national électoral (CNE), dont le président Juan Pablo Pozo a cependant écarté toute fraude. « Nous espérons que dans trois jours à partir d'aujourd'hui (lundi) le processus du binôme présidentiel soit totalement terminé », a-t-il déclaré, en référence au tandem président/vice-président.

Avec cette élection se joue aussi le sort de Julian Assange, réfugié depuis 2012 à l'ambassade équatorienne à Londres, sous le coup d'une demande d'extradition en Suède pour un viol présumé, qu'il nie. « Nous allons réviser l'asile » accordé au fondateur de WikiLeaks, a réaffirmé lundi M. Lasso, interrogé par l'AFP, ajoutant que « l'ambassade d'Équateur n'est pas un hôtel ».

Les résultats très partiels des législatives ne permettaient pas de savoir si AP conservait sa majorité des deux tiers à l'Assemblée, même si le parti arrivait en tête.

« Le grand électeur a été la crise économique », a déclaré à l'AFP l'analyste Alberto Acosta-Burneo, du consultant Spurrier, selon lequel lors de ses réélections au premier tour en 2009 et 2013 M. « Correa a obtenu plus de 50 % grâce à la manne » pétrolière de l'époque.

L'Équateur a vu depuis son économie affectée par la chute du brut et la hausse du billet vert.

Le prochain président doit prendre ses fonctions le 24 mai.




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