La Jamaïque et Haïti se préparent au puissant ouragan Matthew

La Jamaïque comme la côte sud de Haïti... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

La Jamaïque comme la côte sud de Haïti sont en alerte ouragan et devraient être touchées dans les 48 heures par des forts vents et d'importantes précipitations.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Leila MACOR
Agence France-Presse
MIAMI

L'ouragan Matthew, en mouvement dans les Caraïbes et d'une très forte puissance, menace de toucher la Jamaïque et Haïti dimanche et lundi puis Cuba, selon le centre américain de surveillance des ouragans (NHC).

L'ouragan, qui a atteint la catégorie 5 dans la nuit de vendredi à samedi (le dernier échelon de l'échelle Saffir-Simpson), est redescendu en catégorie 4 dans la matinée de samedi et continuait à se diriger vers la Jamaïque et Haïti.

> Consultez le site du Centre américain de surveillance des ouragans

Samedi après-midi, il se trouvait à 615 kilomètres au sud de Port-au-Prince et 645 kilomètres au sud-est de Kingston et se déplaçait à 4 km/h avec des vents de 220 km/h et des bourrasques encore plus violentes, a indiqué le NHC.La Jamaïque comme la côte sud de Haïti sont en alerte ouragan et devraient être touchées dans les 48 heures par de forts vents et d'importantes précipitations.

La Jamaïque devrait être frappée de plein fouet si l'on en croit les projections actuelles du centre de surveillance basé à Miami, avec des vents de plus de 200 km/h.

La Colombie, dont la péninsule de Guajira se trouvait à plus de 240 km de Matthew, a été épargnée. Selon le directeur de l'Unité nationale pour la gestion du risque de catastrophes, Carlos Ivan Marquez, l'ouragan n'a fait aucune victime.

«Pas une blague»

«Ce n'est pas une blague», a déclaré le ministre jamaïcain des collectivités locales, Desmond McKenzie, à des journalistes, enjoignant les habitants à prendre la menace au sérieux. «Une partie importante de la population ne croit toujours pas à l'arrivée de ce système», a-t-il dit, selon le quotidien Jamaica Gleaner. M. McKenzie a encouragé la population à faire des provisions et se protéger.

«Il n'y a pas de place pour l'improvisation alors que nous devons affronter l'un des plus graves désastres naturels que nous ayons connus depuis longtemps», a-t-il ajouté.

De longues files se sont formées depuis vendredi après-midi devant les supermarchés, les magasins de bricolage et les stations-service, rapporte un correspondant de l'AFP.

Les autorités s'attendent à une tempête d'une violence équivalente à celle de Gilbert, qui avait frappé la Jamaïque le 12 septembre 1988 et fait 40 morts et des dégâts énormes.

Le ministre a aussi annoncé le déblocage de 350 millions de dollars jamaïcains (2,8 millions USD) pour nettoyer d'urgence canalisations et fossés.

Mais après plusieurs alertes à l'ouragan, qui au final n'ont produit que de la pluie, les habitants de l'île se méfient.

Michael Franklin, un chauffeur de taxi à Montego Bay explique: «Je suis fatigué de jeter mon argent par les fenêtres pour acheter de la nourriture, de l'essence, de calfeutrer ma maison et en fin de compte tout ce qu'on a c'est un peu de pluie».

Le dernier ouragan de catégorie 5 dans l'Atlantique avait été Felix qui, en septembre 2007, avait fait quelque 150 morts et des milliers de sinistrés.

Après la Jamaïque et Haïti, le centre américain s'attend à ce que l'ouragan touche lundi soir ou mardi matin la côte sud est de Cuba. «Il est trop tôt pour exclure un impact potentiel en Floride», a indiqué le NHC.

Tous ces pays s'attendent à des pluies torrentielles et des inondations et le NHC a mis en garde contre des glissements de terrain.

Au large de la côte sud d'Haïti, 89 personnes dont 14 enfants ont été évacuées tôt samedi matin de l'îlot Abreu vers l'île à Vache voisine.

Les autorités accélèrent par ailleurs le déploiement de médicaments et de kits d'hygiène dans les zones les plus à risques.

La protection civile haïtienne a déclaré que «dans le grand sud (regroupant 3 des 10 départements du pays), 576 abris provisoires sont disponibles et pourront accueillir jusqu'à 88 252 personnes pour une durée d'au moins 3 jours».

Au centre d'opérations d'urgence national, l'heure est encore à l'inventaire des moyens matériels et humains disponibles et des faiblesses se font déjà ressentir: seuls 30 sapeurs pompiers sont actifs pour l'ensemble du territoire.

La mission onusienne Minustah présente dans le pays s'apprête à déployer ses effectifs en renfort et une équipe d'évaluation de la catastrophe et de coordination (UNDAC) va arriver dimanche en Haïti pour immédiatement se déployer dans le sud.

Si les consignes d'urgence commencent à être diffusées à travers les médias et réseaux sociaux, aucun signe de préparation n'est encore visible dans la capitale Port-au-Prince.

La saison des ouragans dans l'Atlantique s'étend chaque année en principe du 1er juin au 30 novembre, mais le premier ouragan de 2016, baptisé Alex, s'était formé en janvier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer