L'Équateur augmente les impôts pour régler la facture du séisme

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Le président Rafael Correa, visiblement bouleversé par la catastrophe, est allé à la rencontre des résidants de la ville de Canoa après le séisme dévastateur, le 18 avril.

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Santiago PIEDRA SILVA
Agence France-Presse
MANTA, Équateur

Le gouvernement équatorien espère récupérer, à travers de fortes hausses d'impôts, un milliard de dollars sur les trois que devrait selon lui coûter le séisme dévastateur qui a fait près de 600 morts depuis samedi.

Une réplique de magnitude 6 a été enregistrée jeudi à 3 h 30 GMT (23 h 30 mercredi, heure de Montréal) près des côtes de l'Équateur, selon l'Institut géophysique américain (USGS), au moment où le pays luttait contre les conséquences du récent séisme qui a fait près de 600 morts.

D'autres répliques ont été ressenties jeudi soir, notamment une de 6,1 et une de 6, devant les côtes de Jama (province de Manabi), selon l'Institut géophysique d'Équateur (IG).

«La reconstruction sera longue, mais ensemble nous surmonterons cette tragédie», a assuré pour sa part jeudi le président Rafael Correa, après avoir annoncé la veille une mesure drastique pour financer l'après-séisme: la hausse de deux points de la TVA, qui passera à 14 % pendant un an.

Le dernier bilan officiel jeudi a fait état de 587 morts, dont 29 étrangers, 5733 blessés et plus de 20 000 déplacés.

Il s'agit du pire tremblement de terre en Amérique latine depuis celui survenu en Haïti en 2010.

Pour les secouristes fouillant dans les décombres, dans une odeur de décomposition de plus en plus insupportable, l'espoir de retrouver des survivants semblait mince, jeudi en fin de journée, cinq jours après la secousse initiale.

En dévastant la côte pacifique, dont des zones touristiques, le séisme d'une magnitude de 7,8 devrait coûter à l'Équateur trois milliards de dollars, soit «deux ou trois points de PIB» (produit intérieur brut) selon Rafael Correa.

Coup sévère à l'économie

Dans une économie souffrant déjà de la chute des cours du pétrole et ayant stagné en 2015 (+0,1 %), le président socialiste a appelé les habitants à mettre la main au porte-monnaie.

Outre la hausse temporaire de la TVA, les salariés verseront une contribution sur salaire obligatoire, modulée en fonction de leurs ressources, tandis que ceux dont le patrimoine dépasse un million de dollars devront verser une somme équivalant à 0,9 % de leurs biens.

Rafael Correa a également annoncé la vente d'actifs de l'État «pour surmonter ce moment difficile», sans toutefois préciser lesquels.

Au total, «nous espérons récupérer un milliard de dollars maximum», a expliqué jeudi, en conférence de presse, le directeur du Service des rentes internes (SRI), Leonardo Orlando.

Le secteur touristique, appelé à devenir une activité phare de l'Équateur pour compenser la chute des revenus pétroliers, pourrait souffrir durablement du séisme.

«Ce qui nous inquiète, c'est l'après. Comment reconstruire et comment faire pour que les gens puissent conserver leurs emplois et que ceci ne se transforme pas en une crise sociale?», se demandait jeudi José Ochoa, président de la Fédération hôtelière d'Équateur, interrogé par l'AFP.

«Plus de 40 (hôtels) sont détruits, mais beaucoup d'autres ont été touchés au niveau de la structure», a-t-il ajouté.

Peu d'espoir de survivants

Sur le terrain, les proches de disparus désespéraient jeudi de les retrouver vivants, malgré les efforts de plus de 900 secouristes, pompiers, médecins et spécialistes de 20 pays, dont la Colombie, le Chili, le Mexique, le Venezuela et l'Espagne.

«Là, il n'y a plus de survivant», constatait, amèrement, Andrea Figueroa, de l'ONG mexicaine Cadena, en montrant les décombres d'une quincaillerie à Manta, l'une des villes les plus touchées.

Depuis lundi, elle n'a cessé de fouiller les débris avec son équipe, ainsi qu'un chien et un scanneur servant à repérer les signes de vie.

Dans le quartier Tarqui, entièrement détruit, les opérations de sauvetage sont terminées, a indiqué le chef des pompiers de Quito, Ever Arroyo, venu en renfort. «Actuellement, nous nous trouvons avec des cadavres en état de putréfaction», a-t-il expliqué.

Ayant tout perdu, les rescapés faisaient la queue pour obtenir de l'eau, des aliments ou des produits d'hygiène, grâce aux dons de la population.

«Mais il n'y a pas beaucoup d'arrivages», selon une habitante, Carmen Correa.

Dans le village de Tasaste, près de Pedernales, épicentre du séisme, le prêtre Ivan Onofre assurait jeudi la distribution de vivres aux sinistrés, avec l'appui de militaires.

«Avec les séismes, les gens sont nerveux, perdus, ils s'attendent au pire», a-t-il raconté, les plus de 500 répliques survenues depuis samedi contribuant à l'inquiétude ambiante.

Rafael Correa a appelé mercredi à la création d'une autorité sud-américaine chargée des catastrophes naturelles.

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