Brésil : Rousseff qualifie la procédure de destitution de «coup d'État»

La présidente du Brésil Dilma Rousseff s'exprimait lors d'une... (Photo Ueslei Marcelino, Reuters)

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La présidente du Brésil Dilma Rousseff s'exprimait lors d'une cérémonie avec des fonctionnaires du secteur de la santé qui s'est transformée en acte politique.

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Agence France-Presse
BRASILIA

La présidente de gauche du Brésil, Dilma Rousseff, a qualifié vendredi de « coup d'État » la procédure de destitution lancée contre elle au parlement mercredi soir, pour maquillage des comptes publics.

« Nous devons défendre la démocratie du coup d'État », a affirmé vendredi la chef de l'État qui est la cible de cette procédure enclenchée il y a deux jours par le président ultraconservateur de la Chambre des députés, Eduardo Cunha.

La présidente s'exprimait lors d'une cérémonie avec des fonctionnaires du secteur de la santé qui s'est transformée en acte politique.

« Non au coup d'État! » et « Dehors Cunha! » scandaient les fonctionnaires.

« La procédure d'impeachment n'a aucun fondement. Je vais défendre mon mandat avec tous les instruments prévus dans notre État démocratique de droit », a-t-elle souligné.

La chef de l'État n'a pas été impliquée directement dans des affaires de corruption mais un groupe de juristes a demandé qu'elle soit soumise à un processus de destitution pour avoir autorisé des dépenses publiques supplémentaires sans le feu vert préalable du Parlement.

La demande a été acceptée par M. Cunha, farouche adversaire de la présidente, qui fait lui-même l'objet d'une enquête pour corruption dans le cadre du scandale au sein du géant public pétrolier, Petrobras.

Inquiète du manque de marge de manoeuvre pour gouverner le pays plongé dans une crise économique et politique, Mme Rousseff veut accélérer la procédure.

« La présidente veut que cela aille vite. Sa hâte découle de sa préoccupation pour le gouvernement et le pays afin qu'il poursuive son développement », a déclaré son chef de cabinet Jacques Wagner jeudi soir.

Ministres et députés du parti présidentiel ainsi que l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) se sont mobilisés pour accélérer le processus qui pourrait s'étendre sur plusieurs mois et paralyser un peu plus le pays en pleine récession économique, alors que la présidente est au plus bas dans les sondages.

« Nous devons résoudre cela le plus vite possible », a déclaré Lula qui, comme les parlementaires de la coalition gouvernementale, veut suspendre les vacances d'été (austral) du parlement du 22 décembre au 1er février.

Le gouvernement pense pouvoir obtenir facilement les 172 voix (sur 513 députés) nécessaires pour empêcher que la procédure soit acceptée en séance plénière au Congrès ce qui obligerait Rousseff à abandonner ses fonctions.

L'opposition veut faire traîner les choses pour fragiliser la présidente, pariant sur la mauvaise passe de l'économie qui la rend de plus en plus impopulaire.

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