Le pape boucle son périple sud-américain

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La main tendue aux pauvres et aux oubliés du système a été la grande constante de ce voyage papal en Équateur, Bolivie et au Paraguay.

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Kelly VELASQUEZ, Paula BUSTAMANTE
Agence France-Presse
ASUNCION

Le chef de l'Église catholique a achevé dimanche un périple d'une semaine en Amérique du Sud, demandant tour à tour pardon pour les blessures de la colonisation et appelant les décideurs à construire une économie sans exclusion.

Avant de s'envoler vers Rome, le souverain pontife de 78 ans a encore eu une journée chargée à Asuncion dimanche: une visite dans un quartier miséreux, une grande messe en plein air et une rencontre avec des jeunes.

Pour la messe dominicale célébrée au parc Nu Guazu, près d'Asuncion, un million de fidèles étaient venus voir, écouter et prier avec François, le deuxième pape à se rendre au Paraguay après Jean Paul II en 1988.

Lors de l'homélie, François a engagé les fidèles «à passer de la logique d'égoïsme, de fermeture, de lutte, de division, de supériorité à une logique de vie, de gratuité, d'amour».

Des cantiques en latin et en guarani, la langue amérindienne parlée par 80% des Paraguayens, ont retenti.

Des dizaines de milliers de personnes avaient dormi dans le parc pour s'assurer un espace sur la pelouse, près de l'autel gigantesque et coloré, décoré de 32 000 épis de maïs, noix de coco et citrouilles.

Avant la messe, le pape argentin s'était rendu dans un quartier déshérité d'Asuncion, Banado Norte, où les paysans sans terre déplacés sont nombreux.

Là, François a salué «la lutte» pour la terre dans un pays où 1% de la population possède 77% des terres agricoles. Cet engagement «ne vous a pas enlevé la solidarité, bien au contraire, a-t-il fait remarquer, il l'a stimulée, il l'a faite grandir».

Une porte-parole du quartier de 33 000 habitants, régulièrement inondé, a dénoncé le mépris de l'État pour les pauvres et demandé au pape de relayer leurs aspirations. «Il faut régulariser la propriété de la terre», a notamment plaidé Maria Garcia.

Les jeunes et l'espoir 

En Équateur, en Bolivie et au Paraguay, le pape jésuite s'est exprimé pour une meilleure répartition des terres et des richesses.

Comme dans le reste de l'Amérique latine, la demande de redistribution des terres cultivables est restée lettre morte.

Avec ses sept millions d'habitants, le Paraguay a affiché une croissance économique de 14,5% en 2013 et de 4,5% l'an dernier, mais 40% de la population vit toujours dans la pauvreté. Il est devenu ces dernières années le 4e exportateur mondial de soja, derrière le Brésil, les États-Unis et l'Argentine.

Jovial et enclin à embrasser enfants, malades et personnes âgées, le pape a patiemment pris la pose pour des photos avec les habitants de Banado Norte.

François a également frappé à la porte de la maison de Carmen Sanchez, 50 ans. «Je ne savais pas quoi lui dire», confie-t-elle. Concédant qu'elle lui avait préparé la spécialité locale, un pain de maïs, du fromage et un oeuf, mais qu'avec toute cette émotion, «j'ai oublié de lui offrir».

«J'espère seulement qu'après la visite du pape, le gouvernement fera quelque chose pour nous prêter assistance», a souligné une habitante du quartier, Silvia Sanchez, après avoir écouté le discours de samedi de François, appelant les décideurs à agir contre la pauvreté.

Le pape a consacré son dernier message à la jeunesse paraguayenne qu'il est allé rencontrer sur la Costanera du centre d'Asuncion, une promenade qui borde le fleuve Parana.

Aux milliers de jeunes, il a dit de s'engager avec passion, de se faire entendre et de faire preuve de solidarité.

«Nous avons besoin de jeunes avec de l'espoir, et forts d'esprit, pas des jeunes couillons qui ne savent pas si oui, ou si non», a lancé le pape.

Sur le chemin de l'aéroport, en raison d'un mouvement de foule imprévu, le pape a dû renoncer à se recueillir devant le centre commercial Ycua Bolanos, où plus de 400 personnes ont péri dans les flammes, en 2004.

La main tendue aux pauvres et aux oubliés du système a été la grande constante de ce voyage papal en Équateur, Bolivie et au Paraguay.

Affublé du titre de «pape révolutionnaire» par la presse, François a fustigé samedi «les idéologies qui se terminent toujours en dictature».

Baptisé «le pape des pauvres» par le président bolivien Evo Morales, le pape argentin de 78 ans a enchaîné près d'une dizaine de vols et prononcé une vingtaine de messes ou discours entre Quito et Asuncion.

Ce deuxième déplacement en Amérique du Sud, après les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) au Brésil en 2013, sera suivi cette année d'un autre en Amérique latine, à Cuba, pour célébrer le dégel des relations entre l'île communiste et les États-Unis.

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