Mexique: le siège régional du parti au pouvoir incendié

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Les manifestations de colère se succèdent au Mexique, depuis l'annonce vendredi que les 43 étudiants disparus en septembre ont probablement été massacrés par des membres du crime organisé.

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Agence France-Presse
Chilpancingo

Des manifestants ont incendié mardi le siège du parti gouvernemental dans l'État de Guerrero, dans le sud du Mexique, et retenu plusieurs heures un chef de la police, au cours de nouvelles protestations après l'annonce du probable massacre de 43 étudiants.

L'incendie partiel du siège du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Enrique Peña Nieto, a été provoqué par des jets de cocktails Molotov pendant une manifestation à Chilpancingo, capitale de l'État de Guerrero.

Un millier d'étudiants de l'école normale dans laquelle étudiaient les disparus et des enseignants appartenant à l'aile radicale de leur syndicat s'étaient mobilisés, la plupart le visage dissimulé, armés de pierres et de bâtons.

Lors d'affrontements avec la police anti-émeute, au moins cinq personnes ont été blessées, trois policiers et deux journalistes, selon la protection civile, tous atteints par des jets de pierres. Parmi les journalistes blessés figure un photographe de l'AFP.

Retenu par des enseignants 

Apprenant que deux de leurs collègues avaient été arrêtés par la police, des enseignants ont aussi retenu pendant plusieurs heures le sous-secrétaire de la Sécurité publique du Guerrero, Juan José Gatica, qui participait à l'opération de maintien de l'ordre.

Après plusieurs heures, ils ont remis le responsable policier à une ONG locale, le Centre des droits de l'homme de la montagne Tlachinollán, également chargée de la défense des parents des étudiants disparus.

Gatica a été remis à la police fédérale, mais «on n'a pas pu avoir confirmation que les deux professeurs arrêtés avaient été libérés», a dit mardi soir à l'AFP Román Hernández, porte-parole de cette organisation.

Les manifestations de colère se succèdent au Mexique depuis l'annonce vendredi par le ministre de la Justice que les 43 étudiants, portés disparus depuis le 26 septembre, ont probablement été massacrés par des membres du crime organisé, selon les aveux de trois d'entre eux.

Le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, a indiqué qu'il serait très difficile d'identifier les restes carbonisés qui ont été retrouvés, précisant qu'il n'était possible de réaliser des tests ADN que sur deux fragments d'os.

Dialogue de sourd 

Mardi, en marge des manifestations, les parents et les proches ont de nouveau rencontré à Chilpancingo le ministre de la Justice, ainsi que le ministre de l'Intérieur, Miguel Angel Osorio Chong.

Mais un nouvelle fois les parents se sont dit déçus à l'issue de cette rencontre.

«C'est la même chose que d'habitude. Nous en avons assez du même discours, nous voulons le retour en vie des 43 jeunes», a dit à l'AFP Manuel Martinez, l'un des porte-parole des parents. Il a assuré que «les manifestations vont continuer».

Lundi, une manifestation, au cours de laquelle 19 policiers ont été blessés, avait bloqué pendant trois heures l'aéroport international de la ville touristique d'Acapulco, entraînant l'annulation des vols de trois compagnies.

Les 43 étudiants ont disparu après une attaque de policiers et de membres du crime organisé à Iguala (Guerrero) contre l'autocar qui les transportait. Cette attaque a fait six morts, dont trois étudiants.

Trois membres du gang des Guerreros Unidos, arrêtés après les faits, ont avoué avoir assassiné les étudiants avant de faire brûler leurs corps sur un gigantesque bûcher pendant 14 heures et de disperser les restes dans une rivière.

Selon les autorités, les étudiants ont été attaqués sur ordre de l'ancien maire d'Iguala, José Luis Abarca, et de son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, soeur de trois trafiquants de drogue notoires, qui craignait que les étudiants ne perturbent un événement public qu'elle présidait ce jour-là.

L'ancien maire et son épouse en fuite pendant plusieurs semaines ont été arrêtés début novembre.

L'affaire, qui jette une lumière crue sur la collusion des autorités politiques et policières avec le crime organisé, constitue la plus grave crise de la présidence d'Enrique Peña Nieto, arrivé au pouvoir en décembre 2012.

«Peña dehors!», «Peña assassin!» sont parmi les slogans les plus scandés par les manifestants, qui lui reprochent aussi d'avoir maintenu un déplacement en Chine et en Australie jusqu'à la fin de la semaine.

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