Les Malouines votent pour dire si elles veulent rester britanniques

Le drapeau des Malouines hissé sur Downing Street.... (Photo AFP)

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Le drapeau des Malouines hissé sur Downing Street.

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Nathalie Auriol
Agence France-Presse
Londres

Les habitants des Malouines sont appelés aux urnes dimanche et lundi pour montrer au monde leur détermination à rester dans le giron britannique, un référendum d'autodétermination dénoncé comme une «manipulation» par l'Argentine qui revendique cet archipel perdu dans l'Atlantique Sud.

Les «Islanders», comme ils se désignent eux-mêmes, vont pour la première fois de leur histoire voter pour dire si, oui ou non, ils veulent «que les Malouines restent un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni».

Les bureaux de vote ouvrent de 10 h à 18 h locales (8 h à 16 h HE) pendant 48 heures pour permettre aux 1672 électeurs de se prononcer. Une tâche compliquée dans ce chapelet d'îles de 12 000 km2 battu par les vents, où vivent au total 2500 personnes et une garnison de 1300 soldats britanniques.

Pour éviter que les électeurs ne soient découragés par la perspective de longs trajets, sur des routes souvent non goudronnées, des urnes ont été transportées en 4X4, et même en avion, dans les zones les plus reculées.

Si la victoire du «oui» ne fait pas de doute, le taux de participation sera un élément clé de ce scrutin, que les autorités locales - avec la bénédiction du Royaume-Uni - entendent utiliser pour faire avancer leur cause aux yeux du monde, et décourager les visées argentines.

Certains habitants, qui caressent l'idée d'une indépendance, pourraient aussi être tentés par le «non».

«Nous espérons une très forte participation, parce que c'est le plus important. Cela montrera au monde que la majorité des gens d'ici ne veulent pas (...) devenir une colonie argentine», a expliqué Barry Elsby, député de l'Assemblée législative locale, sur Sky News.

Situées à 400 km des côtes argentines et à 12 700 km de Londres, les Malouines sont sous contrôle britannique depuis 1833. Mais l'Argentine estime qu'elle a un droit historique sur ce territoire, un contentieux qui a débouché sur une guerre éclair entre les deux pays en 1982, responsable de plus de 900 morts.

À l'approche du scrutin, l'«Union Jack» a fleuri un peu partout dans les rues, tandis que des affiches appellent à voter «oui» dans les vitrines.

Quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote, une caravane de 4X4 a formé un immense «YES», dans les environs de Stanley, la capitale.

Des observateurs internationaux, venus notamment d'Amérique latine, sont venus s'assurer du bon déroulement du scrutin, qui a attiré aussi des dizaines de journalistes du monde entier sur «l'archipel de la discorde».

Le Penguin News, le journal local qui doit son nom aux colonies de pingouins qui peuplent l'archipel aux côtés d'un demi-million de moutons, a encouragé ses lecteurs à participer à l'événement: «Apportez vos drapeaux. Maquillez-vous le visage, surtout les enfants», et «quand des journalistes passent sous vos fenêtres, souriez, saluez-les ou levez le pouce», a-t-il conseillé. Une parade est prévue dimanche après-midi dans les rues de Stanley.

Les résultats seront connus dans la nuit de lundi à mardi. Mais l'Argentine a d'ores et déjà prévenu que ce scrutin sans «aucune base légale» ne mettrait pas «un terme au différend» sur la souveraineté des Malouines. Buenos Aires n'y voit qu'une «tentative de manipulation britannique» et continue de réclamer des pourparlers bilatéraux avec Londres. Une demande régulièrement rejetée par le Royaume-Uni au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

La découverte de pétrole en 1998 dans l'archipel, qui vit pour l'heure essentiellement de la pêche, a contribué à envenimer la querelle même si son exploitation demeure encore hypothétique.

Selon un sondage réalisé par YouGov pour Sky News, 15% seulement des Argentins reconnaissent aux habitants des Malouines le droit de se prononcer sur leur avenir.

Le prix Nobel de la paix argentin Adolfo Perez Esquivel a lui-même écrit au gouvernement britannique pour dénoncer ce référendum dont les «Nations unies n'ont pas décidé la tenue».

Mais les autorités des Malouines font la sourde oreille, car ce scrutin va mettre ces îles «au premier plan de l'actualité internationale», se réjouit Sukey Cameron, leur représentante à Londres.

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