Les populistes et les extrémistes dénoncés par l'ONU

« On voit prospérer le phénomène pervers du populisme... (Photo Fabrice Coffrini, Agence France-Presse)

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« On voit prospérer le phénomène pervers du populisme et l'extrémisme, qui se nourrissent l'un l'autre sur fond de déferlante raciste, xénophobe, antisémite et islamophobe, entre autres formes d'intolérance », a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Photo Fabrice Coffrini, Agence France-Presse

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Agnès PEDRERO
Agence France-Presse
Genève

L'ONU a attaqué lundi, à son plus haut niveau, les populistes, les extrémistes, les partisans du repli sur soi et autres politiques qui s'en prennent aux minorités, à l'ouverture de la 34e session du Conseil des droits de l'Homme.

Cette sérieuse mise en garde intervient au moment où les États-Unis vont prendre la parole mercredi au Conseil, et ce pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, régulièrement accusé de dérive populiste.

« On voit prospérer le phénomène pervers du populisme et l'extrémisme, qui se nourrissent l'un l'autre sur fond de déferlante raciste, xénophobe, antisémite et islamophobe, entre autres formes d'intolérance », a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

« Le mépris des droits de l'Homme est une maladie, une maladie qui se propage partout, au nord, au sud, à l'est, à l'ouest. Une maladie que le Conseil des droits de l'Homme doit contribuer à éradiquer », a-t-il ajouté.

Le chef de l'ONU n'a mentionné aucun pays ou chef de gouvernement, mais il a critiqué ceux qui s'en prennent aux migrants, aux musulmans, aux LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgendres), aux journalistes et aux minorités en général, soit autant de communautés qui sont dans le viseur de Donald Trump.

Il a aussi appelé à « résister avec la plus grande fermeté à ceux qui souhaitent rétablir la torture », « un acte de lâcheté qui ne permet pas d'obtenir des informations utilisables », là aussi en référence voilée à des propos du président américain.

Juste après, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a dénoncé les « acteurs politiques qui [...] menacent le système multilatéral ou ont l'intention de se retirer de certaines parties » de ce système.

Ces propos interviennent dans le climat d'incertitude qui entoure l'ordre international sous Donald Trump, accusé de vouloir élever des frontières et de revenir au protectionnisme.

Se retirer ?

Les défenseurs des droits de l'Homme sont d'autant plus inquiets que, affirment des médias américains, les États-Unis songent à se retirer du Conseil, organe dont 47 États sont membres (élus par l'Assemblée générale de l'ONU pour un mandat de deux ans).

Ce pays est redevenu membre du Conseil cette année, mais depuis l'arrivée de Donald Trump, il n'y a pas encore nommé de nouvel ambassadeur.

« Se retirer du Conseil pour dénoncer ses critiques à l'encontre de la politique israélienne et son manque général d'efficacité serait erroné », a expliqué Louis Charbonneau, de la direction de l'ONG Human Rights Watch.

Israël a dénoncé à plusieurs reprises les nombreuses attaques du Conseil à son encontre, soulignant que les résolutions le concernant sont plus nombreuses que pour tout autre pays.

S'exprimant devant le Conseil, le président palestinien Mahmoud Abbas a relevé, pour sa part, que le sort de son peuple serait un « test décisif » pour mesurer l'efficacité de cet organe onusien.

Syrie, Iran, Sri Lanka

« Malgré ses défauts, le Conseil a pris des mesures sans précédent, souvent avec le soutien fort des États-Unis. Les États-Unis ont joué un rôle crucial en poussant le Conseil à créer des commissions d'enquête qui ont révélé de graves crimes en Corée du Nord et en Syrie », a estimé M. Charbonneau.

En outre, a-t-il noté, ce serait synonyme d'un « feu vert » pour des pays qui bafouent « régulièrement des droits de l'Homme comme la Chine et l'Arabie Saoudite pour faire obstruction et empêcher le principal organisme des droits de l'Homme d'exposer les atrocités commises par les pires contrevenants du monde ».

Même si les déclarations de Donald Trump sur les droits de l'Homme restent « limitées », il a « souligné la nécessité pour les États-Unis d'être considérés comme des gagnants sur la scène internationale » dans ce domaine, a récemment rappelé le Council on Foreign Relations.

Une présence active au sein du Conseil, dont les États-Unis sont membres jusqu'en 2019, « peut faire avancer ces objectifs », fait valoir ce groupe de réflexion américain.

Pour l'instant, si les États-Unis n'ont pas encore de nouvel ambassadeur au Conseil, ils ont prévu de coprésenter trois résolutions (sur la Syrie, l'Iran et le Sri Lanka).




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