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MSF dénonce la multiplication des agressions contre des hôpitaux

L'hôpital de Médecins sans Frontières à Kunduz a été... (PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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L'hôpital de Médecins sans Frontières à Kunduz a été bombardé pendant 45 minutes le 3 octobre 2015.

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Agence France-Presse
Kaboul

Un an après le bombardement meurtrier de son hôpital à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, Médecins sans Frontières dénonce la multiplication des agressions contre les hôpitaux par les belligérants au Yémen et en Syrie.

«Au cours de l'année écoulée, nous avons enregistré 77 attaques contre des établissements médicaux soutenus ou opérés par MSF en Syrie et au Yémen: c'est sans précédent. Les hôpitaux font désormais partie du champ de bataille», s'est insurgée dimanche à Kaboul la présidente de l'organisation Meinie Nicolai.

Mme Nicolai s'exprimait devant la presse à l'occasion du premier anniversaire du bombardement américain sur l'hôpital de Kunduz, le 3 octobre 2015, qui avait fait 42 morts, dont 14 personnels de santé.

«Les installations de santé et le personnel sont visés en Yémen et en Syrie (...) le plus souvent au nom de la guerre contre le terrorisme», a-t-elle accusé. «En Syrie, les attaques contre les centres médicaux accueillant des civils et contre les ambulances sont systématiques».

Si la bavure de Kunduz a fait l'objet d'une enquête de la part de l'armée américaine, qui a reconnu une «erreur», la plupart de ces incidents meurtriers ne sont jamais suivis d'investigations, relève encore MSF.

L'organisation avait réclamé une enquête indépendante sur Kunduz, qu'elle n'a pas obtenue.

«Mais au moins, il y a eu une enquête interne. En revanche, il n'y a jamais de responsabilité systématique assumée lors d'attaques contre les civils», a déploré Mme Nicolai.

«Quatre des cinq membres du Conseil de sécurité des Nations Unies sont impliqués dans le conflit syrien et il n'y a aucune prise de responsabilité», a-t-elle martelé pointant sans les nommer la Russie, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.

Guilhem Molinie, représentant de MSF en Afghanistan, a indiqué avoir pu consulter 700 des 3000 pages du rapport américain sur Kunduz - le reste était classifié: «Nous avons découvert qu'un hôpital accueillant des civils peut devenir un objectif militaire à conquérir, ce qui nous a choqués», a-t-il rapporté.

«Les forces américaines ont considéré qu'elles pouvaient attaquer préventivement une ville au nom de l'autodéfense, ça aussi c'est choquant».

MSF, qui «fait naître 55 000 bébés par an» dans les différents hôpitaux que l'organisation en Afghanistan, «dialogue» avec les autorités pour reprendre son travail à l'hôpital de Kunduz.

«Mais le traumatisme subi nous conduit à prendre davantage de précautions», a reconnu M. Molinie.

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