Après Orlando, la communauté gaie refuse de céder à la peur

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À Seattle, plusieurs personnes se sont rassemblées en signe de solidarité avec les victimes d'Orlando, le 12 juin.

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Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse
PARIS

Plusieurs milliers de personnes ont participé lundi soir à une veillée à Londres pour dire, comme à Dublin, Berlin, Sydney ou Paris, leur effroi après le carnage dans un club gai d'Orlando et leur refus de céder à la peur.

Dans le quartier central de Soho, à proximité du pub gai Admiral Duncan qui avait été la cible d'un attentat à la bombe perpétré par un néonazi en 1999 (trois morts), les drapeaux arc-en-ciel flottaient au-dessus d'une foule évaluée par la police à «5000 à 7000 personnes». Celles-ci ont observé deux minutes de silence avant de libérer 49 ballons aux couleurs vives correspondant au nombre des morts dans la discothèque américaine.

«Nous sommes là, nous sommes gais, nous n'allons pas vivre dans la peur», ont scandé les participants.

«C'est une question de solidarité, c'est une façon de nous faire entendre, d'essayer de dire que l'amour l'emporte», a déclaré à l'AFP Julius Reuben, un Londonien de 35 ans arborant une longue robe noire et des talons aiguilles.

A Amsterdam, capitale du premier pays à légaliser le mariage entre personnes du même sexe, en 2000, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées dans le centre-ville, au monument à la mémoire des victimrs homosexuelles du Troisième Reich. Le vice-premier ministre Lodewijk Asscher y a notamment déposé des fleurs.

«Rester unis» 

«Nous devons rester unis, défendre notre mode de vie et ne pas céder», a déclaré dans l'après-midi à l'AFP Helmut Metzner, 47 ans, militant de la Fédération gaie et lesbienne allemande au cours d'un rassemblement devant l'ambassade des États-Unis à Berlin.

Dans la capitale allemande, mais aussi à Sydney, Bangkok, Tel Aviv ou Paris, des milliers de personnes ont signé des registres de condoléances, déposé des fleurs et allumé des bougies à la mémoire des victimes de la fusillade.

Dans la nuit de samedi à dimanche, 49 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées quand Omar Seddique Mateen, un Américain d'origine afghane âgé de 29 ans, a ouvert le feu à l'intérieur d'une boîte de nuit emblématique de la communauté gaie d'Orlando, en Floride.

L'attentat, revendiqué par le groupe État islamique (EI), a créé un choc chez les homosexuels qui, s'ils sont fréquemment la cible d'attaques meurtrières dans le monde, n'avaient jamais été visés par une tuerie de cette ampleur.

«Cet événement tragique nous rappelle à quel point notre communauté est en danger, menacée dans son existence même», a regretté l'association israélienne «La Maison ouverte».

Pas question pour autant de céder à la panique. Un défilé de la fierté gaie prévu pour le 2 juillet à Paris aura bien lieu. «L'annuler serait reconnaître la victoire à ceux qui tentent de nous faire peur», a expliqué une porte-parole de l'Inter LGBT, qui fédère une soixantaine d'associations françaises. Celle du 25 juin à Londres bénéficiera d'un encadrement policier «significatif et visible», a souligné Scotland Yard.

«Fier» d'être gai

Par «solidarité» envers les homosexuels, de grandes villes connues pour leur tolérance envers les minorités sexuelles ont décidé de hisser le drapeau arc-en-ciel, adopté par les lesbiennes, gais, bi et transsexuels (LGBT).

La Tour Eiffel devait s'illuminer de ces sept couleurs à la nuit tombée, tout comme l'ont fait plus tôt l'ambassade américaine à Stockholm, les mairies de Tel Aviv et New York ou le Sydney Harbour Bridge, pont emblématique de cette métropole australienne.

Sous le hastag «loveislove», de nombreux internautes, illustres ou inconnus, ont fait écho à ces initiatives, écrivant des messages «contre l'homophobie», postant des photos de femmes qui s'embrassent ou, comme Madonna, d'hommes enlacés.

Les réseaux sociaux peinaient toutefois à filtrer les contenus homophobes. «Je viens de lire #jesuisgai... sans moi mon frère», twittait ainsi une jeune femme, tandis que d'autres messages étaient clairement hostiles aux homosexuels.

Sans aller jusque-là, les réactions officielles n'étaient pas exemptes d'ambiguïtés.

De Washington à Moscou en passant par Pékin, le Vatican ou la Ligue arabe, les dirigeants ont condamné à l'unisson un «acte de terreur et de haine», selon les termes du président Barack Obama.

Tous, même dans des pays comme l'Egypte où l'homosexualité est sévèrement réprimée, ont adressé leurs condoléances aux proches des victimes et au peuple américain. Mais nombre d'entre eux ont occulté le caractère homophobe de la tuerie.

En Pologne, le silence de l'exécutif a suscité la déception des militants de la cause gaie. 

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