Cent un syndicalistes ont été tués en 2009, un bond de 30% en un an, a dénoncé mercredi la Confédération syndicale internationale (CSI), alors que se tient à Genève la Conférence internationale de l'Organisation internationale du travail (OIT).

C'est sans surprise que l'Amérique latine paye encore une fois le plus lourd tribut en raison du «climat de violence extrême» -aggravé par la crise économique et financière- qui règne dans la région, s'insurge le rapport.

Sur les 101 syndicalistes tués, 48 ont été assassinés en Colombie, 16 au Guatemala, 12 au Honduras, six au Mexique, six au Bangladesh, quatre au Brésil, trois en République dominicaine, trois aux Philippines, un en Inde, un en Irak et un au Nigeria.

«La Colombie a, une fois encore, été le pays où, plus qu'ailleurs, se battre pour les droits fondamentaux de la main-d'oeuvre conduit à la mort en dépit de la campagne de relations publiques du gouvernement colombien pour convaincre du contraire», a déclaré le secrétaire général de la CSI Guy Rider, cité dans un communiqué.

Le rapport attribue la détérioration mondiale du respect des droits syndicaux à la crise économique qui a entraîné une plus forte répression contre des grévistes, notamment en Algérie, en Argentine, au Belarus, en Birmanie, en Côte d'Ivoire, en Egypte, en Inde, en Iran, au Kenya, au Népal, au Pakistan et en Turquie.

Au Bangladesh, six travailleurs du secteur de l'habillement qui faisaient grève pour réclamer une augmentation salariale et le règlement d'arriérés salariaux ont ainsi perdu la vie suite à une intervention policière.

Des changements politiques brusques sont aussi à l'origine d'une plus grande répression. C'est le cas du Honduras, marqué par un coup d'Etat, ou de la Guinée où, le 28 septembre, les forces de sécurité avaient violemment réprimé un rassemblement pacifique de l'opposition tuant plus d'une centaine de personnes.

Quant aux Etats-Unis, le rapport s'inquiète d'un manque de protection des travailleurs qui «confère aux employeurs une trop grande liberté». La CSI regrette que le pays n'ait pas encore ratifié la Convention n°98 de l'OIT sur le droit d'organisation et de négociation collective qui date de 1949.

Canada, Chine, Inde, Iran, Mexique, Thaïlande, Corée du Sud et Vietnam ne l'ont pas non plus ratifiée, soit près de la moitié de la population économiquement active de la planète laissée sans ses garanties, selon le rapport.

La CSI a été reconnue par l'OIT quinze jours après sa création à Vienne en novembre 2006. Elle représente 176 millions de travailleurs au travers de 312 organisations nationales de 155 pays et jouit du statut consultatif général auprès du Conseil d'administration de l'OIT.