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«Je ne peux pas laisser le Vieux-Québec devenir un Airbnb», dit Labeaume

Québec a vu une prolifération des logements annoncés... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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Québec a vu une prolifération des logements annoncés sur la plateforme Airbnb. Le nombre d'offres de location est passé de 2000 à l'été 2016 à près de 2800 cet été, selon un rapport de la firme AirDna.

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

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(Québec) Régis Labeaume promet d'encadrer la prolifération d'Airbnb dans sa ville et notamment dans le Vieux-Québec, alors que le quartier historique ne cesse de perdre des résidants.

La Ville de Québec a adopté un moratoire... (Photo Patrice Laroche, Le Soleil) - image 1.0

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La Ville de Québec a adopté un moratoire sur la délivrance d'attestations de résidence de tourisme. Sur la photo, le maire sortant Régis Labeaume.

Photo Patrice Laroche, Le Soleil

« Mon projet dans le Vieux, c'est de ramener 500 personnes intra-muros. Alors, je ne peux pas laisser le Vieux devenir un Airbnb, ça ne marche pas. Il faut que je sois cohérent », indique le maire sortant en entrevue avec La Presse.

« J'ai beaucoup lu sur ce qui se passe à Barcelone. Là-bas, les gens n'en veulent plus d'Airbnb, lance M. Labeaume, qui se présente pour un quatrième mandat. Ils trouvent que leur centre-ville a été dénaturé. Ils ne se retrouvent plus. »

Comme dans plusieurs autres villes, Québec a vu une prolifération des logements annoncés sur la plateforme Airbnb. Le nombre d'offres de location à Québec est passé de 2000 à l'été 2016 à près de 2800 cet été, selon un rapport de la firme AirDna.

Le quartier historique est frappé de plein fouet par le phénomène, déplore Olivier Donzelot, membre du Comité des citoyens du Vieux-Québec. « Il y a raréfaction du logement pour les citoyens du Vieux-Québec et augmentation des loyers, dit-il. Et il y a aussi aujourd'hui une frange de la population qui cherche par tous les moyens à acquérir des logements pour les transformer en logement illégal. »

M. Donzelot sait de quoi il parle. L'homme a été évincé de son appartement du Vieux l'année dernière. Quelques mois plus tard, il l'a retrouvé offert en location sur Airbnb à « des prix exorbitants », raconte celui qui est aussi hôtelier.

En juin dernier, un propriétaire de studio de Québec faisait en moyenne 2100 $ par mois en le louant sur Airbnb, selon les données de la firme AirDna. Dans ces circonstances, plusieurs propriétaires sont tentés d'évincer leur locataire pour afficher leur appartement sur la plateforme en ligne.

« On n'a pas une dent contre les gens qui louent leur appartement pour une fin de semaine, ou pendant trois semaines parce qu'ils partent en vacances, explique M. Donzelot. Le problème, ce sont ces investisseurs qui contournent les lois, ne respectent pas leurs devoirs, et font en ce moment beaucoup d'argent. »

Un moratoire inefficace

Pour enrayer le phénomène, Québec a mis en place la semaine dernière un groupe de travail sur Airbnb. La Ville a aussi adopté un moratoire sur la délivrance d'attestations de résidence de tourisme.

« On vient de mettre un moratoire et avec raison. Il faut des lieux pour le Airbnb. Mais ça ne peut pas être du Airbnb mur à mur », indique Régis Labeaume.

« Quand tu perds le contrôle d'un centre-ville, avant que tu le retrouves, ça prend un méchant bout de temps. »

« On essaye par tous les moyens de ramener des gens et des services dans le Vieux, indique le maire sortant. On est même rendus à avoir des discussions avec une épicerie pour qu'elle vienne s'installer. Ce n'est pas simple et je ne peux pas laisser le centre-ville devenir un Airbnb. »

Ces attestations sont obligatoires pour les hôtes « réguliers » d'Airbnb depuis l'entrée en vigueur de la loi 67, en avril 2016. Sauf que cette loi, imprécise et mal appliquée, est à l'heure actuelle largement contournée.

À Québec, par exemple, 567 attestations pour résidence de tourisme sont valides au total. Mais Airbnb seulement compte plus de 2000 annonces dans la capitale.

Par ailleurs, les 27 inspecteurs du ministère du Tourisme ne suffisent pas à la tâche dans la province. Résultat ? Plusieurs hôtes Airbnb louent un logement sur une base régulière sans attestation, mais ne se font pas attraper.

Les villes n'ont donc pratiquement aucun contrôle sur l'offre d'hébergement sur leur territoire. L'attestation est en effet le meilleur outil pour contrôler l'offre dans des quartiers comme le Vieux-Québec, par exemple.

Malgré le moratoire, il est, par exemple, encore possible de créer de nouvelles offres de logement Airbnb à Québec. La Presse a tenté l'exercice hier, en créant une nouvelle annonce. Sur son site, Airbnb ne réclame pas l'attestation exigée par la loi 67. L'entreprise américaine se contente de prévenir ses utilisateurs qu'ils doivent respecter les lois.

Airbnb veut préciser la loi

« La grande majorité des hôtes présents sur notre plateforme partagent leur résidence de façon occasionnelle, assure dans un courriel Lindsey Scully, porte-parole pour Airbnb. Nous souhaitons vivement travailler avec la Ville de Québec, ainsi qu'avec le groupe de travail récemment constitué, afin d'établir un cadre équitable pour faciliter le partage de résidence. »

L'entreprise offre comme preuve de sa bonne foi la récente entente avec le gouvernement provincial. Airbnb s'est engagée à percevoir à la source la taxe d'hébergement du Québec, soit 3,5 % par nuitée.

Airbnb et ses détracteurs s'entendent au moins sur une chose : la loi 67 doit être modifiée afin de préciser le statut d'hôte « régulier ». La bonne nouvelle, c'est que le gouvernement s'apprêterait à le faire.

« Alors que tout indique que le gouvernement du Québec s'apprête à réviser la loi sur l'hébergement touristique cet automne, nous sommes convaincus qu'un meilleur encadrement du partage de résidence sera bénéfique pour les Québécois », affirme la porte-parole d'Airbnb.




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